Qui est Christelle de la Rue, patronne féministe qui révolutionne le monde de la pub ? Qui est Christelle de la Rue, patronne féministe qui révolutionne le monde de la pub ?

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Qui est Christelle de la Rue, patronne féministe qui révolutionne le monde de la pub ? par Margaux Balloffet

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Publié le Vendredi 29 Novembre 2019

Christelle de La Rue, Patronne féministe et publicitaire engagée innove, surprend et réinvente le marché de la publicité. Après une longue carrière dans la publicité (TBWA, MCCANN, PUBLICIS). Elle ouvre sa propre agence féministe, Mad and women, qui tente de promouvoir l’égalité des genres mais également de déconstruire ou alerter sur le sexisme dans les images et dans les agences.

Avec elle, "les lionnes", association antisexiste qui dénonce le caractère machiste de certains hommes dans les agences de publicité. Cette association a seulement 9 mois et déjà plus de 360 militantes. Pendant la marche contre les violences faites aux femmes, ce sont les associations Women Safe et Les lionnes qui, pour la première fois, vont marcher pour faire reconnaître la parallèle entre les violences faites aux femmes et celles faites aux enfants.

Une marche exutoire
23 Novembre 2019, 11 heures du matin, Les lionnes sont là, devant la porte de l’immeuble de l’agence Mad & women. Fanions, pancartes et autres bannières antisexiste ornent le trottoir du 2ème arrondissement de Paris. La patronne, Christelle de la Rue, arrive, l’atelier de panneaux de manifestation va pouvoir ouvrir ses portes ! "J’accuse", "range ta teub !", "Une femme est morte le temps que j’écrive cette pancarte"...


Voilà les enseignes à charge que prennent le soin d’écrire les militants sur le parquet de l’agence. Dans ces "lionnes", il y a des femmes victimes et des enfants témoins. C’est la première fois que Women Safe et Les lionnes marchent ensemble pour faire reconnaître les droits des femmes et des enfants. A elles la rue ou plutôt à #noustoutes, (ndlr hashtag de la manifestation). 

Il est bientôt 13 heures et les lionnes prennent le trottoir comme on prend la mer, elles manoeuvrent avec fierté dans la marée humaine. 100.000 personnes grouillent sur le pavé parisien depuis Opéra jusqu'à la place de la Nation. Dans la foule, sous le cortège des Lionnes, dans le 11ème arrondissement de Paris, on retrouve Christelle De La Rue : "On est épuisée de devoir discuter, marcher dans la rue c’est s’unir, se soutenir et faire porter les valeurs de notre République qui devrait être plus sororales. Je suis convaincue que l’activisme et le militantisme participent au progrès social et économique."

Face aux projets de lois du gouvernement, Christelle De la Rue estime qu’il faut agir en conscience avec le gouvernement. “Le gouvernement doit voir toutes les associations qui sont montés sans lui parce que la lutte concrète-et sans moyens financiers-est du côté des associations, c’est bien de lancer des campagnes avec le 3919 mais il faut que les associations et le gouvernement soit ensemble." Christelle de La Rue aimerait un service spécialisé : "accueillir une femme, la comprendre psychologiquement, l’aider juridiquement et aller au bout de sa réparation dans un premier temps et il faut absolument un numéro d’appel ouvert 7/7 jours et 24H/24 un peu comme le 911 aux Etats-Unis"

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Il faut absolument un numéro d’appel ouvert 7/7 jours et 24H/24 un peu comme le 911 aux Etats-Unis

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Aujourd’hui, elles marchent ensemble aussi pour que les féminicides soit reconnu et inscrit dans la loi. Mais Christelle aimerait également inscrire dans la loi "le publisexisme" pour assurer que les annonceurs puissent interdire les publicités sexistes au moment des validations en interne.

Des agences aux images
Pour Christelle, l’activisme ne s’arrête pas aux campagnes publicitaires : "Il ne suffit pas de vouloir faire des campagnes féministes, il faut aussi scanner les agences de l’intérieur et les aider à se transformer, qu’elles mettent en place, par exemple, l’égalité salariale, les congés parentaux..." Comment une agence peut savoir si elle est machiste et use de stéréotypes ? Mad and Women a pu répondre à la question en développant un outil appelé le "mad index". Le principe est simple : mesurer l’impact sexiste d’une marque ou d’une entreprise. Un outil très efficace et pour Christelle, l’enjeu est de taille : elle souhaite transformer plus rapidement l’égalité des genres dans le monde par les images. En parallèle, Mad & women propose des programmes pédagogique pour les entreprises : promotion du talent féminin et atelier de déconstruction des stéréotypes.

Et pour aider les projets féminins à la racine, Christelle incube également des innovations féminines parce qu'elle observe que très peu de levées de fond vont au bout concernant les projets féminins. Elle décide donc d’incuber par exemple : les Glorieuses, le collectif 52, Empow’her, Women safe, Onu femmes France, TedxWomen en France ou encore les Lionnes et d’autres.

Les violences faites aux enfants
Malheureusement les violences ne se limitent pas aux femmes. Il y a 3 ans, l’association Women Safe approche Christelle De La Rue. Très vite, elle devient "international deputy" ou porte voix internationale de l’association Women Safe et établit un contrat à titre gracieux pour s’occuper de toute la communication de l’association. Depuis 2014, l’association combat toutes les formes de violences faites aux femmes. Elle héberge, accueille et c’est la première association pluridisciplinaire contre les violences faites aux femmes. "Ils se sont rendus compte- en accueillant des femmes souvent mères - que les enfants sont touchés. Ils ont donc souhaité ouvrir cette année un département enfant et ça s’appelle maintenant "Women Safe and Children". 98 % du cerveau d’un enfant avant 5 ans reconnaît la violence et la mémorise. Un enfant témoin de violence pourra demain être victime ou auteur", assure Christelle.

Aujourd’hui, Christelle De La Rue, appelle le gouvernement- Adrien Taquet et Marlène Schiappa- à faire le parallèle et à entendre les violences symboliques, sexistes, sexuelles et économiques que vivent les enfants. "Il y a un fléau sur les violences faites aux femmes mais là il y’a un vrai tabou concernant les violences faites aux enfants. La logique voudrait que le ministère de l’enfance et de la famille soit rattaché à celui des femmes et de Marlène Shiappa."

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