Violences faites aux femmes : des mesures très inefficaces en période de confinement ? Violences faites aux femmes : des mesures très inefficaces en période de confinement ?

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Violences faites aux femmes : des mesures très inefficaces en période de confinement ? par Tess Annest

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Publié le Vendredi 3 Avril 2020

Pendant que le monde a les yeux rivés sur le coronavirus, un autre combat est mené : celui de la lutte contre les violences faites aux femmes. Conséquences inévitables du confinement, elles inquiètent le gouvernement qui a mis en place des mesures exceptionnelles. Mais sont-elles vraiment efficaces ? Réponses des associations.

Depuis le début du confinement, la France fait face à une recrudescence des cas de violences faites aux femmes. Et le constat est sans appel : selon le ministère de l’Intérieur, ils ont augmenté de plus de 30% et deux féminicides sont déjà à déplorer. "Cette hausse des violences conjugales est notamment due au fait que les femmes victimes de violences sont coincées toute la journée avec leur agresseur dans une période de stress et d’angoisse. Cela multiplie le risque de passage à l’acte", explique Anne-Cécile Mailfert, Présidente de la Fondation des Femmes. Et on ne parle ici que des violences officiellement recensées. "Malheureusement, ces chiffres ne sont pas les bons et ne représentent que la partie visible de l’iceberg", s’inquiète Yuna Miralles, coordinatrice de l’action de Nous Toutes. Une situation plus qu’alarmante où "ces femmes sont d’autant plus isolées". Résultat : le 3919, le numéro d’écoute et d’accompagnement, reçoit moins d’appels et tourne au ralenti. "Ces deux dernières semaines, il était quasiment en stand-by. Il commence à peine à reprendre partiellement du service", explique-t-elle avant de rappeler qu’il est tenu par des bénévoles eux/elles-mêmes moins disponibles pendant cette quarantaine.

Un début de solution

Pour pallier à ce manque, le gouvernement appelle à écrire au 114, une ligne jusqu’alors réservée aux personnes sourdes et malentendantes. "La décision est très bonne, relève Yuna Miralles, mais le numéro risque d’être rapidement surchargé". "Réfléchir à un mode d’appel à l’aide écrit est intéressant pour permettre aux femmes victimes de violences de communiquer en toute discrétion", poursuit Anne-Cécile Mailfert. "Mais il ne faut pas oublier que le 114, contrairement au 3919, est un numéro d’urgence qui vise à demander une intervention des forces de l’ordre aux domiciles de femmes qui n’ont pas nécessairement envie de faire venir la police"

Pour renforcer cette action, le gouvernement a donc mis en place des mesures d’urgence. Des accueils dans les pharmacies d’abord, puis des points d'accompagnement éphémères devant certains supermarchés. Un dispositif nécessaire mais pas suffisant selon Yuna Miralles. "Les solutions proposées ne sont pas assez ancrées dans la réalité de ces femmes qui, souvent, ne peuvent même pas sortir de chez elles". Un avis partagé par Anne-Cécile Mailfert. "Toutes les mesures qui permettent de repérer les femmes victimes, de faciliter leur signalement et de les orienter sont à soutenir. Toutefois, pour qu’elles soient efficaces, il est essentiel que les personnes amenées à recevoir leurs témoignages sachent quoi leur dire et qu’elles puissent les rediriger vers les dispositifs existants de prise en charge des victimes de violences". L’État, qui s’est engagé à financer 20 000 nuits d’hôtels, a donc débloqué un fonds spécial d’un million d’euros mais là encore, les deux femmes sont dubitatives. "Plus de moyens c’est toujours bien. Mais avec un million on ne va pas loin malheureusement", rappelle Anne-Cécile Mailfert. "Toutes les associations ont des besoins spécifiques. Il y a l’urgence des prochaines semaines mais il y aura aussi l’après confinement à préparer. Elles auront besoin de plus de moyens pour continuer à venir en aide efficacement aux femmes victimes de violences""L’argent mis sur la table par l’État est plus qu’insuffisant et c’est difficile de ne pas perdre patience. Ça ne suffira pas à répondre aux besoins réels, surtout pas en période de confinement", se désole Yuna Miralles. 

Avoir les bons réflexes

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Les solutions proposées ne sont pas assez ancrées dans la réalité de ces femmes

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Les associations de protection des femmes se retrouvent donc en première ligne du combat et tentent de palier au manque d’actions. "Pour se signaler en tant que victime, tous les moyens sont bons. Des applications comme App’Elles permettent de solliciter ses proches discrètement. Bien sûr, il y a aussi le 114 pour prévenir les forces de l’ordre", rappelle La Fondation des Femmes. Plus que jamais, elles en appellent aux proches et au voisinage. "Mieux vaut avoir un doute et contacter la police, par téléphone ou via le chat dédié, que de mettre en danger la vie d’une femme ou d’une famille", insiste la coordinatrice de l’action de Nous Toutes. "Garder le contact, montrer qu’on est là, partager les visuels des assos (comme l’affiche mise à disposition par Nous Toutes) c’est aussi très important"

Au moindre doute, contactez les bonnes personnes : 

3919 : numéro d’écoute et d’accompagnement. En période de confinement, il est ouvert du lundi au samedi, de 9h à 19h.
114 : numéro d’urgence pour les personnes sourdes ou malentendantes ouvert à toutes pendant le confinement.
119 : SOS enfants en danger.
17 ou 112 : police secours.
arrêtonslesviolences.gouv.fr : plateforme d’échange avec des policiers et des gendarmes disponibles 24h/24.

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