Et si le féminisme s’intéressait enfin aux travailleuses du sexe ? Et si le féminisme s’intéressait enfin aux travailleuses du sexe ?

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Et si le féminisme s’intéressait enfin aux travailleuses du sexe ? par Laura Carreno-Müller

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Harcelées, menacées et parfois même agressées : les travailleuses du sexe sont les victimes régulières de la misogynie au quotidien. Mais restent seules pour défendre leurs droits, malgré la vague féministe de ces derniers mois.

Actrices porno, cam girls ou prostituées, les travailleuses du sexe ont la vie dure. Dernier exemple en date : le 29 mars 2018, l’ex-actrice X Nikita Bellucci a dû fermer son compte Twitter, après avoir été la cible de menaces ultra-violentes sur les réseaux sociaux. Mais le Web n’est pas le seul espace où les TDS sont attaquées : dans la rue, les prostituées sont non seulement victimes de harcèlement, mais aussi d’agressions. Et si leurs signalements ont augmenté en 2017, c’est dans l’indifférence totale, côté pouvoirs publics comme médias mainstream.            

Des femmes pas comme les autres ?


La levée de bouclier post-affaire Weinstein aurait pourtant pu changer la donne… Sauf que pour Thierry Schaffauser, porte-parole du Syndicat du travail sexuel (STRASS), les travailleuses du sexe ont été exclues de la mobilisation féministe. En cause : "les prises de paroles individuelles et collectives qui sont compliquées, car la grande majorité des TDS ne peuvent pas parler à visage découvert sans prendre le risque d’être stigmatisés". Mais les asso féministes ont aussi une part de responsabilité directe. "Il existe un stigmate de la putain, estime Thierry Schaffauser. Certaines féministes voient les travailleuses du sexe comme des traitresses qui servent les hommes. Même la gauche en France pense que nous ne devrions pas exister, car nous représentons le paradigme ultime de l’oppression". Résultat : il existe aujourd’hui plus de structures de soutien et d’organisations de santé communautaires en Ouganda ou en République Démocratique du Congo que dans l’Hexagone…


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Féminisme pro-sexe 


Si les voix sont rares pour défendre les TDS, une branche du féminisme dite "pro-sexe" se charge tout de même du boulot. Un courant actif depuis les 80s, qui "assure la défense de leurs droits et l’amélioration de leurs conditions de travail", détaille Thierry Schaffauser. Parmi ses revendications : la fin de la pénalisation, qui dégrade les conditions de travail des TDS – prostitution dans des lieux plus isolés donc plus dangereux, acceptation de clients à risques… "Même ceux et celles qui ont été victimes de traite ou ont une mauvaise expérience du travail sexuel y sont opposés", explique le porte-parole du STRASS. Selon une étude américaine de 2014, la pénalisation contribue même au slut-shaming et à la culture du viol… donc aux agressions des TDS. Une réalité qui restera ignorée tant qu’on ne prendra pas en compte l'avis des premières concernées. "La force du mouvement #MeToo résidait dans la grande diversité des prises de parole, estime Thierry Schaffauser. Ça a rendu évident que toutes les femmes ont la même expérience des violences sexuelles". Les TDS étant des femmes comme les autres, il serait temps de les entendre. 

 


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Mme M.

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