Entretien d’embauche : comment répondre aux questions interdites ? Entretien d’embauche : comment répondre aux questions interdites ?

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Entretien d’embauche : comment répondre aux questions interdites ? par Charlotte Arce

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Publié le Lundi 2 Décembre 2019

Ce job, vous le voulez. Mais maintenant que vous êtes face au recruteur/à la recruteuse, vous doutez : a-t-il/elle vraiment le droit de vous poser cette question ? Et surtout, que répondre pour ne pas vous griller ? Focus sur les questions discriminatoires en entretien et les réponses que vous pouvez y apporter.

Quelles sont les questions discriminatoires en entretien ?
"Vous avez des enfants ?", "Êtes-vous croyante ?", "Syndiquée ?", "De quel pays êtes-vous originaire ?" ou encore "Que pensez-vous de la politique du gouvernement ?" : autant de questions qu’un.e recruteur.se n’a pas le droit de vous poser en entretien. Ce n’est pas parce que c’est lui/elle qui décidera en partie de vous donner votre chance pour le poste, qu’il/elle a tous les droits ! D’ailleurs, là-dessus, le Code du travail (art. L.1221-6) est très clair : on ne peut vous poser des questions qu’en rapport avec le job et vos aptitudes professionnelles. "La loi précise une vingtaine de critères de discrimination", indique Nicolas Guillaume, Directeur Exécutif du cabinet de recrutement Spring France. Votre sexualité, votre santé, votre âge et votre lieu de résidence en font aussi partie.

Existe-t-il des exceptions ?
Oui, mais encore une fois, elles sont clairement encadrées par la loi. Pour certains postes en rapport avec la sécurité, les transports, les banques, la santé, l’enfance et les personnes âgées, on peut vous demander si votre casier judiciaire est vierge. De même, précise Romain Giunta, responsable marketing chez Monster, "si vous postulez pour un poste de représentation face à de la clientèle, le recruteur/la recruteuse peut être amené.e à vous demander si vous seriez d’accord pour enlever votre voile, votre kippa ou votre croix, à condition que cette volonté de neutralité soit spécifiée dans le règlement intérieur de l’entreprise."

Mais il ne faut surtout pas laisser passer une question sur un quelconque handicap, même visible. "La seule question qu’on peut vous poser est : avez-vous l’aptitude physique nécessaire à exercer cet emploi ?, rappelle Nicolas Guillaume. Mais la seule personne habilitée ensuite à juger de cette aptitude, c’est le médecin du travail."

Que répondre aux questions interdites ?
Tout dépend de la nature de la question et du feeling au moment de l’entretien. "Il ne faut pas braquer l’interlocuteur mais lui rappeler de manière diplomatique qu’il dépasse les obligations légales de l’entretien. L’idée est d’établir un climat de confiance pour espérer être recruté.e", détaille Romain Giunta. Faut-il alors jouer la transparence ? Mentir ? Éluder la question ? Pour l’expert de Monster, détourner l’attention de son interlocuteur.ice est une bonne option. "Si l’entretien se passe bien, on peut indiquer qu’on est motivé.e pour le poste et que la situation personnelle n’entravera pas notre capacité à l’occuper. Il faut aussi savoir rebondir, par exemple sur ses compétences, pour ne pas rester sur une note négative." Ça peut être le cas, par exemple, si l’on vous interroge sur votre âge. Vous pouvez tout à fait esquiver en répondant : "j’ai X années d’expérience en management, en compta..."

Par contre, si la question vous est à nouveau posée ou qu’on vous fait une remarque sans lien avec vos compétences, comme votre futur projet de maternité ou votre opinion sur le voile, n’hésitez pas à mettre un stop : "Je préfère ne pas répondre à cette question qui sort du cadre légal de l’entretien." "J’ai conscience que cette réponse n’est pas facile à donner, admet Nicolas Guillaume. Mais si on veut que la société avance, il faut qu’on soit tou.te.s droits dans nos bottes sur le fait qu’il y a des questions auxquelles on ne doit pas répondre. Peut-être que le recruteur va se braquer. Mais avez-vous vraiment envie de travailler dans une entreprise qui pratique ce genre de méthode de recrutement ?"

Mentir n’est pas non plus la solution. "Même si une fausse réponse à une question discriminatoire ne pourra pas être utilisée contre vous, cela risque de nuire à la bonne relation après embauche au cas où le ‘secret’ serait révélé", estime Romain Giunta.

Que faire si vous pensez être victime de discrimination à l’embauche ? Ne pas laisser passer. "Le premier recours est de faire immédiatement remonter dans l’entreprise cette pratique discriminatoire : des sanctions internes peuvent être prises", explique Nicolas Guillaume. Il est aussi possible de contacter le Défenseur des Droits. Enfin, si vous avez le sentiment que rien n’est fait, vous pouvez vous tourner vers le Conseil des Prud’hommes pour un recours au civil et déposer une plainte pour un recours pénal. Pour info, la discrimination à l’embauche est punie de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

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