Violences sexuelles : que faire quand son ou sa partenaire a été victime d'une agression  ? Violences sexuelles : que faire quand son ou sa partenaire a été victime d'une agression  ?

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Que faire quand son ou sa partenaire a été victime d’une agression sexuelle ? par Elia Manuzio

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Publié le Vendredi 19 Avril 2019

Qu’il s’agisse d’une main aux fesses ou d’un viol, nous sommes souvent démuni.es face aux violences sexuelles, surtout si elles concernent son ou sa partenaire. Voici quelques clés pour mieux réagir à chaud.

#1 Premier réflexe : l’écoute

Votre partenaire, choqué.e, vous annonce – ou peut-être l’apprenez-vous par quelqu’un d’autre - qu’il/elle a été victime d’une agression sexuelle ou d’un viol ? Dans une vidéo publiée sur le site du collectif #NousToutes, Caroline de Haas rappelle quelles sont les phrases clés à dire immédiatement à une personne qui vient de confier qu’elle est ou a été victime de violences sexuelles.

- "Je te crois"
- "Tu as bien fait de venir m’en parler"
- "Tu n’y es pour rien"
- "C’est lui le coupable, la loi l’interdit"

Ensuite, Elisende Coladan, thérapeute féministe et spécialiste des violences faites aux femmes et violences sexuelles, insiste sur la nécessité de donner la parole à l’autre, de l’écouter. Elle conseille de demander tout simplement à la victime : "Tu as besoin de quoi ?". "Très souvent, la personne qui a vécu une agression est en état de sidération, c’est à dire que ce qui vient de lui arriver est inimaginable pour elle et qu’elle ne peut pas l’intégrer, explique la thérapeute. Elle risque d’avoir du mal à s’exprimer. Lui demander ce dont elle à besoin, c’est la ramener à des choses matérielles et tangibles (se reposer, être toute seule, se laver). On peut également ajouter : 'à qui as-tu besoin de parler ?'. La victime n’aura pas forcément envie de se confier à son compagnon ou à sa compagne. Elle peut avoir besoin de sa mère ou d’un.e thérapeute par exemple".

#2 Les erreurs à éviter : questions, culpabilisation et minimisation

L’enfer est pavé de bonnes intentions. En posant des questions à la victime, vous pensez sûrement vous montrer empathique, bienveillant.e et impliqué.e : "Comment ça s’est passé ? Tu étais où ? C’était qui ?" ou pire "Comment t’étais habillé.e ?". "On croit bien faire mais si la personne est dissociée – état qui peut s’ajouter à celui de sidération et qui empêche le cerveau de gérer les informations – elle sera en état de choc et ne se souviendra de rien, juste qu’elle a été agressée, détaille Elisende Coladan. C’est comme si vous bombardiez de questions un accidenté de la route qui vient de se prendre un mur à 120 km/h".
Autre erreur classique, minimiser les faits ou établir une échelle de valeurs : "Oh, une main aux fesses, c’est pas agréable mais ça n’a jamais tué personne". "La main aux fesses peut raviver ce qu’on appelle la mémoire traumatique, rappelle Elisende Coladan. Si la victime a déjà subi des abus dans le passé, cette agression n’aura pas du tout le même effet que pour quelqu’un qui n’en n’a pas vécu". Enfin, il faut à tout prix éviter les mots culpabilisants - "En même temps, prendre le métro toute seule à minuit franchement" - De manière générale, plus il y a d’écoute et moins il y a de parole de votre part, mieux c’est.

#3 La suite de la vie de couple : patience et toujours…écoute

De la même façon qu’on attend que la victime se confie sur les circonstances des violences qu’elle a subies, lorsqu’il s’agit de reprendre une sexualité de couple, on n’initie jamais et (cela va sans dire) on ne force jamais. "Il faut toujours attendre que cela vienne de l’autre et à son rythme, prévient Elisende Coladan. Si il/elle commence des caresses mais veut s’arrêter, on respecte. Sans le vouloir, on risque de reproduire des gestes qui peuvent provoquer un nouvel état de sidération. Le mieux est donc d’être attentif à ce qui se passe, surveiller les moments d’absence et vérifier régulièrement que tout va bien".

Quelques contacts utiles à communiquer à la victime : 3919 : Violences Femmes Info, 0 800 05 95 95 : Collectif féministe contre le viol, CNIDFF : Centre National d’informations sur les Droits des Femmes et des Familles (il en existe un dans chaque département), Planning familial : C’est aussi une association qui accueille les femmes victimes de violences

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