Violences sexuelles : Spotify vire R. Kelly et XXXTentacion de ses playlists Violences sexuelles : Spotify vire R. Kelly et XXXTentacion de ses playlists

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Violences sexuelles : Spotify renonce aux sanctions contre R. Kelly et XXXTentacion par Laura Carreno-Müller

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Publié le Mardi 15 Mai 2018

Spotify ne sanctionnera finalement pas les artistes accusés de violences sexuelles. Annoncée en mai 2018, la mesure ciblait notamment le chanteur R. Kelly, soupçonné de séquestration et de viol, et le rappeur XXXTentacion.

Mise à jour du 06/06/2018 : suite à une déferlante de critiques, Spotify renonce à son projet de sanction à l'encontre de musiciens soupçonnés d'abus sexuels. La justification de ce retournement de veste : la plateforme ne souhaite pas porter préjudice à des artistes qui auraient commis de simples "erreurs de jeunesse", selon les termes d'un communiqué officiel diffusé le 5 juin 2018.

C’est la nouvelle politique de bonne conduite de Spotify. L’application de streaming musical a décidé de faire le tri dans ses playlists en se débarrassant des titres incitant à la haine, dans le cadre d’une nouvelle charte. Dans le viseur de la plateforme : le chanteur R. Kelly, auteur du hit "I Believe I Can Fly", et le rappeur XXXTentacion, tous deux accusés de violences sexuelles et sexistes. "Nous voulons que nos décisions éditoriales – ce que nous choisissons de programmer – reflètent nos valeurs. Lorsqu’un artiste ou un créateur fait quelque chose de particulièrement haineux ou violent, ça peut affecter notre façon de travailler avec lui", précise Spotify dans sa charte.

Un "gourou" en liberté 

Pour rappel, depuis les années 1990, R. Kelly est accusé d'avoir violer des jeunes femmes qu’ils séquestrent contre leur gré. En juillet 2017, le journaliste Jim DeRogatis rapportait que le chanteur serait même à la tête d’une secte sexuelle, dans une enquête pour Buzzfeed News. Selon lui, "six femmes vivraient dans des propriétés louées par Kelly dans les banlieues de Chicago et Atlanta [et] il contrôlerait tous les aspects de leurs vies". Si les accusations de manipulation et d’abus sexuels ont été confirmées par trois des victimes présumées (Cheryl Mack, Kitti Jones et Asante McGee), les forces de l’ordre restent impuissantes, les autres jeunes femmes n’estimant pas être en danger. Mais R. Kelly n’en est pas à son coup d’essai : en 2008, il avait échappé à la condamnation pour pédopornographie, après la diffusion d’une sex-tape le montrant en plein ébat avec une enfant de 14 ans (après ses fiançailles avec la chanteuse Aliyah, âgée de 15 ans à l'époque). Ce lourd passif lui a valu d’être la cible du groupe Women of Color, dont la cinéaste Ava Duvernay et la chanteuse Janelle Monáe font partie, qui s'est mobilisé dans un boycott début mai 2018, à travers le hashtag #MuteRKelly ("Mettez R. Kelly en sourdine", ndlr).


Des violences à faire froid dans le dos

De son côté, XXXTentacion, de son vrai nom Jahseh Dwayne Onfroy, a un casier judiciaire long comme le bras. En juillet 2016, il est arrêté pour cambriolage et agression à main armée avant d’être libéré sous caution. Un mois plus tard, il est incarcéré pour violences aggravées envers une femme enceinte, violences conjugales avec strangulation, séquestration et subornation de témoin. Selon Pitchfork, il aurait même été plus loin en maintenant la tête de sa victime présumée sous l’eau ou encore en la menaçant de lui couper la langue. Des accusations qu’il a niées en bloc et pour lesquelles il a plaidé non-coupable lors de son procès, en décembre 2017. Il est actuellement assigné à domicile.

Si la mesure de Spotify peut être félicitée, on se demande si ce n’est que le début. Rappelons quand même que d’autres chanteurs et rappeurs (dédicace à Chris Brown) ont déjà été accusés de violences sexuelles, violences conjugales ou encore de xénophobie et racisme.

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