Violences faites aux femmes : des médias ressortent des vidéos de l’INA et il est important de les voir Violences faites aux femmes : des médias ressortent des vidéos de l’INA et il est important de les voir

L'époque en live

Violences faites aux femmes : des médias ressortent des vidéos de l’INA et il est important de les voir par Anne Lods

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Publié le Vendredi 6 Septembre 2019

A l’occasion du Grenelle des violences conjugales, de nombreuses vidéos datant des années 1970 ont refait surface grâce aux archives de l’INA. Un contenu riche en enseignements, qui permet de prendre conscience des mentalités de l’époque mais aussi du chemin qu’il reste à faire.

Certains médias ont pu faire le choix, comme BFMTV et RMC, en ce vendredi 6 septembre 2019, d’interviewer Tariq Ramadan, trois jours seulement après le lancement du Grenelle des violences conjugales. Une invitation problématique aux vues des accusations de viols et d’emprise sexuelle qui portent sur le l’homme et qui n’ont pas encore été classées. Pourtant, ceux qui ne sont ni la première chaîne d’infos ni même Radio Monte-Carlo, ont ressorti, grâce aux archives de l’INA, des vidéos essentielles ces derniers jours. Et c’est à eux qu’on décide de s’intéresser.

Alors même que Tariq Ramadan s’exprimait sur une chaîne concurrente, Thomas Legrand, dans son édito "Les Bobinos" sur France Inter, partageait des archives de 1975 sur le viol, diffusées à l’origine sur France 3 Nancy. A la question "vous avez déjà eu envie de violer une femme ?", le premier homme interviewé répond sans détour "oui". Fatalement, à celle "est-ce que toutes les femmes mériteraient de se faire violer ?", un autre individu répond lâchement "oui". Des réponses à faire frissonner et qui ont valu à Léa Salamé d’échapper un "oh putain" à une heure de grande écoute. Et on n’aurait pas dit mieux.
 

Et ces sons ne sont malheureusement pas les seuls. Le 3 septembre dernier, alors que le Grenelle des violences conjugales s’ouvrait, l’INA a partagé sur Facebook une vidéo datant de la même année. On y demande à des hommes s’ils frappent leur femmes. Et les réponses sont tout aussi glaçantes tant il est difficile de croire que des hommes assument publiquement ces propos. "Si je veux taper ma femme, je suis sûr qu’elle fera mieux l’amour", entend-on de la bouche de l’un d’entre eux. Un autre estime qu’il est envisageable de faire entrer des concepts à sa femme en lui frappant dessus "quand le dialogue n’est pas possible". Un autre pense enfin que les femmes se font battre parce qu’elles aiment ça ou par habitude. Bien sûr.



S’il apparaît comme étant presque inconcevable de tenir de tels propos ou même de les rendre publics à travers les médias aujourd’hui car les mentalités et les combats ont changé, il faut impérativement comprendre que ce sont des actes, des discours et des pensées misogynes et surtout dangereux qui peuvent être encore tenus dans l’intimité des ménages et dans des conversations. Ces témoignages devraient apparaître à chacun comme des vestiges du passé que l’on n’a pas envie de voir revenir ou même de laisser subsister. Pourtant, cette année, 103 femmes ont déjà été tuées par leur conjoint ou leur ex. Espérons que ces vidéos et sons puissent servir d'électrochocs pour changer, en partie, les choses.

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