Les personnes en situation de handicap, grands oubliés de la loi Elan Les personnes en situation de handicap, grands oubliés de la loi Elan

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Les personnes en situation de handicap, grandes oubliées de la loi Elan par Tess Annest

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Publié le Jeudi 7 Juin 2018

Du 1er au 8 juin 2018, l’Assemblée nationale examine les nombreux points de la loi Elan sur l’évolution du logement, de l'aménagement et du numérique. Mais l’amendement 18, qui traite des logements neufs accessibles et aux personnes en situation de handicap, nous pose un sérieux problème. On vous explique pourquoi.

En ce moment, les députés ne chôment pas : après le gros dossier de la loi alimentation, ils s'attaquent du 1er au 8 juin à la loi Elan. Problème : parmi les amendements qui viennent d'être adoptés, on trouve la diminution du quota obligatoire de logements neufs et accessibles aux personnes handicapés, qui passe de 100% à…10%. Vous avez dit décevant ?  Pour Jean-Louis Garcia, président de la Fédération APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés), c’est pire que ça. "C’est un recul historique, une catastrophe honteuse. Le Président Macron renie sa pensée de candidat. C’est une faute politique à l’encontre des plus faibles" s’insurge-t-il. Jusqu’à présent, tout logement neuf devait être construit de façon à être accessible aux personnes à mobilité réduite. Mais, selon l’amendement 18, seuls 10% des nouveaux logements devront désormais être conformes aux normes d’accessibilité, les 90% restant étant censés devenir évolutifs (ou adaptables). Une notion floue, qu’on a demandé au secrétariat général du Ministère de la Cohésion des territoires de définir. Sa réponse : il s’agirait de revoir la répartition des surfaces d’un logement afin de permettre, par exemple, des rotations de fauteuil roulant dans un logement. Un appartement "évolutif" serait donc pensé et conçu avec des cloisons facilement déplaçables pour que, si le besoin se présente, elles puissent être simplement déplacées.

A première vue, le projet sonne plutôt bien. Mais en pratique, on a du mal à imaginer les promoteurs immobiliers s'adapter à ces contraintes. Là-dessus, le secrétariat du Ministère de la Cohésion des territoires reste d'ailleurs muet... Selon le président de l’APAJH, ce concept est un leurre total. "Le gouvernement annonce que les travaux pour rendre les logements évolutifs seront réalisables à moindre coût, mais que signifie vraiment un moindre coût ?" s’interroge-t-il. La question reste elle aussi en suspens. Inquiétant, quand on sait que notre société est vieillissante, et qu'on vit aujourd'hui plus vieux, mais en moins bonne santé qu'auparavant... Nos seniors (et nous, demain) auront donc certainement du mal à se loger, les habitations accessibles aux personnes en situation de handicap risquant de devenir très chères du fait de leur rareté. "On est en train de bâtir une société de l’exclusion, bien loin de la société inclusive que prône le gouvernement, poursuit Jean-Louis Garcia, et l’amendement 18 cantonne les personnes à mobilité au rez-de-chaussée". Triste réalité.

 

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