Lola Dubini : "il faut absolument simplifier les démarches pour lutter contre le cyberharcèlement" Lola Dubini : "il faut absolument simplifier les démarches pour lutter contre le cyberharcèlement"

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Lola Dubini : "il faut simplifier les démarches pour lutter contre le cyberharcèlement" par Tess Annest

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Publié le Mercredi 23 Octobre 2019

Mardi 15 octobre 2019, Facebook récompensait les 12 lauréats de son Fonds pour le civisme en ligne. L’occasion pour le réseau social de réaffirmer son engagement dans la lutte contre le harcèlement en ligne. Et pour Lola Dubini, personnalité engagée et membre du jury, de se confier sur ses attentes en la matière.

Après une première année riche en projets, Facebook a récompensé les douze lauréats de son tout premier Fonds pour le civisme en ligne. Parmi eux, l’association Civic Fab et l’application App-Elles- la première permettant aux victimes de violences de contacter immédiatement des personnes de confiance. Le réseau social a ainsi réaffirmé son engagement dans la lutte contre le harcèlement et les discours de haine et a rappelé son combat pour le développement de l’esprit critique dès le plus jeune âge.

"Les harcèlements, maux de notre génération"

Parmi les jurés : la comédienne et chanteuse Lola Dubini, très impliquée dans la lutte contre les harcèlements. "Selon moi, ils sont, aussi divers puissent-ils être, les maux de notre génération. Et de la part de Facebook, la démarche- celle de débloquer des fonds pour tenter de faire bouger les choses-, est intelligente et audacieuse". Il faut dire que pour le réseau social, ce Fonds pour le civisme en ligne est une véritable remise en question et une manière de faire face à ses responsabilités. "Que Facebook, qui est l’un des réseaux sur lesquels on se fait le plus harceler, mette en place ce genre d’initiatives montre que certains sont concernés et c’est rassurant", déclare la chanteuse. D’autant plus que ce n’est pas le cas de tous. "Twitter, qui est pourtant n°1 sur le harcèlement, ne fait rien", rappelle-t-elle avant d’expliquer en avoir elle-même fait les frais. "Récemment, j’ai été prise à partie par des hommes responsables d’université. Pendant une semaine, j’ai été leur cible : ils ont fait des montages avec mon visage sur un cochon de lait à la broche. Les insultes ont été diverses, variées, violentes et rudes".

Des démarches à simplifier

Lola Dubini a donc décidé de se tourner vers Pharos, la plateforme gouvernemental qui permet de signaler des contenus ou comportements illicites et de commencer les démarches de dépôt de plainte pour harcèlement en ligne. Mais selon l’influenceuse, "le chemin est long et laborieux et c’est pour cela que les victimes n’ont pas envie de porter plainte. Il faut absolument simplifier les démarches, continue-t-elle. Il faut le dire aux députés : pour lutter contre le cyberharcèlement, il va falloir simplifier les procédures rapidement. Car plus l’histoire traîne, plus l’intégrité des personnes est remise en question, plus ça donne envie de faire justice soi-même et plus il y a danger". Et à son acolyte, la chanteuse Joyce Jonathan, également présente ce soir-là, de préciser : "Au début d’internet, on n’a pas vraiment compris quelle place il allait prendre dans nos vies. Aujourd’hui, il est devenu un véritable espace public". Dans lequel il faut, aussi, faire appliquer les lois, donc.    

Des administrations "à dépoussiérer"

La démarche de Facebook a beau être louable, on se demande quand même comment sa mobilisation pourrait être en mesure de réellement faire bouger les autorités. Pour Lola Dubini, "plus on parle de harcèlements de manière virulente, plus le message commence à passer, plus l’État prend conscience des choses". Et plus il agit ? On reste sceptique. Mais la jeune femme est moins catégorique. "Il y a déjà de grands pas qui ont été fait, notamment par Marlène Schiappa. Certains disent que ça ne va pas assez vite mais je pense que nos administrations sont tellement vieilles que les dépoussiérer prend du temps. Effectivement, il faut que le gouvernement aille plus loin et avance plus vite mais chaque chose en son temps". Quoi qu’il en soit, le Fonds pour le civisme en ligne de Facebook sera reconduit pour une seconde édition et le combat reste le même : lutter activement contre le cyberharcèlement. Espérons qu’il porte à nouveau ses fruits.

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