Instagram : quand les mannequins grosses sont censurées Instagram : quand les mannequins grosses sont censurées

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Instagram : quand les mannequins gros sont censurés par Zoé Puyremond

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Publié le Lundi 18 Février 2019

Le 9 février 2019, le compte Instagram Petit Patron voyait un de ses posts censuré par la plateforme. Celle-ci a jugé la photo "pornographique", parce qu'elle montrait un mannequin gros en culotte…

Le 7 février 2019, Margaux Faes, créatrice de la marque de patrons Petit Patron, dévoilait à sa communauté ses nouveaux modèles de lingerie allant du 34 au 56, en publiant sur Instagram des photos d'elle et de trois jolies jeunes femmes. Un cliché censuré deux jours plus tard par la plateforme. La raison : il ne respecterait pas "les community guidelines sur la nudité et la pornographie" d'Instagram. Mais c'est en réalité le fait qu'un des mannequins, qui pose en culotte mais cache bien ses seins avec ses deux mains, est gros. Et si, mercredi 13 février 2019, la plateforme rétablissait la publication, elle disparaissait une nouvelle fois le 15, avant d'être restaurée définitivement dans la journée.

Une censure bien connue des utilisateurs.trices du réseau social appartenant à Facebook. Il y a un peu plus d’un mois, l'influenceuse et étudiante en mode Mathilde Navarro avait également vu un de ses posts supprimé : trois photos d’elle vêtue d'un haut rouge et d'un jean noir, "effacées car elles ne 'correspondaient pas à leurs règles'", détaille la jeune femme. En 2015, c'est carrément tout un hashtag que censurait Instagram #Curvy, qui selon le réseau servait à référencer des images érotiques, et non pas des clichés montrant des femmes grosses.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

NOUVEAUX PATRONS mais pas seulement ! Ahhhhhhhh ! Cela fait 8 mois qu’avec @noemie.veinman on travaille sur les premiers patrons 100% Petit Patron de lingerie. On est donc ultra méga contente de pouvoir enfin vous présenter le soutien-gorge Marcus et la culotte Paola. Vous êtes nombreux a avoir trouvé la bonne réponse hier ! Et pour tout ceux qui pensaient à un maillot de bain, j’ai une bonne nouvelle, c’est vrai aussi ! Aujourd’hui, en plus de vous présenter nos deux nouveaux patrons on vous présente le nouveau projet sur lequel on travaille depuis 2 ans (enfin avec quelques pauses je vous rassure) : le premier ebook couture Petit Patron ! Pour ce premier ebook la thématique est « Coudre sa lingerie ». Pour aller plus loin qu’un patron, il y a le cours de couture. On avait envie de vous proposer un entre-deux, qui reste accessible à tous grâce à son format PDF et c’est ainsi que l’ebook est né. On vous en parlera plus en détail au fur et à mesure des posts. Alors, prêt à coudre votre lingerie ? . Photos par @mamzellejoephotographie Et maquillage @marionmaquillage . #petitpatroncoutre #petitpatronmarcus #petitpatronpaola #coudresalingerie #couture #patrondecouture #passioncouture #projetzerodechet #coutureaddicte #sewinglove

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Un discours qui agace profondément Margaux Faes. "Il est nécessaire de dénoncer la censure de ces photos alors que d’autres, plus sensuelles ou sexuelles, ne le sont pas", clame l'entrepreneuse. Dont la démarche est militante, puisque ses patrons sur mesures sont destinés à celles qui veulent créer leur vêtements elles-mêmes "par envie ou plaisir, mais aussi, par manque de représentation". Emilie, le mannequin gros, est d'ailleurs une abonnée du compte Instagram Petit Patron qui souhaite "prendre confiance en elle" et montrer aux autres femmes qu'elles sont toutes belles, qu'importe leur taille. Et si au départ, c'est l'algorithme d'Instagram qui a détecté puis censuré la photo d'Emilie, qui montre de fait plus de surface de peau qu'une femme au corps mince, les utilisateurs ont également une grande part de responsabilité. "Le vrai problème, c'est que ce sont eux qui ont continué à la signaler, se désole Margaux Faes. Cela démontre un vrai problème de société."

Toutes ces femmes qui ne rentrent pas dans la "norme" se retrouvent en effet littéralement effacées de la Toile, et donc, invisibilisées. Dans une tribune de Libération, adressée à Instagram et publiée dans la foulée de la censure du tag #Curvy, la journaliste Virginie Ballet regrettait : "un instant, j’ai pourtant (naïvement) cru que tu pourrais être un havre pour tous". Aujourd'hui, c'est le combat d'Emilie, Margaux Faes et bien d'autres de faire du Web un espace où tous les corps ont le droit d'exister.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

half devil, half goddess.

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