Les algorithmes sont-ils en train de pourrir notre vie ? Les algorithmes sont-ils en train de pourrir notre vie ?

L'époque en live

Les algorithmes sont-ils en train de pourrir notre vie ?

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Omniprésents, les algorithmes facilitent notre existence mais la rendent aussi plus prévisible et lisse. Bonne nouvelle, tout n'est pas perdu. La preuve en trois point.

Idée reçue n°1 : Les algorithmes nous enferment dans l’entre-soi”

Google passe en revue mails et historique de navigation pour personnaliser votre moteur de recherche. Les algorithmes “d’apprentissage“ d’Amazon ou Spotify anticipent pour vous vos besoins et envies selon ce que vous aimez déjà (c’est pour ça que vous ne passez jamais de Céline Dion à Booba). Partout, on vous caresse dans le sens du poil. Le but ? Créer un cocon d’auto-satisfaction pour vous faire rester et consommer. Plus qu’une agora où se confrontent les idées, les algorithmes semblent faire des Internets un centre commercial géant, qui dirige nos vies selon des statistiques. #youpi
En réalité : rien de neuf sous le soleil, d’après Gilles Dowek, chercheur en informatique à l’INRIA et co-auteur du Temps des algorithmes. “C’est une tendance très naturelle des êtres humains de rester dans leur zone de confort. La bourgeoisie avait ses stratégies pour que les jeunes restent entre eux et évitent les mésalliances. Allez-vous acheter un magazine d’un bord politique complètement opposé ? Non.“ Les algorithmes n’ont pas faits de nous des personnages auto-centrés et fermés d’esprit : nous l’étions déjà. #ouf

Idée reçue n°2 : “Les algorithmes veulent dominer l’Homme”

L’algorithme-bashing ? Pas très utile, puisque ces formules automatisées sont avant tout à l’image de leur créateur. “Ce ne sont pas des météorites tombées du ciel qui vont nous exterminer, comme les dinosaures, rappelle Gilles Dowek. Les hommes les ont construit selon leurs aspirations : mieux comprendre le monde, être plus savant, partager nos connaissances, communiquer avec les autres. Aujourd’hui, la seule chose que les migrants gardent avec eux, c’est le téléphone. Sur Wikipédia, je peux me cultiver et penser par moi-même. Le tracteur du paysan avec GPS peut se conduire tout seul. On peut apprendre le Chinois depuis le fin fond de la Lozère.“
En réalité: si nous changeons, les algorithmes suivront le mouvement. À nous de ricocher pendant une heure sur Wikipedia pour passer de la fiche de Bella Hadid à celle de Yasser Arafat, de jeter un œil à la filmographie de Shah Rukh Khan plutôt que de remater Baywatch. Au lieu de cocher des critères (âge, localisation, CSP…) de notre moitié idéale sur les applis de rencontres, militons pour un site de matching qui proposera des dates WTF, remettant le hasard au centre du game.

Crédit : Getty

Idée reçue n°3 : “C’est impossible de lutter contre les géants du web”

Malheureusement, la passivité des internautes donne carte blanche aux géants du Web, faisant des algorithmes une menace plus qu’une chance. “Il y a un vrai déficit d’éducation, beaucoup d’utilisateurs, par paresse ou manque de volonté, acceptent tout. Si Facebook ne produisait pas de richesse en vendant nos données, nous n’aurions que 50 euros à payer par an pour notre liberté“, souligne Gilles Dowek.
En réalité : on peut passer en mode slow-résistance : militer pour des algorithmes éthiques, enfumer Google avec des recherches incongrues (type Jackie et Michel au 6ème mois de grossesse), utiliser des logiciels libres ou le moteur de recherche Qwant (qui ne mémorise pas vos recherches précédentes). Avec un peu de chance, demain, on ne se réveillera pas dans un épisode de Black Mirror.

Lucile Quillet

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