Drame du Rana Plaza : où en est la fast fashion aujourd’hui ? Drame du Rana Plaza : où en est la fast fashion aujourd’hui ?

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Drame du Rana Plaza : où en est la “fast fashion“ aujourd’hui ? par Ophélie Manya

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Le 24 avril 2013, il y a cinq ans, l’immeuble du Rana Plaza, au Bangladesh, s’effondrait, provoquant la mort de 1 138 ouvriers. Un drame qui a entraîné une prise de conscience chez les fans de fast fashion, mais aussi un certain nombre de changements dans le secteur.

Que vous soyez une habituée des enseignes de fast fashion ou pas, vous vous souvenez forcément du drame du Rana Plaza, cet immeuble de Dacca (la capitale du Bangladesh) abritant les ateliers de confection textile pour plusieurs marques internationales et s’élevant sur huit étages. Des étages construits à la va-vite, sur des fondations incapables de supporter un tel poids... C'est cette pratique illégale, justifiée par la volonté d’augmenter la vitesse de production, qui a entraîné l’effondrement du bâtiment. Au total, 1 138 ouvrières et ouvriers sont morts, plus de deux mille personnes ont été blessées et n'ont reçu pour indemnités que 2 900€. Si le propriétaire de l’usine et ses quarante responsables ont été inculpés pour meurtre, le verdict du procès n’a toujours pas été prononcé.


Si le bilan reste dramatique, l’onde de choc provoquée à travers le monde a permis une prise de conscience sur cette face sombre de la fast fashion, nuisant du coup à son image. Dans la foulée, Primark, enseigne directement concernée, a ainsi communiqué sur le versement de quatorze millions de dollars de dédommagement, dont onze millions attribués aux blessés. Pour Auchan, pas question de débourser un centime, mais le vendeur de vêtements "In Extenso" a plutôt choisi de publier un communiqué dans lequel il annonçait ne plus faire appel au fournisseur. Quant aux institutions, elles ont décidé de s’attaquer à la racine du problème. L’OIT (Organisation Internationale du Travail) a fondé en 2013 l’Accord, une instance de contrôle indépendante. Pendant cinq ans, elle a accompli un travail colossal : plus de 1 600 usines ont été inspectées, 90 000 anomalies de sécurité ont été détectées, dont 84% corrigées selon RFI. Côté gouvernement français, la loi Rana Plaza a été adoptée en mars 2017 par le Conseil constitutionnel, instaurant le devoir de vigilance des multinationales hexagonales en termes de sécurité de leurs employés et de respect des droits humains fondamentaux.

Un bilan a priori positif, même si certains observateurs notent que les conditions de travail des ouvriers du Bangladesh restent très pénibles et les salaires, extrêmement bas, pour assurer des prix toujours plus compétitifs. Mais les consommatrices étant plus que jamais conscientes de cette réalité, ainsi que de l’impact écologique de la fast fashion, les marques tentent de proposer des alternatives au sein de leurs collections. En 2011, H&M a lancé sa collection eco-friendly, "Conscious". Les géants espagnols Zara et Mango, eux, ont attendu 2016 pour se réveiller, le premier lançant la ligne "Join Life", le second, "Committed", toutes deux fabriquées à partir de coton recyclé. Mais le salut viendra peut-être de la mobilisation politique et citoyenne : depuis 2016, le collectif Fashion Revolution organise une "Fashion Revolution Week" dans 129 pays, qui se tient jusqu’au 29 avril à Paris, afin de promouvoir les marques de vêtements éthiques et conformes aux règles du développement durable. Une nécessité absolue : selon le rapport Pulse of the Fashion Industry paru en 2017, la consommation mondiale de vêtements connaîtra une croissance de 63% d’ici 2030, ce qui représentera l’équivalent de 148 millions de tonnes de déchets textiles par an.

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Mme M.

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