#PayeTonTattooArtist : 4 tatoueuses féministes qui changent la donne #PayeTonTattooArtist : 4 tatoueuses féministes qui changent la donne

L'époque en live

#PayeTonTattooArtist : 4 tatoueuses féministes qui changent la donne par Florence Fortuné

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

5 minutes

Publié le Jeudi 7 Mars 2019

La riposte féministe n'épargne pas le milieu du tatouage, très critiqué ces dernières semaines, et des initiatives plus inclusives commencent à émerger partout en France. La fin d’un règne masculin, cisgenre, hétérosexuel et blanc ? Tour d’horizon de quatre tatoueuses engagées.

Harcèlement sexuel, attouchements, photos réalisées sans consentement… Les témoignages de victimes de tatoueurs mis en avant depuis le début de l’année par le compte Instagam @PayeTonTattooArtist sont d’une dureté sans équivoque. Et depuis sa création fin janvier, les langues ne cessent de se délier. Dans une France encore bousculée par le mouvement #MeToo, l’heure est à la dénonciation et à la lutte. Aujourd’hui, les tatoueuses sont nombreuses à proposer des alternatives queer et féministes pour changer cet “encre-soi” qu’était le milieu du tatouage jusqu’à présent.
En 2018, seule 1 femme tatoueuse sur 7 était conviée à la 8ème édition du Mondial du tatouage. Un chiffre qui ne passe plus. Remise en question de l’apprentissage traditionnel, politisation des moyens d’expression et mise en place de salons protéiformes, après le constat : l’action. Pour avancer vers une société plus égalitaire et féministe, l’inclusivité doit devenir la nouvelle norme. Les quatre tatoueuses ci-dessous l’ont bien compris.

Salty Mommy, tatoueuse LGBT-friendly et féministe au salon l’Infréquentable, à Lille.

L’Infréquentable a des airs de repaire de sorcières féministes. Salty Mommy – qui y est résidente - n’a d'ailleurs pas peur de dénoncer : "Bien souvent, par des propos racistes, transphobes, grossophobes ou misogynes, les tatoueur.euses perpétuent le système." Un rapport de force auquel le salon refuse de participer. "J'ai déjà eu des échos de shops refusant les personnes racisées car 'le tatouage ne se voit pas assez sur les peaux foncées', de personnes transgenres mégenrées, des personnes déconsidérées car grosses et j'en passe." Pour changer les choses, Salty Mommy appelle à une remise en question du rôle du tattoo artist : "Le tatouage est un moment de vulnérabilité, que ce soit sur le plan physique ou psychique ! Donc c'est aussi notre travail d'accompagner les clients.es pour qu'ils se sentent à l'aise et entendu.e.s". La base.

L’infréquentable, 11, place Saint-Hubert, 59800 Lille.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par tati salty (@saltymommy_) le


Charlee, tatoueuse féministe queer et fondatrice du shop Sibylles, à Bordeaux.

Sibylles, c’est avant tout une plateforme féministe d’échanges et de communication 100% engagée. Salon de tatouage, salon de thé bio et éthique à l’atmosphère cosy et relaxante, club de lecture et petite galerie d’art, tout y est. "Ce salon, c'est vraiment une façon de militer à mon échelle en tant que féministe queer !", affirme Charlee. Son mantra ? "Incarnez le changement que vous voulez voir dans le monde”. Loin des clichés du salon tradi, ce cocon en impose. Et ce, jusque dans le nom : “Je voulais faire un clin d'oeil aux sorcières, traquées pour être des femmes libres, indépendantes et qui disposaient de leur corps comme elles le souhaitaient." Pour mettre fin à un système patriarcal, quoi de mieux que de célébrer des femmes puissantes ?

Sibylles, 3, rue Beaubadat, 33000 Bordeaux

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par Sibylles (@sibylles.shop) le


Chebeuh, tatoueuse en région parisienne

Son point d’honneur ? La représentation de toutes les personnes. Car, à l’heure du changement - les dessins aussi s’offrent une conscience politique : "Je veux représenter la femme noire, la femme LGBT et le self love ! Je veux que tout le monde puisse se sentir représenté quelque part.” Dans une quête vers plus d’inclusivité, il est important de questionner les normes de genre, comme le souligne l’artiste : “J’essaye de mettre à l’aise tout le monde parce que c’est important de se sentir en sécurité partout où on va. J’ai même écrit mes contrats clients/tatoueur.euse en écriture inclusive avec ‘homme/femme/autre’ ". Son conseil, en cas de doute : "Soyez vous-même et si vous sentez que votre tatoueur est un petit con, dites-vous qu’il ne mérite pas de foutre son art sur votre corps." Simple, mais terriblement efficace.

 

Maâ, tatoueuse chez Yoso dans le 19ème arrondissement, à Paris

Chez Yoso, salon fondé par deux tatoueuses de talent, l’art ne s’affiche pas que sur les peaux. Dans une atmosphère arty cool à la déco écolo chic, le tatouage, le graphisme, l’édition et l’événementiel s’entremêlent. Pour ne rien gâcher, ici, les femmes sont à l’honneur. "De par mon expérience, j’ai constaté que les femmes sont peu présentes au sein des tattooshops. C’est d’ailleurs ce qui m’a motivée à rejoindre l’aventure Yōso, salon qui fait la part belle aux tatoueuses”, précise la résidente. Dans ce lieu prisé du Nord Est parisien, pas de jugement. Car la relation entre le/la pro et le/la client.e se doit d’être “marquée par la bienveillance et le respect”. On valide.

Yoso, 5, Rue Euryale Dehaynin, 75019 Paris

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par Yōso (@yosoparis) le

 

 

 

 

 

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires