Plus personne ne regarde la télévision, et elle n’a que ce qu’elle mérite ! Plus personne ne regarde la télévision, et elle n’a que ce qu’elle mérite !

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Plus personne ne regarde la télévision, et elle n’a que ce qu’elle mérite ! par Tess Annest

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Publié le Jeudi 31 Janvier 2019

En 2018, les audiences ont reculé de 3% sur le poste de télévision, et la part de jeunes adeptes du petit écran a baissé de 11,8%. La faute à un média de moins en moins représentatif d'une partie du public, et où talk-shows misogynes côtoient propos homophobes et racistes. Et on se demande encore pourquoi plus personne autour de nous ne s’y intéresse…

En 2018, d’après les chiffres de Publicis Médias et Médiamétrie, la durée de visionnage quotidienne des téléspectateurs français a perdu 6 minutes. Et ce n’est pas tout. Les audiences ont elles aussi baissé de 3%. Première génération à se détourner du petit écran : les jeunes de 15 à 24 ans. L’an dernier, ils étaient en effet 11,8% de moins à s’y intéresser. La faute à Netflix, bête noire de France Télé qui lui refuse les droits de ses fictions ? Pas uniquement. Car si, aux Etats-Unis, la plateforme est désormais le moyen le plus populaire pour regarder du contenu de divertissement sur un téléviseur, ce n’est pas (encore) le cas en France.

Mais alors, pourquoi les jeunes se détournent-ils de la télévision ? D’abord, parce qu’elle ne leur est plus destinée, comme l’a très bien souligné Sonia Devillers dans sa chronique du 29 janvier 2019 sur France Inter : "Dans vingt ans, à 18 heures, il n’y aura que des émissions pour les vieux comme moi. Le média vieillit avec moi (…). Parce que les enfants d’après moi ont pris leur goûter devant un ordinateur et que mes enfants à moi goûtent devant leur smartphone", a analysé la journaliste média. Quant aux programmes qui y sont diffusés, ils ne montrent pas la réalité de la jeunesse de France, plurielle, connectée et conscientisée. Dans son dernier rapport, le CSA a ainsi souligné que ce média ne représentait pas la société française actuelle. Sur les 1 450 heures étudiées par les experts, la part des personnes "perçues comme non blanches" a gagné un seul petit point, pour atteindre un ridicule 17%. Un chiffre en hausse grâce aux fictions… étatsuniennes. Car si on ne regarde que les productions françaises, ce chiffre tombe à 14%. La représentation des personnes en situation de handicap n’a quant à elle quasiment pas évolué et stagne à 0,7%, alors que selon l’Insee, 12 millions de Français ont un handicap.

Plus grave encore : les idées misogynes, racistes et homophobes véhiculées sur les plateaux télé. Derniers faits en date, les propos d’une chroniqueuse de TPMP People sur Bilal Hassani, grand vainqueur de Destination Eurovision, mais aussi victime de harcèlement homophobe sur les réseaux sociaux… et à la télévision. "L’Eurovision, c’est quand même un concours de chansons au départ. Et là, on dirait un concours de déguisements ou de travestis", déclarait Catherine Rambert la semaine dernière, illustrant la transphobie ordinaire qui règne dans les talk-shows. Autre grand malaise récent : l’humiliation de Miss France 2019, Vaimalama Chaves, par Laurent Ruquier sur le plateau d’On n’est pas couché. Le 19 janvier dernier, et après avoir écorché son nom à deux reprises, l’animateur n’a pas hésité à faire preuve de sexisme à son égard. "En France, on fait de moins en moins de bébés (…) les chiffres sont tombés cette semaine, pour la quatrième année consécutive (…), le taux de natalité, c’est comme les salaires, il n’augmente plus, il y a de moins en moins de naissances (…). On n’a plus le temps de faire d’enfants en France. D’ailleurs, vous qui nous regardez en ce moment dans votre lit, pour relancer la natalité ce soir, nous avons invité ce soir, notre Miss France, ça devrait vous donner des idées", a-t-il déclaré. Des propos sexistes qui ont encore du mal à passer sur les réseaux sociaux. Et qui en disent long sur l’état de la télévision française, qu'on a coupée depuis un moment.

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