Violences faites aux femmes : qu’attendre du "Grenelle des violences conjugales" ? Violences faites aux femmes : qu’attendre du "Grenelle des violences conjugales" ?

L'époque en live

Violences faites aux femmes : qu’attendre du "Grenelle des violences conjugales" ? par Tess Annest

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

5 minutes

Publié le Mardi 3 Septembre 2019

Le 3 septembre 2019, le gouvernement français lancera, sous l’impulsion de la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, son tout premier "Grenelle des violences conjugales". Et voici à quoi s’attendre.

Dès son entrée à l’Élysée en mai 2017, Emmanuel Macron a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes, la grande cause de son quinquennat. Marlène Schiappa, Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, s’est alors vu allouer un budget conséquent. Pourtant, depuis le début de l’année 2019, 101 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint (derniers chiffres de l’association Nous Toutes). Le 3 septembre 2019, 3/9/19, elle lancera donc le premier "Grenelle des violences conjugales" français. Et la date n’a pas été choisie au hasard puisqu’elle fait écho au 3919, numéro national dédiée à l’écoute des victimes de violences conjugales. Il prendra fin le 25 novembre 2019, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

"Pas un Grenelle des bons sentiments"

Alors que le Grenelle n’a pas encore commencé, Marlène Schiappa a les idées claires. "Ce Grenelle ne sera ni une réunion, ni une concertation mais bel et bien un Grenelle, c’est-à-dire un évènement qui apportera des solutions concrètes", a-t-elle déclaré lors de la réunion d’information à la presse. "Il n’est pas question d’organiser un Grenelle des bons sentiments", a-t-elle affirmé. Il s’articulera donc autour de trois axes principaux : prévenir, prendre en charge et punir. Dans un premier temps, il s’agira de tenter de sauver la vie de plusieurs centaines femmes en danger. "Des familles de victimes viendront témoigner et rappeler qu’on ne parle pas uniquement de chiffres, mais bien de vies brisées", a-t-elle expliqué. Le second module, "prendre en charge", s’orientera autour de solutions concrètes d’accompagnement. 73 psychologues ont d’ores et déjà été dépêché.e.s dans plusieurs commissariats français afin d’épauler la police. Leur rôle : offrir un meilleur accompagnement aux victimes et leur permettre une réelle prise en charge psychologique. Enfin, il sera question de punir plus justement et plus rapidement. Ce qui devrait d’abord passer par un meilleur accueil dans les gendarmeries et les commissariats et par une formation poussée des forces de l’ordre.

Des solutions concrètes et des politiques locales 

Lors de la réunion d’information à la presse, Marlène Schiappa a rappelé que le gouvernement avait déjà pris des décisions concrètes. Le budget des subventions aux associations devrait par exemple augmenter de 30%. Surtout, la Secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes a annoncé la création du "Fonds Catherine contre les féminicides", doté d’un million d’euros. Il sera attribué en concertation avec différents acteurs locaux. D’ailleurs, 90 grenelles départementaux auront lieu en même temps que le "Grenelle des violences conjugales" afin de mieux répartir les aides financières sur le territoire français. Marlène Schiappa a donc demandé à tous les préfets de nommer un comité, qui décidera à quelles associations seront alloués les budgets de l’État. "Il est très important de travailler localement et surtout, de décloisonner les services entre les départements car pour le moment, il n’y a que très peu de communication", a affirmé la Secrétaire d’État.

Une campagne de communication massive 

Pour promouvoir ce Grenelle et l’action du gouvernement pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, une importante campagne de communication a été déployée. Elle s’étendra sur toute la durée du dispositif et reposera sur deux outils : le numéro d’écoute anonyme et gratuit 3919, et la plateforme de signalement en ligne créée en 2018. Deux dispositifs encore trop méconnu.e.s du grand public qui, pourtant, accompagnent les victimes vers le dépôt de plainte et les orientent vers des prises en charges sociales et psychologiques. De nombreuses personnalités françaises ont donc répondu présentes et soutiennent l’action du gouvernement via ce spot de publicité diffusé sur les ondes et à la télévision. Espérons que les décisions finales seront à la hauteur des annonces.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires