Suicide assisté : pourquoi les déclarations de Jacqueline Jencquel nous choquent Suicide assisté : pourquoi les déclarations de Jacqueline Jencquel nous choquent

L'époque en live

Suicide assisté : pourquoi les déclarations de Jacqueline Jencquel choquent par Tess Annest

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Publié le Jeudi 30 Août 2018

Jacqueline Jencquel, 74 ans, défraye la chronique depuis le 27 août dernier. En cause : une vidéo Web dans laquelle elle déclare avoir programmé sa mort en janvier 2020. De quoi relancer le débat sur le suicide assisté... et être taxée de validisme, voire d'eugénisme. Freaks, illustratrice polyhandicapée, nous a expliqué pourquoi ce discours était choquant.

Le suicide assisté, faux débat ?
L’interview d'Hugo Clément pour Konbini avait pourtant bien commencé. Dans les premières minutes de la vidéo, Jacqueline Jenquel explique pourquoi elle est favorable au suicide assisté, encore interdit en France, et parle de son choix de mettre fin à ses jours, alors qu’elle ne souffre d’aucune maladie dégénérative. Et son discours se tient. Jusqu’au moment où elle lance : "La perte de l’autonomie, pour moi, c’est la fin de la vie". Des propos qui, selon Freaks, jeune femme polyhandicapée, "ajoute une pierre supplémentaire à la pensée dominante selon laquelle il vaut mieux mourir valide que vivre handicapé". Pour l’illustratrice, qui rappelle que l’on peut vivre heureux et épanoui en fauteuil roulant, "c'est l’une des pire défenses de l’aide au suicide que l’on puisse faire". A croire que Jacqueline Jencquel, par ailleurs très proche de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), n'a pas en tête les pressions que les personnes en situation de handicap subissent au quotidien.


La validité, une norme écrasante
Et ce problème porte un nom : le validisme. Une discrimination systémique qui cible les personnes en situation de handicap, et qui s’explique par le fait que la société définisse les personnes sans handicap comme la norme sociale. C'est ce discours que Jacqueline Jencquel diffuse lorsqu'elle affirme préférer mourir plutôt que de devenir handicapée. Et si elle a été applaudie par une majorité d’internautes, ces propos sont extrêmement dangereux selon Freaks. "C’est assez confortable de penser que le suicide assisté n’est qu’une question de choix personnel. Mais en réalité, les personnes handicapées portent une pression monstrueuse sur leurs épaules", affirme l'illustratrice. "On nous fait sans cesse comprendre que la société se passerait bien de nous, qu’on représente un poids et qu’on coûte beaucoup d’argent." Il suffit de regarder le taux de suicide chez les personnes handicapées pour s’en rendre compte... Une étude menée par le Baromètre santé sourds et malentendants (BSSM) a par exemple démontré que les pensées suicidaires chez les malentendants étaient cinq fois plus élevées que la moyenne. Un chiffre inquiétant, qui prouve bien qu'au-delà de la légitime question du suicide assisté, le choix ou non d'y recourir est fortement influencé par notre société validiste.

Il est grand temps que celle-ci fasse évoluer son regard sur le handicap, ainsi que sa façon de (mal) le prendre en charge.

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