Fille au pair : comment éviter la galère ? Fille au pair : comment éviter la galère ?

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Fille au pair : comment éviter la galère ? par Anne Lods

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Publié le Jeudi 22 Mars 2018

Un fait divers terrible survenu en Angleterre vient de mettre en lumière le statut particulier des jeunes filles au pair. Voici les conseils d’une spécialiste pour vivre l’expérience avec sérénité.

Découvrir la langue et la culture d’un nouveau pays, tout en étant logée, nourrie et payée un minimum (on parlera plutôt d’argent de poche) voilà qui fait rêver, non ? Surtout que la contrepartie – s’occuper des enfants – peut s’avérer agréable… s’ils ne se comportent pas en tyran. Il a fallu que l’affaire Sophie Lionnet - cette jeune fille au pair retrouvée morte dans le jardin de sa famille d’accueil à Londres - éclate pour qu’on s’intéresse à ce métier qui n’en est pas un. Comment faire pour que cette parenthèse entre les études et la vie active soit un rêve éveillé (et non pas un terrible cauchemar) ?

Maitriser la langue un minimum

Règle de base : on ne choisit pas une famille française à l’étranger ! Du coup, il faut parler un peu la langue du pays dans lequel on part. C’est important de pouvoir comprendre sa famille d’accueil et surtout, de se faire comprendre. Il est conseillé aussi d’avoir une expérience avec les enfants (baby-sitting, animations en centre aéré…). Confier des enfants à une inconnue est aussi un risque que prend la famille. Elle doit pouvoir lui faire confiance.



Se tourner vers une agence spécialisée

Il existe une Union Française des Agences Au Pair (UFAAP) qui regroupe les agences agréées en France. Elles fonctionnent en réseaux avec des agences du monde entier. Elles sont donc censées connaître les familles. Une fois qu’on est à l’étranger, l’agence partenaire est notre interlocuteur numéro 1 en cas de problème et effectue un suivi de l’expérience. On insiste bien sur ce point ! Il ne faut pas partir sans organisme agréé. Sophie Lionnet serait partie sans agence, et n’avait donc aucun interlocuteur autre que sa famille d’accueil et ne bénéficiait d’aucun suivi. Il faut se méfier des nombreuses agences gratuites qui fleurissent sur le net : elles ne garantissent ni le suivi, ni la sécurité. Mauvais plan. Etre au pair est une expérience importante, il faut que toutes les conditions soient optimales. Souvenons-nous des conseils de nos parents: "Ne parle pas aux inconnus !". C’est pareil dans ce cas : on ne part pas vivre chez des inconnus sans un minimum de préparation et de concertation.

Préparer un dossier

Cela fonctionne un peu comme une agence matrimoniale (lesquelles sont en partie remplacées aujourd’hui par des applis de rencontres). L’agence nous fait remplir un dossier qui comporte profil, attentes, expériences (comme des lettres de recommandation si on a déjà fait du baby-sitting). Notre candidature sera ensuite mise à la disposition de plusieurs familles qui seront libres de nous recontacter via l’agence si notre profil leur convient. (toutes ces démarches sont inclues dans un forfait d’environ 400€. Le prix de la sérénité.)

Prendre contact

Entre vous et la famille, il doit se passer sinon un coup de foudre, au moins un petit coup de coeur (on l’a déjà dit : ça fonctionne un peu comme Tinder), pour que l’expérience se passe au mieux. On partage des photos, on échange des mails, on se parle via skype, avant d’accepter de prendre la décision de partir. Ne pas oublier : être jeune fille au pair, c’est partager la vie d’une famille, connaître ses habitudes, se sentir à l’aise avec elle. De son côté, la famille doit être suffisamment libre et tolérante pour laisser entrer une inconnue dans son foyer. Si on ne le sent pas, on dit non merci. Il faut être sûre de sa décision à 1000%.



Préparer l’arrivée

Une fois que les deux parties se sont choisies, il faut préparer son arrivée avec l’agence qui fournit les documents nécessaires pour que l’on puisse passer la frontière et la douane sans problème. On insiste encore sur l’importance du choix de l’organisme. Une jeune française a décidé de rejoindre une famille aux Etats-Unis pour une durée d’un mois en 2015, et s’est retrouvée … En prison. Elle n’avait aucun lien avec une agence labellisée aux Etats-Unis et n’était en possession d’aucun visa. Heureusement elle s’en est sortie sans avoir eu à porter les combinaisons d’Orange is the New Black.

Faire preuve de bonne volonté

Une règle d’or : la com-mu-ni-ca-tion. Si on ne comprend pas quelque chose, ou qu’on a des doutes, la solution est d’en parler. Si on n’y arrive pas et que la situation se dégrade, il faut entrer en contact avec l’agence au pair partenaire et trouver une issue. Elle est dans l’obligation d’aider quelqu’un en situation de détresse. La famille n’a aucun droit sur nos objets personnels et l’on est libre de vivre notre vie en dehors de nos heures d’activité. L’affaire Sophie Lionnet est un fait divers terrible qui doit nous alerter sur le sujet. Mais le cas est rarissime.
Enfin, si l’on découvre que les enfants vraiment, ça crie beaucoup et ça met du chocolat ou de la confiture partout, bref, que cette expérience n’est finalement pas idéale, il y a toujours moyen de partir… après avoir respecté un préavis. 

(Merci à Annie Deroo, responsable de l’agence "Solutions au pair" pour ces conseils.)


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