Job : comment bien négocier son salaire ? Job : comment bien négocier son salaire ?

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Comment bien négocier son salaire ? par Anne Lods

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Publié le Lundi 8 Avril 2019

Que l’on soit en entretien d’embauche ou que l’on occupe son poste depuis déjà plusieurs années, négocier son salaire n’est jamais une tâche facile. Ces cinq conseils devraient vous y aider.

C’est certainement la partie que l’on redoute le plus à un entretien d’embauche : parler salaire. Que l’on parle d’un premier emploi qui nous émancipera (enfin) ou d’un entretien pour un nouveau poste, on ne sait jamais comment amener le sujet sur la table. Pire encore, on ne sait jamais vraiment ce que l’on a le droit de demander. Même bataille si l’on veut que notre boss réévalue notre rémunération à la hausse. Alors comment faire pour parler d’argent à son (futur) patron ? Voilà cinq conseils imparables.

#1 Connaître son profil

Sans une très bonne connaissance de son profil et surtout de sa valeur sur le marché du travail, on ne peut pas estimer combien on "mérite" de gagner. Cela nécessite une rapide équation entre son propre parcours professionnel et la réalité de l’entreprise pour laquelle on postule ou bien où l’on travaille.
En amont de l’entretien, on commence donc par calculer, raisonnablement, quelle est la somme dont on a besoin pour pouvoir vivre confortablement. C’est-à-dire le salaire mensuel qui nous permettra de payer le loyer, les factures, les repas, les dépenses de santé, etc. sans avoir à paniquer. Une rémunération suffisante donne davantage de motivation pour aller travailler, et l’on sait que ce sera satisfaisant à la fin du mois. Bien sûr, on reste raisonnable, il n'est pas question de s'acheter une maison de vacances, en cash, tout de suite.

Puis, on s’intéresse à son propre parcours professionnel : quel est son niveau d’études ? Combien a-t-on d’ancienneté dans le milieu ? Quelles sont ses forces ? Autant de questions qui permettent d’estimer un chiffre raisonnable.
Pour cela, il faut donc bien se positionner face aux autres. Autrement dit, consulter les offres d’emploi similaires et observer quels sont les salaires annuels des postes dans le même secteur d’activités, dans la même région et à même niveau de responsabilités. Pour nous y aider, il existe des sites de simulation en ligne comme Suis-je bien payé ou JuriTravail
On peut enfin demander à ses collègues à poste égal une idée de leurs revenus. Si on est une femme, on n’hésite d’ailleurs pas à demander aux hommes de l’entreprise par simple curiosité, et surtout pour négocier le même chiffre, sans sourciller.

#2 Étudier l'entreprise

Comme le rappelle le site We The Talent, après avoir dressé son profil, on s’intéresse à celui de l’entreprise. Les ressources d’une start-up ne sont pas les mêmes qu’une entreprise cotée en bourse. Il faut donc se renseigner sur la santé de celle-ci. Par exemple : y-a-t-il eu des embauches récemment ou des licenciements ? Pour trouver les informations nécessaires, on consulte les médias, les conventions collectives disponibles sur Internet, on interroge des (futurs) collègues etc. En plus de nous aider à estimer ce à quoi l’on peut prétendre, cela permet de connaître l’entreprise dans les moindres détails et peut être un énorme atout lors de l’entretien. Une astuce de Philippe Guittet, consultant chez PG Conseil, interrogé par le site Cadremploi.

#3 Estimer le bon prix

Le bon prix, c’est celui qui ne sera ni trop faible, ni trop élevé. Toujours d’après Cadremploi, lors d’une négociation, si l’on ne se dévalorise pas, il ne faut pas non plus être tenté de faire le contraire. Dans le premier cas, on risque de faire douter le recruteur sur nos compétences ou de lancer un appel à toutes les discriminations si c’est lui qui le propose. Il faut assumer son parcours professionnel et aussi ses études : on n’a pas passé 5 ans à suer sang et eau sur les bancs de l’école ou à notre dernier poste pour accepter un salaire qui ne correspond pas à notre profil.
Au contraire, on ne s’amuse pas non plus à proposer un salaire trop élevé pour ne pas se décrédibiliser aux yeux de l’employeur. Le monde du travail est petit, il suffit d’un coup de fil pour vérifier vos dires. 

Alors comment estimer le bon prix ? Tout d’abord, on ne parle pas de salaire mensuel, mais bien annuel. Lorsque vous vous adressez à votre (futur) employeur, il faut donner des chiffres à l’année. Puis, il est nécessaire de se fixer un seuil de tolérance, c’est-à-dire le seuil minimum auquel on adhère. Pour reprendre un exemple de Anne-Laure Guiheneuf, responsable de l’initiative #NégoTraining et interrogée par le site Challenges, si l’on demande un salaire entre 32K€ et 37K€, notre seuil de tolérance est de 30K€. "Si l'employeur prend le bas de la fourchette, vous êtes contente, parce que vous êtes bien au-delà du seuil de résistance que vous vous étiez fixée". Attention, encore une fois, à rester réaliste.
 

#4 Faire attention au timing

Dans le cas d’un entretien d’embauche, on ne doit pas être à l’origine de la question du salaire. C’est à l’employeur d’apporter le sujet sur la table. S’il ne le fait pas lors du premier entretien, la question sera posée à l’issue d’un deuxième. Dès qu'il le fait, on applique tous les conseils qu'on a appris et on se montre flexible. On range nos angoisses de côté.
Si l’on souhaite demander une augmentation à son patron, il faut bien calculer son moment. On évite donc de débarquer dans son bureau sur un coup de tête, après avoir perdu une affaire importante ou fait une erreur monumental dans un compte-rendu. On lui écrit un mail pour convenir d’un rendez-vous à un moment où il a du temps. Lorsque l’entretien arrive, on reste dans un état d’esprit positif et on n’entreprend jamais d’être dans la complainte. Il s’agit d’échanger avec son boss, sans jamais se placer sur un piédestal et jouer la prétention, ou au contraire, se plaindre de sa vie personnelle. Elle n’a pas à entrer en compte. C’est un exercice difficile, mais d’après un estimation du cabinet de recrutement Robert Half partagé par le site Digital Recruiters, en 2018, 9 managers sur 10 étaient susceptibles d’accorder une augmentation à au moins un membre de leur équipe… Si c’est bien fait.
Autre élément à prendre en compte : le vote des budgets. Tous les ans, votre boss doit faire valider son budget pour l'année qui suit. Si vous arrivez après, il.elle aura plus de mal techniquement à accepter une augmentation, sachant qu'il.elle ne l'aura peut-être pas prévu dans son budget. Au contraire, si vous lui demandez avant, il.elle aura la possibilité de budgéter votre nouveau salaire. Renseignez-vous pour savoir quand votre supérieur doit valider ses budgets. Cela peut vous être utile.

#5 Réfléchir aux (autres) avantages

On nous propose des tickets restaurants, une voiture de fonction ou un ordinateur dernière génération plutôt qu’un salaire de 100€ brut de plus par mois ? Il faut évaluer de tels avantages et estimer si l’on accepte ces contreparties, qui peuvent aussi être bénéfiques pour rendre le travail plus confortable.
Enfin, on accepte l’attente et que de telles négociations ne puissent ne pas se faire en deux jours.

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