Congé paternité : le témoignage d’un père convaincu Congé paternité : le témoignage d’un père convaincu

L'époque en live

"J’ai pris un congé paternité et c’était incroyable"

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

6 minutes

Publié le Jeudi 28 Juin 2018

"Papa où t’es ?" Mercredi 28 juin 2018, Libération consacrait sa Une au congé parental, qui ne convainc toujours pas les pères : aujourd’hui, seul un homme éligible sur cent en prend un. Jessie, 39 ans, a fait ce choix. Il nous raconte son expérience.

À deux, c’est mieux
"Quand je compare l’arrivée de mon premier enfant à celle du deuxième, je me demande comment j’ai fait. À l’époque, j’avais juste pris le congé offert, soit un peu moins de dix jours, parce que je ne pouvais pas me permettre plus. J’ai énormément souffert de ça. J’avais l’impression qu’à chaque fois que je rentrais du boulot, je devais me battre pour trouver ma place dans le cocon formé par la maman et le bébé et que, tous les jours, je perdais un peu du combat gagné la veille. Cette fois, je voulais qu’on l’élève à deux. D’abord, par conviction féministe : j’ai eu la chance d’être éduqué par un papa qui s’occupait des taches ménagères. Je l’avoue, j’ai parfois tendance à laisser la charge mentale à mon épouse, mais j’ai travaillé sur moi quotidiennement pour m’améliorer et la soulager. On demande beaucoup trop aux femmes : s’occuper seule d’un nouveau-né, quand tu viens d’accoucher et que tu n’es pas forcément dans des conditions physiques idéales, c’est impossible ! Et puis j’ai pu voir notre bébé grandir, je l’ai choyé. C’est tellement incroyable, cet être qui vient de naitre, qu’il faut partager chaque seconde."

Un sacrifice quand même ?
"Quand j’entends ce chiffre d’un homme sur cent, je trouve ça aberrant. C’est dommage pour les hommes, c’est dommage pour la société… Mais je comprends leurs raisons : c’est compliqué niveau carrière. J’ai dû mettre la mienne entre parenthèse pendant un certain temps. Et j’ai accepté que quelqu’un de compétent, mais hiérarchiquement inférieur à moi, prenne ma place durant mes trois mois d’absence. Niveau budget, même frustration : on gagne 400€ par mois durant le congé parental, ce qui est très peu, surtout avec l’arrivée d’un bébé – d’autant que ma femme était alors au chômage. Du coup, j’ai négocié avec mon entreprise trois mois de congés au total en cumulant mes congés payés et des jours sans solde, auquel se sont ajoutés les trois jours de congé de naissance accordé aux papas et les onze jours de congé paternité consécutifs (neuf jours en réalité, puisque le week-end est compris). C’est un sacrifice. Il faut le préparer en amont, avoir des économies de côté. Et cette année, je sais que j’aurai très peu de vacances d’été. Mais ça vaut le coup."

Quand on veut, on peut
"J’ai conscience que, pour un homme, prendre un congé maternité peut être mal perçu. Mon père me faisait souvent la blague "T’es encore en vacances ?", comme si s’occuper d’un enfant, ce n’était pas du travail… Mes potes, qui ont eu des enfants sans pouvoir prendre de congé parental, m’ont vu comme un privilégié, ils me disaient : "Tu travailles dans une entreprise qui est plus cool que d’autres". C’est vrai que mes N+1 sont des femmes, ça a peut être aidé. Mais en réalité, je pense qu’il faut juste se donner la peine, car malheureusement, on vit dans un pays où il n’est pas encore évident de rester chez soi avec son bébé quand on est un homme." 

Ophélie Manya

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptés à vos centres d’intérêts, dans le respect de notre politique de confidentialité. Cliquez ici pour en savoir plus