Mondial du Tatouage : et si on rendait vraiment hommage aux tatoueuses ? Mondial du Tatouage : et si on rendait vraiment hommage aux tatoueuses ?

L'époque en live

Mondial du Tatouage : les tatoueuses se rebiffent par Laura Carreno-Müller

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Du 9 au 11 mars 2018, les tatoués se donnent rendez-vous à la Grande Halle de la Villette pour le Mondial du Tatouage. Les organisateurs de cette édition ont voulu mettre les femmes à l'honneur mais sur les 420 tatoueurs présents, seulement 55 sont des tatoueuses. Parmi elles, la berlinoise Guen Douglas, qui balance sur le sexisme auquel elle a été confrontée au fil de sa carrière.

La Grande Halle de la Villette accueille cette année la 8e édition du Mondial du Tatouage, du 9 au 11 mars 2018. Cette année, les organisateurs de la convention ont voulu booster la présence féminine mais pas au détriment de la qualité du tatouage en sélectionnant les artistes "pour leur talent et non pour leur sexe". Résultat: seulement 1 tatoueur sur 7 participant à cet événement est une femme. Dans ce petit lot, on a déniché Guen Douglas, tatoueuse basée à Berlin. 

Glamour : Comment êtes-vous devenue tatoueuse ? Était-ce votre premier choix de carrière ?
Guen Douglas : Je suis d’abord allée à l’université pour étudier la littérature anglophone et la criminologie, car je voulais devenir avocate. La plupart des tatoueurs ont d’abord une carrière dans une profession atypique. J’ai ensuite travaillé dans des bars et des restaurants, en prenant conscience que ce n’était plus ce que je voulais faire. Je me suis intéressée à l’art du tatouage parce que c’était un bon moyen de voyager. J’en suis tombée amoureuse progressivement et un jour, enfin, un tatoueur m’a pris sous son aile. Ce qui n’est pas fréquent pour les femmes.

G : Comment avez-vous réussi à trouver votre place dans cette industrie, prioritairement masculine ?
G.D : L’une de mes expressions préférées est "la nécessité est la mère de l’invention". Quand j’ai commencé il fallait que je trouve mon style de dessin si je voulais continuer. Quand je travaillais dans les bars, mes clientes étaient surtout des femmes. Elles me laissaient m’entraîner sur leur peau, ce qui m’a permis de développer mon propre style. Il fallait que j’apprenne à tatouer comme une femme pour me démarquer et pas comme un homme.

G : Avez-vous déjà été confrontée au sexisme, durant votre carrière ?
G.D : Bien sûr ! Dans une industrie majoritairement masculine, la misogynie est reine. En ce moment, les choses changent, ce qui ne plait pas à tout le monde. Maintenant, les hommes pensent que nous, les femmes, sommes privilégiées. Ce qui est drôle car, pendant des années, personne ne voulait nous former à cause de notre sexe. Tout le monde insinuait qu’il fallait que l’on couche avec nos patrons pour réussir. Dans mes débuts, les remarques venaient surtout des clients : on demandait à parler au tatoueur et je devais préciser que c’était moi. Ça venait aussi des patrons, qui ne me confiaient pas forcément les dessins que je voulais faire, à l’époque.


Crédit photo : LCM 

G : Vous rendez hommage à la sensualité et à l’anatomie féminine dans votre art : pourquoi ?
G.D : Je rends hommage aussi à l’anatomie masculine. C’est agréable à voir. On me dit parfois que ces dessins sont pour les homosexuels, ce qui me montre que l’on s’attend toujours à ce que le public soit masculin, alors qu’il peut être féminin. Comme pour un homme face à une femme, ça peut être sexy pour nous de voir un homme en petite tenue. On aime que les hommes puissent assumer un côté plus fou et drôle de leur personnalité.  Les femmes aiment également prendre leur sexualité et leurs corps avec humour. Pourquoi devrions-nous avoir peur de l’anatomie humaine ?

G : Comment le tatouage contribue-t-il à l’empowerment des femmes ?
G.D : Le tatouage aide tout le monde à se sentir plus confiant. C’est un moyen de communiquer lorsque l’on a l’impression de ne pas pouvoir être entendu. Les tatouages montrent au monde qui nous sommes et à quel genre de groupe nous appartenons. On voit ça aussi avec les tatouages de prisonniers, arborés comme un doigt d’honneur à la société.

G : On a tous des femmes qui nous ont inspiré(e)s : quelles sont les vôtres ?
G.D : C’est peut-être bête, mais ma mère est ma première inspiration. Elle m’a élevée seule pendant longtemps. C’est grâce à elle si aujourd’hui je voyage beaucoup, car elle l’a fait avant moi. Elle m’a montré que c’était facile. Dans le domaine du tatouage, j’aime les tatoueuses qui sont capables de montrer que l’on peut être une femme sans être obligée de faire des dessins délicats, celles qui montrent que l’on peut être femme et puissante à la fois. Les tatoueuses Rachi Brains et Onnie O’Leary le font. Elles cassent les règles selon lesquelles une femme doit tatouer comme une femme. Je suis aussi fan de Dolly Parton.

Le Mondial du Tatouage, c'est du 9 au 11 mars 2018 à la Grande Halle de la Villette au 211 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris



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Mme M.

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