Interview : Priscilla Royer, directrice artistique de Maison Michel, nous ouvre les portes de ses ateliers Interview : Priscilla Royer, directrice artistique de Maison Michel, nous ouvre les portes de ses ateliers

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Interview : Priscilla Royer, directrice artistique de Maison Michel, nous ouvre les portes de ses ateliers par Marine Decremps

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Publié le Vendredi 11 Janvier 2019

À 34 ans, la directrice artistique de Maison Michel imagine des couvre-chefs chics et racés. Rencontre, dans son atelier, avec cette passionnée qui en a sous le chapeau.

Je n’étais pas une experte en chapeau. Ce que je sais, je l’ai appris ici, dans les ateliers.” Priscilla Royer, regard décidé et carré blond sage, est la directrice artistique de Maison Michel depuis quatre ans. Une griffe française – fondée en 1936 et rachetée par Chanel Métiers d’art en 1997 – spécialisée dans les couvre-chefs, dont les locaux sont situés à Aubervilliers, comme tous ceux de la maison de luxe. Un immense terrain de jeu pour cette travailleuse acharnée : 120 m2 décloisonnés, remplis de formes en bois, d’étuves, de sèche-cheveux et de fers à repasser... Sur un tableau, on a punaisé une photo souvenir d’une visite de Pharrell Williams. Un joli trophée. Car c’est avec exigence et sans assistant que Priscilla chapeaute une équipe de trente personnes – dont certaines sont là depuis trois décennies – et choisit les moindres détails de chaque modèle. La jeune femme coordonne également la fabrication des chapeaux imaginés par Karl Lagerfeld pour Chanel. Rien que ça.

Glamour : Quelle est la première chose que vous faites quand vous arrivez le matin ?
Priscilla Royer
 : Je passe aux toilettes et je me lave les mains. J’habite les Hauts-de-Seine et je fais le trajet jusqu’à Aubervilliers à vélo tous les jours. C’est long.

Comment avez-vous personnalisé votre espace de travail ?
Les ateliers sont mon bureau. Je travaille souvent sur un coin de table. Sur les murs, on retrouve des rétrospectives de Maison Michel. Il y a des tirages de la collection printemps-été 2016 réalisés par Karl Lagerfeld, mettant en scène l’actrice américaine Jemima Kirke entouréedetroisgarçonsquinesontpas des mannequins. Mais aussi la dernière campagne de Maison Michel, « The Mad Hatted », signée Dexter Navy.

Comment se faire respecter quand on est boss ?
Je tiens à connaître tous les membres de mon équipe. Comprendre leur personnalité me permet d’installer un climat de confiance. Il m’arrive parfois de hausser le ton, mais de toute façon, j’ai toujours le dernier mot.

Quelle image vous sert de fond d’écran ?
Sur mon ordinateur, aucune, parce que je n’en ai pas. Je travaille beaucoup avec mon téléphone, qui est d’ailleurs bourré de selfies. Pourtant, je n’ai pas de compte Instagram. Je m’explique... Je me prends tout le temps en photo avec les modèles de chapeau sur lesquels je travaille, afin de cerner l’allure qu’ils donnent. Les voir "vivre" m’aide à peaufiner mes idées.

Première arrivée, dernière partie ?
Ni l’un ni l’autre, je n’ai pas vraiment d’habitudes. Je me dois d’avoir trois trains d’avance pour pouvoir briefer et m’adapter, donc je ne compte pas mes heures. C’est cérébral plus que physique.

Écoutez-vous de la musique en travaillant ?
Tout dépend de l’humeur de la collection sur laquelle je planche. À l’atelier, le calme règne, mais si je suis seule dans mon coin, j’écoute de la techno pour des inspirations minimales, ou de la musique classique pour des modèles romanesques.

Est-ce vraiment une bonne idée de porter un chapeau au travail ?
Bien sûr ! J’en ai d’ailleurs toujours un dans mon sac. Ma préférence va aux petits modèles à bords courts, aux casquettes et aux bonnets semi-rigides. Mais attention, je prône un certain respect des traditions, je l’ôte donc devant mes aînés ou pour tenir une conversation, s’il cache mon regard.

À qui aimeriez-vous tirer votre chapeau ?
Les scénaristes de film ou de série m’impressionnent. Mais aussi Rei Kawakubo (fondatrice de la marque Comme des Garçons, ndlr) ou Vivienne Westwood, bien sûr. Karl Lagerfeld représente pour moi l’air du temps. Sans oublier le travail minutieux des artisans qui maîtrisent leur savoir-faire.

Quel cadeau aimeriez-vous recevoir pour votre pot de départ ?
Un trombinoscope dédicacé des gens avec qui j’ai travaillé.

 

 

 

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