Interdiction de la fessée : "Le problème c’est justement qu’on utilise encore le terme de fessée" Interdiction de la fessée : "Le problème c’est justement qu’on utilise encore le terme de fessée"

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Fessée : va-t-on en finir avec cette pratique d'un autre âge ? par Tess Annest

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Publié le Vendredi 30 Novembre 2018

Le 29 novembre 2018, une proposition de loi pour interdire la fessée et tout autre châtiment corporel sur un enfant, sera à nouveau soumise au vote à l'Assemblée nationale. Problème : le débat tourne autour d’une fessée datée, et bien loin de la réalité des foyers français.

Mise à jour du 30/11/18

L'Assemblée nationale à voté dans la nuit du 29 au 30 novembre 2018 une proposition de loi visant à interdire les "violences éducatives ordinaires", comme les fessées ou gifles. Le texte a été adopté en première lecture par 51 voix contre une et trois abstentions. Il ne reste désormais que le vote du Sénat pour que la fessée soit  définitivement interdite. Elles ne seront bientôt plus qu'un mauvais souvenir pour les enfants. 



                                                                                                                                               - - -

En matière de châtiment corporel sur les enfants, la France fait figure de dinosaure. En effet, seuls quatre autres pays européens n’ont pas encore interdit les violences éducatives ordinaires (VEO) : la Belgique, l’Italie, la République Tchèque et le Royaume-Uni. Pourtant, les tentatives de loi n’ont pas manqué. Déjà en 2016, un amendement modifiant le Code civil avait été voté, mais il avait finalement été censuré par le Conseil constitutionnel pour des raisons de procédure. Aujourd’hui, la question de l’interdiction de la fessée refait surface. Plusieurs personnalités politiques, dont la Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, ont pris position en faveur du projet de loi actuel. Celui-ci prévoit d’inscrire dans la loi l’interdiction des châtiments corporels, des brimades et humiliations verbales et psychologiques, mais n’envisage pour autant aucune sanction pénale. Et c'est dommage, la France ayant du mal à se défaire des mauvaises habitudes en matière de violence contre les enfants, comme l'explique la pédopsychiatre honoraire Nicole Garet-Gloanec.

Selon elle, il faudrait même carrément remettre en cause notre façon de parler du problème : "Aujourd’hui, on est incapables d’utiliser les termes corrects, mais les violences éducatives ordinaires faites aux enfants ne s’arrêtent absolument pas à la fessée", explique-t-elle. Celle-ci est datée, aussi bien dans le geste, qui nécessite de retourner l’enfant et parfois même de lui retirer ses vêtements pour le brimer, que dans le terme", poursuit-elle. Le débat public apparait donc pollué par un terme incorrect, qui exclue automatiquement les coups rapides répétés (gifles, tirages de cheveux ou d’oreilles…). Gestes qui, selon les spécialistes, sont les violences les plus fréquentes faites aux enfants dans le cadre familial. Par ailleurs, il paraît important de rappeler que la violence, surtout celle faite aux enfants, est interdite en France. Et comme le dit bien la spécialiste, "lever la main sur un enfant, de quelque manière que ce soit, c’est une violence". Une étude américaine publiée en 2014 a d'ailleurs prouvé que la fessée entrainait "des effets négatifs sur le comportement des enfants et sur leur développement cognitif". Il suffirait donc d’inscrire cette précision dans la loi pour que les violences éducatives ordinaires soient "purement et simplement bannies de manière naturelle".

Mais le problème n'est pas qu'une question de terminologie, et la fessée (et toutes les autres violences éducatives ordinaires) risquent d'avoir de beaux jours devant elles... Car si les députés et les ministres ont l’air d’avoir intégré l’urgence de la situation, son interdiction remet en cause la notion d’appartenance des enfants à leurs parents, une idée encore très ancrée dans la majorité des familles françaises. On le rappelle, un enfant n'est pas un objet. 

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