Jeune diplômé(e) : comment bien négocier son salaire pour un premier job ? Jeune diplômé(e) : comment bien négocier son salaire pour un premier job ?

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Jeune diplômé(e) : comment bien négocier son salaire pour un premier job ? par Ava Skoupsky

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Pas toujours facile de négocier son salaire lors d’un entretien d’embauche pour un premier emploi. Pourtant, la négociation est une partie importante et évidente dans la discussion avec son futur employeur. Pour ne pas se tromper et oser aborder la question délicate, voici les clés à retenir.

En 2016, l’actrice Meryl Streep révélait au site américain Variety sa technique pour bien négocier son salaire : "Quand on m’a contactée pour le ‘Diable s’habille en Prada’, j’ai trouvé que le montant proposé était un peu léger, voire insultant. Il ne reflétait pas ma valeur réelle pour le projet. J’ai dit que je refusais et ensuite, ils ont doublé l'offre. J'avais 55 ans et je venais juste d'apprendre, très tardivement, comment négocier mon salaire". Quant à Michelle Obama, elle avait confié en 2014 au site Parade, avoir tenté le tout pour le tout lorsqu’elle était jeune mère de famille : "J'ai été très claire. J’ai dit à mon employeur ‘J’ai deux jeunes enfants. Mon mari est candidat au Sénat américain. Je ne vais pas travailler à temps partiel. J'ai besoin de flexibilité. J'ai besoin d'un bon salaire. Et si vous êtes prêt à faire preuve de souplesse avec moi - parce que je vais faire le travail demandé - je suis celle qu’il vous faut.’ Et il a dit oui à tout". A chacun sa méthode, certes, mais lorsque l’on sort des bancs de l’école, difficile de jouer carte sur table et d’oser demander ce que l’on veut.

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Oser négocier
Selon une étude menée par le site d’emploi américain CareerBuilder, près de 49% des jeunes diplômés ne négocient pas le salaire de leur premier job. La raison ? L’état du marché du travail actuel (plus de candidats que d’offres) et la peur de ne pas être retenu. Maéva, chargée de développement RH depuis 1 an, a toujours été gênée de devoir parler ‘argent’. "Pour mon premier emploi, je n’ai pas négocié, même si je savais pertinemment que je valais plus que ce que l’on me proposait", avoue-t-elle. Mais d’après Thaïs de Montlivault, consultante en gestion de carrière, il ne faut pas appréhender le sujet : "Tout travail mérite salaire, donc il est normal de poser la question". Même avis pour Julie Estezet, responsable de l’équipe Conseiller Carrières à l'ESCP Europe : "Le recruteur attend justement que le candidat pose la question, il va même trouver ça anormal si il ne le fait pas".

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Quand on m'a proposé 2500€ brut par mois j'ai dit oui tout de suite (…) Au final, j'étais à 80% de moins du salaire moyen pour mon niveau et mon expérience

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Ce manque de renseignement et cette appréhension sur la possibilité de négocier poussent parfois les jeunes diplômés à accepter des propositions qui leur semblent, au premier abord, raisonnables. Claudie, ex Junior Brand Manager chez une multinationale dans l’agroalimentaire, n’a même pas pensé à négocier pour son premier emploi : "Quand on m'a proposé 2500€ brut par mois, j'ai pas réfléchi, raconte-t-elle, j'ai dit oui tout de suite". Problème : au vu de la charge de travail qui lui était demandée et de son CV, elle était nettement en-dessous du montant qu’elle aurait pu demander. "Au final, je me suis très vite rendue compte que j'étais à 80% de moins du salaire moyen pour mon niveau et mon expérience". C’est pourquoi il est indispensable de connaître la valeur de son savoir-faire sur le marché avant d’entamer toute négociation.

 Connaître la valeur de son savoir-faire
Comment savoir ce que l’on vaut ? Louise 23 ans, diplômée d’une grande école de mode et désormais en recherche active d’emploi, déplore le manque d’information de certains établissements : "A la sortie de l’école, je n’avais aucune idée de combien je valais sur le marché et à combien je pouvais prétendre. J’ai appelé mon ex-établissement en leur disant que c’était urgent, que je revoyais un potentiel futur employeur dans l’après-midi et que j’avais besoin d’une grille salariale. Ils n’en avaient pas. J’ai donc regardé sur Internet". Il existe des sites, comme lecoindusalarie.com ou encore cadre.apec.fr qui offrent des services de simulation de salaire. Anita Boisard, responsable de l’association Pour l’Emploi des Cadres de Paris Richard Lenoir, recommande également de consulter les études annuelles de l’APEC sur l’insertion des jeunes diplômés. "Ces rapports donnent une idée des fourchettes de salaires par régions et fonctions", précise-t-elle. Il est aussi conseillé de se fier aux montants inscrits sur les offres d’emplois. Et à la question fatidique "Quelles sont vos prétentions salariales ?" Thaïs de Montlivault explique qu’il est plus judicieux de retourner l’interrogation à son interlocuteur en demandant : "De quel budget disposez-vous pour ce poste ?". Elle précise qu’il faut toujours donner une fourchette de salaire annuel brut pour ouvrir la négociation. Julie Estezet, suggère également de rester souple : "Proposer un montant variable montre que l’on est à l’écoute et ouvert à une éventuelle négociation. En général, il faut prévoir 10% de moins". Et pour mettre toutes ses chances de son côté, il est même parfois plus raisonnable de demander un délai pour négocier.

Etudier la question de l’évolution dans l’entreprise
Lorsqu’il est difficile de s’affirmer lors d’une première embauche, Anita Boisard conseille de se renseigner sur l’évolution du poste dans l’entreprise : "Un premier contrat, c'est une chance de démarrer. Si le poste vous intéresse mais que le montant est en-dessous de ce que vous aviez espéré, il est parfois plus intéressant d’accepter et d’établir un délai pour négocier après quelques temps passé dans l’entreprise et faire ainsi valoir d'une véritable expérience". Pour Julie Estezet "C’est un bon levier de négociation que d’accepter le premier salaire et de proposer de passer à la rémunération que l’on souhaite à l’issue de la période d’essai. Toutefois, il faut impérativement que cela soit indiqué dans le contrat de travail pour que tout le monde soit d’accord et éviter les conflits". Mais ce n’est pas tout. Le candidat peut également négocier des avantages "en nature" comme un téléphone ou un ordinateur professionnel, une voiture de fonction ou encore des tickets restaurants. A vous de jouer.

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Mme M.

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