#MeToo : oui, les plaintes contre le harcèlement sexuel baissent aux Etats-Unis, mais ce n’est pas que réjouissant #MeToo : oui, les plaintes contre le harcèlement sexuel baissent aux Etats-Unis, mais ce n’est pas que réjouissant

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#MeToo : oui, les plaintes contre le harcèlement sexuel baissent aux Etats-Unis, mais ce n’est pas que réjouissant par Anne Lods

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Publié le Mardi 6 Août 2019

Selon une étude établie par le Harvard Business Review, les plaintes contre le harcèlement sexuel au travail auraient baissé… Mais ça ne serait pas forcément signe d’accalmie. Décryptage de cette étude.

Cela fait bientôt trois ans que le hashtag #MeToo a envahi les réseaux sociaux et surtout, notre quotidien. Le bon moment pour faire un point : les choses ont-elles changé ? Les rapports entre les hommes et les femmes, notamment au travail, se sont-ils modifiés ? 
Pour répondre à ces questions, des chercheuses américaines ont mené l’enquête et publié les résultats dans le Harvard Business Review le 18 juillet dernier. Et pour ce faire, elles ont interrogé 250 travailleuses américaines en 2016, avant que le hashtag #MeToo n’explose, sur l’omniprésence du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail et l’impact que celui-ci avait sur leurs performances. 31 femmes américaines ont également partagé leur expérience personnelle avec les chercheuses. Ensuite, en septembre 2018, soit deux ans après la vague, elles ont mené une seconde enquête auprès de 263 autres individus tandis que d’anciennes interrogées leur apportaient également leur point de vue. Cette enquête visait donc à comprendre pourquoi et comment les changements post-#MeToo s’étaient manifestés. 

Tout d’abord, il faut noter que le harcèlement sexuel a été mesuré sous trois dimensions : le "harcèlement sexuel" qui regroupe ce qui est remarques sexistes, histoires inappropriées ou encore divulgation de documents sexistes, également "l’attention sexuelle" qui définit les comportements déplacés comme les regards soutenus ou les attouchements (de soi ou de l’autre), et enfin, la "contrainte sexuelle", qui prend en compte tout ce qui consiste à corrompre ou faire pression sur les femmes pour qu’elles adoptent un comportement sexuel.
D’après ces recherches, les chercheuses ont constaté que moins de femmes avaient signalé quelques contraintes sexuelles ou attentions sexuelles non souhaitées avec la résonance du mouvement. En 2016, elles étaient en effet 25% à déclarer avoir subi une contrainte sexuelle, contre 16% en 2018. Mieux encore, les plaintes contre attention sexuelle non désirée est passée de 66% à 25%. 

En revanche, les réjouissances sont de courte durée. Les chercheuses ont constaté en effet une très nette augmentation des signalements de harcèlement sexuel. Elles étaient 76% des femmes en 2016, contre 92% en 2018. Des chiffres qui permettent aux chercheuses de tirer la conclusion suivante. Et si les lieux de travail subissaient l’effet boomerang au mouvement #MeToo et auraient en fait augmenté l’hostilité envers les femmes ? Quelque chose qui ne serait pas étonnant, lorsqu’on sait qu’une étude a prouvé que 60% des hommes admettraient se sentir mal à l’aise à participer à des activités communes sur le lieu de travail…

Enfin, les chercheuses sont radicales, les solution ou le remède ne peuvent pas venir des femmes, et il est important que les entreprises aient conscience de ce phénomène de mise à l’écart. "Les administrations doivent prêter attention au harcèlement sexuel, y compris à l'intimidation et aux commentaires sexistes à l'égard des femmes, ont-elles écrit. Il est important que les organisations en soient conscientes, car une exposition constante au harcèlement sexuel peut tout aussi nuire." Et à tout le monde. Les solutions possibles ? Recruter des alliés masculins dans le débat au sein des entreprises, créer des lois qui protègent les employés les plus vulnérables (souvent victimes de leurs chefs), offrir des formations de sensibilisation au harcèlement ou encore insérer des clauses anti-harcèlement dans les contrats. A voir. 

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