#Metoo : l’actrice Adèle Haenel accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’attouchements et de harcèlement sexuel #Metoo : l’actrice Adèle Haenel accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’attouchements et de harcèlement sexuel

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#Metoo : l’actrice Adèle Haenel accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’attouchements et de harcèlement sexuel

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Publié le Lundi 4 Novembre 2019

Dans un long article publié le dimanche 3 novembre 2019 par Mediapart, la comédienne Adèle Haenel raconte avoir été victime d’attouchements et de harcèlement sexuel de la part du réalisateur Christophe Ruggia alors qu’elle était encore mineure.

Deux ans après l’expansion du mouvement Metoo qui faisait suite à l’affaire Weinstein, la parole continue de se libérer concernant le harcèlement ou les agressions sexuelles dont ont été ou sont encore victimes de nombreuses actrices dans le milieu du cinéma notamment. En témoigne les dernières confessions en date, celles de l’actrice Adèle Haenel césarisée à deux reprises, qui raconte dans un long entretien paru le 3 novembre 2019 sur Mediapart les comportements sexuels inappropriés qu’elle a subi de la part du réalisateur Christophe Ruggia.


Les faits remonteraient au début des années 2000, lorsque la comédienne était âgée entre 12 et 15 ans et son agresseur présumé de 36 à 39 ans. Elle dénonce particulièrement "l’emprise" qu’exerçait le cinéaste à son égard sur le tournage du film Les Diables en 2001. Des propos appuyés par la régisseuse générale du film qui explique : "les rapports qu'entretenait Christophe avec Adèle n'étaient pas normaux. On avait l'impression que c'était sa fiancée. On n'avait quasiment pas le droit de l'approcher ou de parler avec elle, parce qu'il voulait qu'elle reste dans son rôle en permanence. Lui seul avait le droit d'être en contact avec elle. On était très mal à l'aise dans l'équipe".
Adèle Haenel parle ensuite d’un "harcèlement sexuel permanent" et "d'attouchements répétés" sur les cuisses ou la poitrine mais aussi de "baisers forcés dans le cou". Elle confie : "je m'asseyais toujours sur le canapé et lui en face dans le fauteuil, puis il venait sur le canapé, me collait, m'embrassait dans le cou, sentait mes cheveux, me caressait la cuisse en descendant vers mon sexe, commençait à passer sa main sous mon t-shirt vers la poitrine". Elle décrit son bourreau comme un homme "excité" malgré le fait qu’elle le repoussait : "ça ne suffisait pas, il fallait toujours que je change de place". L’actrice aujourd’hui âgée de 30 ans, insiste également sur la peur qui la paralysait lorsque cela arrivait.

Une démarche "militante" 
Des révélations qui font donc l’effet d’une bombe et qui promettent à nouveau d’ébranler le milieu du cinéma français, même si Adèle Haenel affirme ne pas vouloir porter l’affaire devant la justice. Selon elle, celle-ci ne condamne en effet que trop peu les agresseurs et seulement "un viol sur cent". Elle qualifie plutôt sa démarche de "militante" afin que "les bourreaux cessent de se pavaner et qu'ils regardent les choses en face", "que cette exploitation d'enfants, de femmes cesse" et que "la honte change de camp". Par le biais de cette dénonciation publique, qui arrive au terme d’une enquête menée par Mediapart pendant plus de 7 mois et qui implique plus de 30 interlocuteurs, Adèle Haenel assure vouloir aussi "dénoncer le système de silence et de complicité qui, derrière, rend cela possible"

Christophe Ruggia nie en bloc
De son côté, Christophe Ruggia a dans un premier temps réfuté catégoriquement, par le biais de ses avocats, toutes les accusations énoncées à son encontre. Il a ensuite réagi directement dans une déclaration publiée par Mediapart en se présentant comme le "découvreur du grand talent d’Adèle Haenel" avant de nier une nouvelle fois les faits : "la version, systématiquement tendancieuse, inexacte, romancée, parfois calomnieuse que vous m’avez adressée ne me met pas en mesure de vous apporter des réponses". L'histoire ne risque dans tous les cas pas de rester sans suite. Mediapart a annoncé que Adele Haenel prendra même la parole en direct sur leur site ce lundi 4 novembre 2019 afin de réagir directement aux accusations et de continuer à briser le tabou
 


 

P.G.L

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