"#PayeTaPlainte" : les victimes de violences sexuelles se rebiffent "#PayeTaPlainte" : les victimes de violences sexuelles se rebiffent

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"#PayeTaPlainte" : les victimes de violences sexuelles se rebiffent par Laura Carreno-Müller

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Publié le Mardi 3 Avril 2018

Face à une mauvaise prise en charge de leurs plaintes, les victimes de violences sexuelles et sexistes ont décidé de ne plus se laisser faire. Près de 500 d'entre elles ont livré leurs témoignages à l'association féministe Groupe F. Une mobilisation baptisée #PayeTaPlainte.

Mardi 3 avril 2018, 500 victimes de violences sexuelles et sexistes (femmes et hommes) ont décidé de livrer leurs témoignages au Groupe F, une association féministe lancée  par Caroline de Haas. Dans la même veine que le blog Paye Ta Police, qui a collaboré à cette nouvelle démarche, les victimes ont levé le voile sur la mauvaise prise en charge de leurs plaintes par des officiers de police. Le résultat de cette opération, relayée sur les réseaux sociaux avec le hashtag #PayeTaPlainte, fait froid dans le dos, certains témoignages remontant même jusqu'à 2016.

Un phénomène très loin d’être nouveau

En janvier 2018, après le scandale Weinstein, les plaintes pour viols et agressions sexuelles avaient bondi de 12% et 10% respectivement, d'après une étude du ministère de l'Intérieur. Celles enregistrées par les forces de l’ordre avaient également augmenté de plus de 30%. Un an plus tôt, en février 2017, l’Observatoire National de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) relevait, dans une étude, que seulement 19% des victimes de violences effectuent un déplacement au commissariat pour déposer plainte tandis que 62% d’entre elles préféraient se taire.
Mais s’il y a une libération de la parole du côté des victimes, c’est le comportement des autorités face à elles qui reste choquant : banalisation, victim-blaming et même refus de prendre une plainte en compte, toutes ces pratiques sont monnaie courante au commissariat mais sont loin d’être récentes. On se rappelle encore de la vidéo du journaliste et réalisateur Raymond Depardon montrant le comportement inacceptable d’un policier face à une victime de viol. Les faits datent de 1983, soit d’il y a près de 35 ans.


Que faire pour une meilleure prise en charge ?   


Dénoncer, c’est bien. Agir, c’est mieux. Comme le précise Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol (dont la ligne d'écoute est gratuite au 0800 05 95 95), un guide de conduite existe pourtant déjà pour guider les autorités dans leur comportement avec les victimes d'agressions sexuelles (on a d'ailleurs essayé de le trouver sur Internet... En vain). "Les victimes doivent être mieux prises en compte, il leur faut un meilleur accueil", insiste-t-elle avant de reconnaître que, dans une minorité des cas, certains membres des forces de l’ordre ont fait preuve d’empathie à l’égard des victimes de violences sexistes et sexuelles. Un comportement qui doit être encouragé, même dans la suite de l’enquête, selon Emmanuelle Piet : "La communication entre le parquet et les policiers peut être améliorée, pour que les enquêtes préliminaires soient plus complètes", ajoute-elle. Les témoignages récoltés par le Groupe F auront-ils l’effet escompté ? On l’espère.



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