Etude : l’anorexie ne serait pas qu’une pathologie psychiatrique Etude : l’anorexie ne serait pas qu’une pathologie psychiatrique

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Etude : l’anorexie ne serait pas qu’une pathologie psychiatrique

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Publié le Dimanche 21 Juillet 2019

Selon une étude internationale publiée dans la revue Nature Genetics, l’anorexie mentale ne trouverait pas ses origines uniquement dans la psyché et serait due également à un problème métabolique.

L’anorexie mentale ne serait pas que "mentale". Voilà la conclusion d’une étude internationale publiée cette semaine dans la revue Nature Genetics. Certains gènes pourraient en effet être en partie responsables de la maladie.

Des chercheurs ont voulu mieux comprendre les prédispositions génétiques des malades et ont donc comparé le génome de près de 17 000 patients atteints d’anorexie mentale, à celui de 55 500 personnes en bonne santé. Leurs conclusions sont multiples. Tout d’abord, les patients anorexiques possédaient plus fréquemment des mutations au niveau de huit gènes qui sont notamment associées à d’autres troubles psychiatriques tels que l’anxiété, les troubles obsessionnels compulsifs, la dépression ou la schizophrénie. Mais les gènes touchés sont également associés à la façon dont le corps gère son métabolisme de base, ce qui a entraîné une seconde réflexion chez les scientifiques. Les personnes anorexiques auraient un métabolisme qui les rend moins susceptibles d’avoir des maladies telles que le diabète de type 2 ou l’obésité, et qui les attireraient plus facilement vers la pratique d’une activité sportive. 
"L’anorexie se déclenche très souvent à la suite d’un régime restrictif volontaire, a expliqué au Figaro le Professeur Gorwood, psychiatre au centre hospitalier Sainte-Anne à Paris et co-auteur de l’étude. Il est possible que suite à cette privation, le corps déclenche un mécanisme morbide dû à un environnement génétique favorable.

Cette étude permet donc enfin d’envisager pour la première fois l’anorexie comme un trouble psychiatrique mais aussi physique, soit comme un trouble hybride "métabo-psychiatrique", pour les chercheurs. Un excellent moyen de déculpabiliser les patients. "On peut désormais leur expliquer que ce n’est pas leur faute, a affirmé le Professeur Howard Steigner, psychiatre et directeur du programme sur les troubles du comportement de l’Institut Douglas au Canada. On ne devient pas anorexique parce qu’on est faible, mais parce que des évènements de la vie ont déclenché des ressortis génétiques et épigénétiques." Une découverte qui permettrait également de développer de nouveaux traitements médicamenteux efficaces. 

Cependant, aux spécialistes de temporiser : tous les malades ne sont pas concernés par ce diagnostic, puisque la présence des huit variations génétiques ne permet de repérer que 5% des patients. Si on ne peut pas expliquer les complexes de l’anorexie en se basant uniquement sur cette étude, il s’agit tout de même d’une avancée car elle permet d’apporter une explication supplémentaire à une pathologie encore peu comprise. Rappelons que l’anorexie tue encore 5% à 15% des patients, faisant d’elle la maladie mentale la plus meurtrière. 

A.L

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