Discrimination à l’embauche : nous subirions tous la tyrannie de la beauté Discrimination à l’embauche : nous subirions tous la tyrannie de la beauté

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Discrimination à l’embauche : nous subirions tous la tyrannie de la beauté

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Publié le Mardi 4 Juin 2019

Selon une récente étude, nous serions plus attirés par des visages réputés "beaux". Ainsi, à l'embauche, les minois sans cicatrices, tâches de naissance ou malformation auraient plus de chance. Et nous sommes tous sujets à ce genre de biais.

Même si nous le démentons, il semblerait que nous ayons tous, ou presque, des biais quant au physique de nos interlocuteurs et notamment en matière d’entretien d’embauche. Des spécialistes en neurologie comportementale, ont récemment révélé que notre instinct irait de prime abord vers les personnes réputées esthétiquement "belles". Celles-ci seraient donc privilégiées lors de l’accès à l’emploi. Cette récente étude, dirigée par des scientifiques de Penn Medicine, a cherché à identifier la réponse de notre cerveau aux personnes présentant des anomalies faciales, telles que cicatrices, taches de naissance, dysplasie - malformation ou déformation résultant d'une anomalie du développement d'un tissu ou d'un organe. Leurs résultats, publiés dans Scientific Reports, montrent un biais inhérent et une préférence innée pour les visages aux traits réputés conventionnels.

"Les jugements sur l'attraction existent dans toutes les cultures et ces jugements basées sur la beauté du visage sont exprimés très rapidement", explique le docteur Anjan Chatterjee, auteur principal de l'étude, professeur de neurologie et directeur du Penn Center for Neuroaesthetics. Des études antérieures ont montré que les visages dits"attrayants" attiraient plus facilement des récompenses, de l'empathie. Cette nouvelle étude va plus loin, en se concentrant sur les visages défigurés et en analysant si les réparations chirurgicales atténuent le rejet. "Afin de corriger toute discrimination, la première étape consiste à comprendre comment et pourquoi de tels biais existent, c'est pourquoi nous avons entrepris de révéler les réponses neuronales à des visages défigurés", explique le docteur Anjan Chatterjee.

L'étude comportait deux expériences, toutes deux utilisant un ensemble de photographies pré et post-opératoires de patients ayant subi une chirurgie réparatrice du visage. La première étude comportementale a demandé à 79 participants de déterminer s'ils étaient conscients de leurs biais de beauté. Un test d'association implicite (IAT) a été mis en place pour déterminer lorsque les participants tombaient d’accord lorsqu'il s'agissait de juger des visages défigurés. Ensuite, un questionnaire explicite sur les biais (EBQ) évaluait à quel point ils étaient conscients de leurs préférences. Bien que les participants n'aient montré aucun parti pris explicite à l'égard de l'EBQ, les chercheurs ont constaté une nette préférence pour les visages non défigurés, en particulier chez les hommes.
La deuxième expérience impliquait un test d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRM) pour observer la réponse neuronale aux séries de photos. Les auteurs ont constaté une augmentation de l'activité dans les zones corticales occipito-temporales ventrales, qui traitent la vision, et une diminution de l’activité dans les régions associées à l'empathie, en particulier le cortex antérieur et le cortex médio-préfrontal. Tout cela a indiqué aux chercheurs que, malgré la politesse habituelle, les gens nourrissent inconsciemment des préjugés négatifs à l’égard de visages dits moins attrayants et/ou défigurés, ce qui entraîne un manque d’empathie. En 2016, le défenseur des droits et l'Organisation Internationale du Travail publiaient leur neuvième baromètre sur la discrimination à l’embauche et assuraient que le physique était bien le deuxième facteur de discrimination à l'embauche.

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