C'est quoi l’écoféminisme ? C'est quoi l’écoféminisme ?

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C'est quoi l’écoféminisme ? par Anne Lods

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Publié le Mardi 11 Septembre 2018

Contraction des termes écologisme et féminisme, l’écoféminisme est une tendance politique et idéologique essentiellement menée par des femmes. Si elle est peu répandue en France, on la retrouve surtout aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Ses membres défendent un mode de vie matriarcal tout en luttant pour la protection de la planète. En ces temps de Marche pour le Climat, on a eu envie d'en savoir plus.

Vous n’avez jamais entendu parler d’écoféminisme ? Nous non plus, avant ce matin, quand on est tombés sur cet article de Slate. Pourtant, ce n’est pas un mouvement politique et idéologique récent. Il existe depuis les années 1970 et s’est surtout développé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Inde. Il doit son nom à une française, Françoise d'Eaubonne, qui l'utilise pour la première fois dans son livre Le Féminisme ou La Mort, publié en 1974. Né d’actions pacifistes, anarchistes et anti-nucléaires, il repose principalement sur le postulat suivant : les comportements de domination et d’oppression que subissent les femmes de la part des hommes sont comparables à ceux subit par la planète. Pour simplifier, c’est à cause de la domination de l’homme sur les femmes et sur la nature qu’il existe aujourd’hui une crise écologique.

La figure de proue de l’écoféminisme dans le monde est certainement l’Indienne Vandana Shiva (voir photo ci-dessus). Dans les années 1970, elle rejoint les femmes du mouvement Chipko et se bat contre la déforestation d’une parcelle de la vallée de Doon, au pied de l'Himalaya, qui allait être industrialisée. Un combat pacifique qui consiste à étreindre les arbres condamnés. Elle est aujourd’hui docteure en physique quantique et en philosophie, et dirige la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles. Elle est aussi auteure de plusieurs ouvrages sur l’écoféminisme.
Aux Etats-Unis, on établit la naissance du mouvement à une grande manifestation de 1980 en Virginie. Les femmes y affirmaient craindre pour la planète et la vie de leurs enfants, en s’enchaînant aux grilles du Pentagone. Au même moment est née une utopie féministe créée par une communauté lesbienne. Du nom de Oregon Women’s Land Trust, elle existe encore aujourd’hui et, d’après son site internet, s’engage à "une conservation écologique des terres, de l’accès à la terre et de la sagesse des femmes". Enfin, au Royaume-Uni, c’est en 1981 que se développe l’écoféminisme à grande échelle. Un groupe de femmes s'installent sur la base militaire de Greenham Common pour protester contre la mise en place de missiles nucléaires de la Royal Air Force. Elles occupent la zone jusqu’en 2000, avant que le camp ne soit démantelé.

La charge mentale en question

Intéressant sur le papier, le mouvement ne fait pas pour autant l'unanimité. En 2010, dans une interview au Monde, Elisabeth Badinter accusait l’écologie radicale (dont fait partie le mouvement écoféministe) d’être responsable de la régression du féminisme dans la société. Cette année-là, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui était alors secrétaire d’Etat à l’écologie, et Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, voulaient remplacer les couches jetables par des couches lavables. La philosophe regrettait de constater que ces figures politiques n’aient pas conscience de la charge mentale des femmes. "Elles devraient plaider pour qu’on produise des couches bio-dégradables ! s’était insurgée Elisabeth Badinter. (…) ce ne sont pas les hommes, en rentrant du travail qui vont aller mettre les couches souillées dans la machine à laver (qui dépense de l’énergie). Quelle inconscience à l’égard des tâches qui pèsent sur les femmes !".
Si le mouvement possède une part d'ombre, et au fil de son histoire, a parfois été récupéré par des groupuscules extrémistes, aujourd'hui, une nouvelle génération de militantes inspirées par l'écologie et le féminisme commencent tout juste à se le réapproprier. Afin de lui donner un nouvel élan ?

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