Jawad Bendaoud devient encore un mème, et on ne trouve plus ça très drôle… Jawad Bendaoud devient encore un mème, et on ne trouve plus ça très drôle…

L'époque en live

Ne serait-il pas temps de cesser de rire de Jawad Bendaoud, dit "le logeur" ? par Carole Cillec

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

3 minutes

Publié le Lundi 8 Avril 2019

Vendredi 29 mars 2019, Jawad Bendaoud a été condamné à quatre ans de prison pour avoir hébergé les responsables des attentats de Paris et Saint-Denis. Mais, plus encore que le verdict, c’est son entrée dans la salle d’audience qui a retenu l’attention, au point qu’un nouveau mème est né dans la foulée. Amusant ? Pas tant que ça...

Depuis son arrestation surréaliste sur un trottoir de Saint-Denis, en direct sur BFMTV, le 18 novembre 2015, Jawad Bendaoud a régulièrement prouvé son potentiel comique, avec ses punchlines absurdes et ses attitudes de matamore idéales pour faire des vannes en 140 caractères. Rebelote vendredi 29 mars 2019, date du verdict de son procès : plutôt que les quatre ans de prison ferme et les fortes amendes auxquels il a été condamné, c’est son attitude face aux photographes qui a été commentée sur les réseaux. Torse bombé et regard noir, il n’en fallait pas plus pour que Jawad Bendaoud devienne une nouvelle fois un mème, grâce à un concours de titres dont Twitter a le secret.

Dès le lendemain du verdict, la vanne était reprise en masse jusqu'aux Etats-Unis, et faisait la Une de nombreux médias Web. Jawad Bendaoud devenant à nouveau ce bouffon qui amuse la galerie avec ses frasques involontaires. Or, rien n’est très drôle, au fond, dans cette affaire, dont l’acteur principal est un homme perturbé et lourdement médicamenté, comme le montrait bien Libération dans son portrait publié en avril 2018. Un article qui évoquait "l’inframonde vertigineux" où ces fameuses 40 secondes sur BFMTV l'ont plongé, et dans lequel starification et cyber-harcèlement sont devenus indémêlables. La toile de fond du procès, dont il vient d’être reconnu coupable, est encore plus sordide : les attentats de Paris et Saint-Denis, qui ont fait 130 morts, 413 blessés et laissé notre société K.O.

C’est évidemment ce contexte qui nous a collectivement poussé à rire de l’hébergeur des terroristes, dans un grand mouvement cathartique. Tout au long du procès, ses avocats n’ont d’ailleurs eu de cesse de répéter que "Jawad Bendaoud est celui dont on a trop ri après avoir trop pleuré". Mais, quatre ans plus tard, il serait peut-être temps de reconsidérer le rôle de bouffon auquel on ne cesse de l’assigner.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires