L'époque en live

78% des filles renoncent à l'orientation qu'elles envisageaient au début de leurs études par Anthony De Pasquale

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

2 minutes

Publié le Vendredi 14 Décembre 2018

Le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco) a démontré à travers une nouvelle étude que 78% des filles ont renoncé à une orientation envisagée, contre 64% des garçons. Une inégalité qui s'explique en partie par l'origine sociale mais aussi par les stéréotypes genrés qui persistent.

Dans le cadre d'une étude intitulée "Comment l’école française aide-t-elle les élèves à construire leur orientation ?", le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco) a interrogé 1 158 jeunes, âgés de 18 à 25 ans, selon la méthode des quotas (sexe, âge, situation vis-à-vis de l’emploi, taille de l’agglomération de résidence, niveau de diplôme). Verdict : "L’orientation a constitué une source de stress pour deux tiers des jeunes. Ce sentiment a touché davantage les filles, les étudiants/diplômés de l’enseignement supérieur et les enfants d’ouvriers/employés (…) Les filles, les élèves hors éducation prioritaire et ceux qui ont poursuivi leurs études en voie générale se considèrent moins accompagnés par l’institution scolaire (…) Le coût des études conduit un élève sur trois à renoncer à certaines filières".

En 2016, le Cnesco pointait déjà du doigt l'échec de l'éducation prioritaire dans la résorption des inégalités sociales. La France est l'un des pays où le système éducatif aggrave le plus les inégalités sociales. Et la difficulté d'accéder à l’information en fait grandement partie. Comme le stipule l'étude, "les élèves défavorisés peuvent avoir une vision plus imparfaite des études (filières, débouchés, aides financières, difficulté) que les élèves dont les parents sont eux-mêmes passés par l’enseignement supérieur. Le contexte familial et l’environnement jouent un rôle essentiel dans les stratégies des jeunes par rapport à la recherche d’information en vue de se construire un projet professionnel".
En plus de ces inégalités, s’ajoute une disparité fille-garçons : "les jeunes femmes sont particulièrement concernées par le renoncement : 78% des filles ont renoncé à une orientation envisagée, contre 64% des garçons". Un phénomène qui s'explique notamment par le coût et la durée des études : "25% des jeunes femmes renoncent à cause de la durée des études et 36% en raison de leur coût (contre respectivement 18% et 21% des jeunes hommes)". Si les filles font souvent partie des meilleurs élèves, elles renoncent souvent à l'orientation envisagée plus particulièrement dans les milieux défavorisés qui peuvent avoir recours à l'auto-censure de leurs enfants.

Dans d'autres pays comme l'Angleterre par exemple, les programmes Aimhigher et d’Outreach favorisent la rencontre entre les universités et les lycéens pour les rassurer sur leur légitimité à faire des études supérieures. En Autriche, Allemagne, ou Italie, le projet "Boys in Care", financé par la Commission européenne, a pour objectif d’inciter les garçons à s’orienter vers des formations menant à des professions à dominante féminine (soins de santé, soins gériatriques, éducation de la petite enfance, enseignement primaire...). En France, le programme "ABCD de l'égalité", proposé par Najat Vallaud-Belkacem en 2013, vise à lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genres dès les classes maternelles et élémentaires. Ce dernier a été abandonné en 2015 par le Ministre de l'éducation nationale de l'époque, Jean-Michel Blanquer, qu'il souhaitait remplacer par des réunions en petits groupes de parents d'élèves. 

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires