Sida : et si on apprenait à faire de la prévention ? Sida : et si on apprenait à faire de la prévention ?

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Sida : et si on apprenait à faire de la prévention ? par Tess Annest

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Publié le Mercredi 10 Avril 2019

Selon le dernier baromètre Ifop pour Sidaction, un quart des Français âgés de 15 à 24 ans se dit "mal informé" sur le virus du VIH. Des chiffres alarmants, mais pas étonnants. Et qui prouvent que sur la question, la France est encore très en retard.

En matière d’éducation sur le VIH, la France est à la traîne. La preuve avec les derniers chiffres du baromètre Ifop pour Sidaction, révélés le 31 mars 2019 dans le Journal du dimanche. Un quart des 15-24 ans, soit 23% du panel interrogé, se dit encore "mal informé" sur la question. Soit douze points de plus qu’il y a dix ans. 21% des collégiens avouent même n’avoir jamais reçu d’enseignement sur la maladie, faisant ainsi grimper le niveau de désinformation, qui n’avait jamais été aussi haut. Et la situation est telle que 21% des jeunes interrogés déclarent ne pas avoir peur du virus, et 28% pensent que le VIH se transmet même en ayant des rapports sexuels protégés.

L'analyse de Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, au moment de la publication des chiffres : "Il y a un désintérêt relatif des jeunes à l’égard du sida". Des propos qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu en 2018 (et en 2017, et en 2016…). La faute à une prévention en demi-teinte, selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction : "L'information est, soit mal délivrée, soit carrément pas délivrée du tout. On ne parle pas de tous les sujets liés au VIH, et on ne les aborde toujours pas de la bonne manière", estime-t-elle. Notamment car on n’écoute pas les communautés les plus concernées par le VIH et pire, on n’agit pas pour elles : les personnes transgenres, les gays et les travailleur.se.s du sexe, qui restent le plus touché.e.s. Et qu’on refuse toujours d'aider comme on le devrait.

Un problème d’homophobie et de transphobie qui se manifeste dès l’école. "L’Education nationale doit déployer plus d’efforts en matière d’éducation à la sexualité et faire systématiquement intervenir des acteurs extérieurs (associations, militant.e.s, malades…) pour parler sexualité, et donc VIH, aux élèves. Il n’est pas facile de parler de tels sujets avec ses professeur.e.s, surtout quand on fait partie d’une minorité sexuelle. Je pense que, malgré eux, les profs n’ont pas toujours les bonnes informations et les bonnes réactions", estime Florence Thune. Qui ajoute : "On a peut-être choisi de mettre le budget ailleurs, mais c’est bien dommage"

La solution, selon la directrice générale du Sidaction ? "Pour parler aux jeunes, et à la société dans son ensemble, il faut les connaître. Et faire intervenir des pairs qui parlent le même langage". Cette difficulté à communiquer avec les jeunes générations, de l’école primaire aux universités en passant par le lycée, faisant de nous de mauvais élèves à l'échelle internationale, sur la question du VIH mais aussi, de la sensibilisation et de la sexualité en général. "Ce sont vraiment des domaines dans lesquels nous sommes très en retard", résume Florence Thune, selon qui il est grand temps de réfléchir collectivement au problème. "Le jour où on aura une approche nouvelle de la sexualité auprès des jeunes, comme c’est déjà le cas dans les pays nordiques, ce sera une avancée majeure pour la santé publique, et donc, pour la prévention du VIH", affirme-t-elle. Alors, elle est pour quand, cette nouvelle politique de santé publique ?

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