Dulcenae : l’institut de beauté qui accueille les corps abîmés et en reconstruction Dulcenae : l’institut de beauté qui accueille les corps abîmés et en reconstruction

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Dulcenae : l’institut de beauté qui accueille les corps abîmés et en reconstruction par Anne Lods

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Publié le Mardi 23 Octobre 2018

Il peut s’avérer compliqué de trouver un salon de beauté lorsqu’on a la peau brûlée, abîmée par un traitement ou recouverte de cicatrices. Le premier institut de beauté inclusif vient d’ouvrir ses portes à Paris et a été entièrement pensé pour accueillir toutes les particularités.

"Je suis sur mon petit nuage, je vais m’asseoir pour redescendre". Malika, à la sortie de son soin du visage dans l’institut Dulcenae, est conquise. Son amie l’a convaincue de passer la matinée à l’institut de beauté, lassées d’aller tout le temps chez le coiffeur lorsqu’elles veulent prendre soin d’elles. "Avant de venir ici, je n’avais jamais testé ce concept d’allier soin et détente !", conclut la femme d’une cinquantaine d’années, le sourire aux lèvres, avant d’écouter les derniers conseils de son esthéticienne
Nous sommes dans le 9e arrondissement de Paris, à deux pas de la gare Saint-Lazare et des Grands Boulevards. Dans une cour intérieure au coeur de la rue Caumartin, loin de l’agitation parisienne, se niche l’institut de beauté Dulcenae. Sur la devanture ou en vitrine, à première vue, rien ne le différencie d’un autre salon, et pourtant. Ici, on pense à tout le monde, et surtout aux corps abîmés et en reconstruction. 


© Patrice Lariven

Ouvert depuis le 3 juillet dernier, l’institut a été imaginé par un couple, Sophie et Laurent. Brûlé à l’âge de 4 ans dans un accident domestique, Laurent a été touché sur plus de 60% de son corps. Et si le couple a toujours aimé prendre soin de lui, ses expériences en institut n’ont jamais été réjouissantes. A cause d’une certaine méconnaissance de la brûlure, les réactions n’ont pas toujours été sympathiques à l’égard de Laurent, réduisant le bénéfice bien-être du soin à néant. En parallèle, le couple a créé une association pour les grands brûlés et a découvert que son cas n’est pas isolé : les brûlés manquent de soins et surtout, d’estime de soi. Qu’à cela ne tienne, l’ancienne professeur des écoles et l’ancien entrepreneur et spécialiste en marketing digital abandonnent tout pour développer eux-même le concept d’un institut de beauté inclusif. Tous les corps seront accueillis dans la bienveillance, par des socio-esthéticiennes. La socio-esthétique existe depuis une trentaine d’années en France, exclusivement dans les hôpitaux, en prison, mais aussi dans les centres sociaux. Grâce à un an de formation supplémentaire sur des modules d’oncologie, de handicap ou encore de psycho-pathologies, ces professionnelles savent aussi bien s’occuper d’un corps abîmé que d’un corps qui n’a "rien". 


© Patrice Lariven

L’endroit a été conçu comme un appartement, loin d’eux l’envie de recréer cet atmosphère aseptisée d’un hôpital ou d’un centre social. Car ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est bien un lieu de détente et de bien-être. Une fois passée la porte d’entrée, on se retrouve dans une grande pièce décorée dans les teintes bleues et jaunes, c’est apaisant. A notre droite, l’espace cuisine américaine, où l’on peut se servir un thé ou un café. Un peu plus loin, dans l’espace salle à manger, le couple organise des ateliers avec des associations. Instinctivement, on se dirige vers l’espace salon où des fauteuils et un grand canapé nous attendent. Sur la table basse, aucun magazine. Si Sophie nous confie les avoir jeté car ils n’étaient plus d’actualité, on apprécie le fait qu’on ne nous souffle aucun diktat. A la place, on trouve des livres de cuisine, pour concocter des petits plats qui feront du bien à notre peau. Et d’ailleurs, en levant les yeux aux murs, on se rend compte qu’aucune affiche avec des femmes aux mensurations "idéales" n’orne l’endroit, encore mieux. Sur les étagères, on ne trouve que les produits utilisés pendant les soins. Ils sont de la marque [Comfort Zone] et se fondent d’ailleurs à merveille dans le décor. Un "heureux hasard" selon la fondatrice.
La gamme [Comfort Zone] est conçue sans paraben, sans silicone, sans sulfate, sans huiles minérales mais aussi sans perturbateur endocrinien. Elle est également entièrement cruelty free. En ce qui concerne les cosmétiques, on n’utilise dans l’institut que des produits de la marque Eye Care. Chaque crème, huile ou même vernis utilisé chez Dulcenae a été formulé de sorte à ce qu’il puisse être appliqué si l’on est en chimiothérapie, si notre peau a été brûlée, mais encore si l’on a de l’eczéma, du psoriasis ou de l’acné. Ils conviennent à toutes les peaux. 


© Patrice Lariven

Le maître-mot : la personnalisation
Ce n’est pas au client de s’adapter aux soins et de sélectionner celui auquel il a droit, mais à l’esthéticienne d’adapter le soin au client. Il y a d’ailleurs une conversation entre l’employée et lui avant chaque soin. De cette manière, si je n’aime pas qu’on me touche les pieds, je le dirai, et on ne me touchera pas les pieds. Il n’y a aucune formule qui ne soit pas adaptable, ça concerne aussi l'épilation. Aussi, si j’ai une greffe de peau sur le ventre et qu’elle a son propre système pileux, on me l’épilera de la même manière que s'il s'agissait des aisselles ou des demi-jambes. Et si, dans certains instituts, on a parfois l’impression d’être abandonné sur la table, ici, la socio-esthéticienne n’en ressortira qu’avec nous, optimisant le temps de la prestation : pendant la pose d’un masque facial par exemple, elle proposera toujours de masser les mains ou les pieds. Tout est mis en place pour que l’expérience soit agréable de A à Z.
D’ailleurs, matériellement, tout a été pensé afin que rien ne soit un problème. L’institut est accessible aux personnes en fauteuil, il existe également des protocoles particuliers qui permettent de se faire épiler les demi-jambes dans ces circonstances. S’il y a une cabine plus large adaptée, il y a aussi dans chacune d’entre elles un porte-perruque accessible, dans le cas où on doit enlever sa prothèse capillaire. On l’a compris, dans l’institut Dulcenae rien en est laissé au hasard et c’est un petit bonheur. 

Sophie, Laurent et leur trois socio-esthéticiennes vous accueillent du mardi au vendredi de 10h à 20h et le samedi jusqu’à 19h au 60 rue Caumartin à Paris. L'institut de beauté Dulcenae est ouvert à tous.tes, quels que soient les parcours de vie. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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