Etats-Unis : les femmes noires plus touchées par la mortalité maternelle

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Etats-Unis : les femmes noires plus touchées par la mortalité maternelle

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Outre-Atlantique, les mères noires sont plus touchées par la mortalité maternelle que les mères blanches. C'est le constat dressé par le journal Libération, dans un article qui dénonce les disparités raciales dans le milieu de la santé.

Dans un article publié le 4 février 2018, le journal Libération évoque le taux de mortalité maternelle élevé aux Etats-Unis. D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 700 à 900 femmes meurent chaque année pendant l’accouchement, soit trois fois plus qu’en France, tandis que 50 000 d’entre elles souffrent de complications entraînant des séquelles à vie. Une info déjà évoquée, en septembre dernier, par l’Association des pédiatres américains, qui s'alarmait également du taux de mortalité deux fois plus élevé chez les mères noires que chez les mères blanches.

Des explications insuffisantes

Pour l'OCDE, la forte prévalence de l’obésité et des maladies cardiovasculaires, ainsi qu'une difficulté d’accès au système de santé, sont les causes principales de ces complications. Mais d'après le Centre pour le contrôle des maladies, ces seuls facteurs ne suffisent pas à expliquer l'écart. Selon l'institution, "le risque de mortalité due à la naissance est 3 à 4 fois plus élevé chez les femmes noires que chez les blanches" et, "une femme noire de poids normal présente encore deux fois plus de risques de complication qu’une femme blanche obèse". Il existe donc un véritable fossé racial, particulièrement visible à New York, qui fait figure de (mauvais) exemple. Les mères noires y meurent douze fois plus que les mères blanches, selon deux études publiées en 2015 et 2016. La municipalité insiste également sur un phénomène de ghettoïsation, notamment à Brooklyn, zone à forte population noire, où les taux de complications sont les plus élevés. Pour le Dr. Deborah Kaplan, l’état des hôpitaux de la ville pousse au désinvestissement général : moins bien équipés et financés, ils sont moins attractifs pour le personnel de santé.


Quand les inégalités deviennent biologiques 

Des scientifiques et activistes vont même plus loin dans l'analyse. Dans un pays où les inégalités raciales font partie de l'Histoire autant que de l'actualité (esclavage, lois Jim Crow, violences policières, difficultés à trouver un logement, etc.), l'impact psychologique du racisme est fort. Les femmes noires souffrent d'une usure physique, selon l'activiste Elizabeth Dawes Gay. "Le racisme intrinsèque à notre société représente une source chronique de stress", développe-t-elle. Un lien entre corps et esprit qui a déjà été mis en avant par la chercheuse américaine Arline Geronimus. Dans l'une de ses études consacrées aux marqueurs de chromosomes du vieillissement, "l’organisme d’une femme noire de 50 ans paraît en moyenne sept ans et demi plus vieux que celui d’une femme blanche du même âge". Selon elle, une femme noire d'une trentaine d'années doit donc être prise en charge de la même façon qu'une Blanche de plus de 35 ans. Pour lutter contre ces disparités raciales, les New-Yorkaises se sont mobilisées et ont créé le collectif Black Mamas Matter ("Les Mamans noires comptent", en VF) en 2015. L'objectif : soutenir les jeunes mères en interpellant les acteurs de santé mais aussi le Congrès. L'organisation lutte aussi pour un meilleur suivi médical, pendant la grossesse puis la maternité.    


Laura Carreno-Müller

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