L'époque en live

Lola Dubini : quand les YouTubeurs s’engagent par Tess Annest

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

7 minutes

Publié le Mardi 10 Avril 2018

Alors que l’édition 2018 du spectacle des Enfoirés a connu sa pire audience depuis les années 2000, les YouTubeurs engagés réunissent des millions d’internautes autour de leurs vidéos. Un succès fulgurant qu’ils doivent à leur communauté fidèle. La YouTubeuse Lola Dubini, qui s’est rendue au Tchad avec l’UNICEF, nous explique sa démarche.

YouTube :  l’humanitaire dans le viseur

YouTube a réussi à faire bouger les lignes, même dans le domaine de l’humanitaire. Les codes du documentaire ayant beaucoup évolué (le docu classique s’essoufflant peu à peu), les YouTubeurs ont réussi à s’engouffrer dans la brèche. Et à mener toutes sortes de combats : écologique pour le Grand JD, humanitaire pour Jérôme Jarre et sa Love Army (Mister V, Natoo, Omar Sy) … "Sur YouTube, il n’y a pas de petites initiatives" précise Lola Dubini, YouTubeuse aux 475.000 abonnés, s’étant engagée avec l’UNICEF dans le cadre du rapport Grandir dans un monde numérique. On n’hésite plus à y montrer des images chocs ou à mettre en lumière des vérités qui dérangent. Fini les tabous. Ainsi, Jérôme Jarre a dénoncé les conditions de vie catastrophiques des Rohingyas dans les camps de réfugiés au Bangladesh, et Le Grand JD a tourné plusieurs vidéos écolo-militantes, comme celle dénonçant l’extraction de l’île de palme sur l’île de Bornéo en Malaisie. Une vidéo qui comptabilise déjà plus de 1,5 millions de vues. Et même si à la télé, Cash Investigation reste une référence absolue, les vidéos plus courtes, facilement relayées sur les réseaux sociaux, touchent une communauté plus large. Un succès qui, selon Lola Dubini, s’explique tout simplement par le talent de chacun : "Le Grand JD par exemple, est hyper talentueux. Il switche de l’humour à des sujets beaucoup plus sérieux en un rien de temps". Basique. Mais plus que ça, c’est surtout la liberté qu’offre la plateforme qui a facilité son essor. Une liberté de ton et de sujets. Contrairement aux médias classiques ? "Pas vraiment. Ce sont deux sphères différentes, mais néanmoins très complémentaires" assure-t-elle. D’ailleurs, Julien Massillon, chargé de communication à l’UNICEF France, l’assure, l’un n’empêche absolument pas l’autre. L’association a toujours travaillé avec des célébrités pour porter la cause des enfants. "Simplement, la mission au Tchad étant essentiellement portée sur l’enfance et le digital, nous voulions travailler avec quelqu’un de directement concerné. Lola était donc la personne parfaite, puisque son propos (elle lutte contre le harcèlement chez les jeunes) et le nôtre étaient similaires" ajoute-t-il.

Une communauté fidèle au poste

Si les YouTubeurs et autres influenceurs s’engagent actuellement, c’est parce qu’ils sont assez suivis pour être (vraiment) entendus. Leurs communautés soudées carburent toutes à la confiance. Selon la YouTubeuse, comédienne et chanteuse (rien que ça), toute la difficulté de ce métier est en effet d’instaurer un climat de confiance avec ses abonnés. "Quand il y a confiance, il y a soutien" affirme-t-elle. Et c’est ainsi que naissent des projets comme la Love Army de Jérôme Jarre, qui a su fédérer autour de lui ses amis ultra connus, sans l’aide d’aucune organisation mondiale. Et rallier des milliers de (très) jeunes gens à sa cause. Un public de fidèles, longtemps boudé par l’humanitaire, qui s’est pourtant toujours engagé. La seule différence aujourd’hui, c’est la manière de le faire : un simple retweet, un partage et même un like sont vus comme des formes d’engagement. Plus besoin de donner de l’argent pour apporter son aide à des assos. Forcément, ça attire les plus fauchés d’entre nous, même si on se doute que ça n’arrange pas forcément les organisations... Pourtant, les ONG semblent heureuses de pouvoir capter un public bien différent que celui qu’elles touchent habituellement. "Grâce aux YouTubeurs, on arrive à attirer une sphère beaucoup plus large qu’auparavant, et les lignes bougent plus facilement, assure Julien Massillon. Avec Lola Dubini, on a par exemple pu approcher un public très réactif, qui a une confiance aveugle en elle" conclut-il. Des followers rarement âgés de plus de 25 ans, qui se retrouvent en l’influenceuse et en ses combats, alors qu'ils ne se seraient certainement jamais intéressés au problème de la fracture numérique sans elle. Pourtant, sa vidéo tournée dans un camp de réfugiés à N’Djamena a fait plus de 66.000 vues. Même si cela ne rapporte pas d'argent, c'est une bonne manière de sensibiliser les jeunes, et d’alerter largement sur les problèmes sanitaires et humanitaires de ce pays. Communiquer sur ses combats permet déjà de les faire connaître. Et quoi qu'il en soit, jeunes gens deviendront rapidement grands (et donneront peut-être à leur tour de l'argent).

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptés à vos centres d’intérêts, dans le respect de notre politique de confidentialité. Cliquez ici pour en savoir plus