#PayeTonBurnOutMilitant : les militantes féministes sont épuisées et le font savoir sur Twitter #PayeTonBurnOutMilitant : les militantes féministes sont épuisées et le font savoir sur Twitter

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#PayeTonBurnOutMilitant : les militantes féministes sont épuisées et le font savoir sur Twitter par Anne Lods

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Publié le Samedi 13 Juillet 2019

L’association ‘Féministes contre le cyberharcèlement’ a annoncé dans un communiqué qu’elle arrêtait d’accompagner les victimes, lassée en partie par le manque de moyens mis en oeuvre par le gouvernement pour les y aider. Depuis jeudi, sous le hashtag #PayeTonBurnOutMilitant, les activistes prennent la parole sur Twitter et expriment leur épuisement.

La créatrice du Tumblr "Paye Ta Schnek", Anaïs Bourdet, en a inspiré d’autres en cessant son activité de cyber-militante il y a quelques jours, émotionnellement éreintée par la tâche qu’elle avait entrepris 7 ans plus tôt. Soit  : relayer les témoignages des femmes victimes de harcèlement. Ce jeudi 11 juillet, c’était en effet à l’association Féministes contre le cyberharcèlement d’annoncer dans un communiqué sur Twitter qu’elle arrêtait son accompagnement aux victimes. Les raisons ? L’épuisement des cinq bénévoles qui ne peuvent plus porter à elles-seules le manque de moyens mis en place par le gouvernement pour aider des femmes toujours plus nombreuses à subir les violences et le harcèlement


Cette colère et cette fatigue, on l’appelle aujourd’hui "burn-out militant". Il résulte d’une part de l'accumulation de compassion des femmes engagées face aux témoignages pléthoriques de violences ou de harcèlement. Il est aussi déclenché par la prise de conscience qu’aucun moyen n’est mis au point dans les hautes sphères politiques pour pallier le problème. Les petites associations n'ont pas les moyens de tout porter sur leurs épaules. "Nous ne pouvons plus faire le travail de l’État à nos dépends, peut-on lire dans le thread Twitter de l’association Féministes contre le cyberharcèlement. Notre militantisme nous épuise, et le mépris affiché par les autorités concernées pour ces questions de soin et d’accès à la justice nous met en danger. "

Interrogée par Numerama, la co-créatrice de l'association, Laure Salmona, a d’ailleurs précisé qu’à l’origine, leur association n’avait pas pour but de devenir un organisme d’aide direct aux femmes harcelées. Pourtant, les membres se sont souvent retrouvées à accompagner des femmes en danger qui n'avaient personne d'autre à qui s'adresser. "On s’est retrouvées à devoir faire ce que personne ne pouvait faire", leur a-t-elle confiée. Gratuitement qui plus est. "Quand tu commences ta deuxième journée de travail chaque soir à 19h00 et que tu sais que tu ne seras jamais rémunérée pour toutes ces heures passées à pallier les défaillances de l’État.", peut-on lire dans un de ses tweets. 
Dorénavant, pour préserver leur "équilibre émotionnel et psychique", les cinq membres de l'organisation ne répondront plus aux messages privés sur les réseaux sociaux. Elles ne se concentreront plus que sur les activités que l'association avait à l’origine, à savoir "le plaidoyer, l’information, la sensibilisation et la formation".


En réaction à ce ras-le-bol, le hashtag #PayeTonBurnOutMilitant a été lancé sur Twitter et, depuis jeudi, les militantes féministes s’y réunissent pour exprimer leur colère. Des témoignages qui ont pour but de faire réagir, notamment Marlène Schiappa. Car si la Secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes dit avoir voulu faire des violences faites aux femmes un cheval de bataille, les associations se sentent plus qu’oubliées. A la veille du "Grenelle des violences conjugales" qui se tiendra à Matignon à la rentrée prochaine, il serait peut-être temps de mettre les moyens dans l'accompagnement des femmes victimes de harcèlement et de violences mais aussi des associations.

 

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