Crowdfunding : pourquoi on en a marre de devoir raquer pour les people ? Crowdfunding : pourquoi on en a marre de devoir raquer pour les people ?

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Crowdfunding : pourquoi on en a marre de devoir raquer pour les people ? par Tess Annest

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Publié le Mercredi 12 Septembre 2018

Voyages humanitaires, actions caritatives, lancement d’album et même projets persos... Depuis une dizaine d’années, les stars, de Kylie Jenner à Clémentine de Koh-Lanta, ne se gênent pas pour nous demander de l’argent. Comment ? En lançant des cagnottes participatives en ligne. Et en déchaînant la colère des internautes.

En juin dernier, Clémentine Jullien, ex-finaliste de Koh-Lanta, déclenchait un tollé en lançant une cagnotte participative sur la plateforme Ulule. Quelques semaines plus tôt, Solweig Rediger-Lizlow, ancienne Miss Météo du Grand Journal de Canal +, faisait aussi parler d’elle en demandant de l’argent sur la Toile. Et elles ne sont pas les premières célébrités à solliciter l’aide du public. En 2013, Zosia Mamet, alias Shoshanna dans la série Girls, réclamait de l’argent pour financer son nouveau clip vidéo. Coût du projet : 30 000 dollars. En 2015, JR et Agnès Varda avait sommé le public de participer financièrement leur trip à travers la France à la rencontre des "gens du cru", et produisait grâce à ce mécénat le docu Visages villages. Le pompon ? En juillet dernier, l’humoriste Josh Ostrovsky mettait en place un crowdfunding pour aider Kylie Jenner à devenir encore plus riche, après que Forbes l’a désignée comme la plus jeune américaine en passe de devenir milliardaire. Mais si chacune de ses initiatives a soulevé des fonds (177 personnes ont vidé leurs poches pour aider Kylie), le résultat a aussi été de monstrueux shitstorms.

Si Clémentine Jullien et Solweig Rediger-Lizlow ont été particulèrement attaquées, c'est que la première est accusée de faire du "faux humanitaire", et la seconde, d'être une profiteuse. Sur Ulule, la finaliste de Koh-Lanta explique en effet avoir rencontré "un groupe de demandeurs d'asile soudanais et érythréens", dont la vie se résumait à un "cauchemar" mais qui gardait tout de même sa "bonne humeur". De quoi pousser la jeune femme à organiser un voyage "sportif, humanitaire, éco-responsable et un peu fou", avec son frère et deux amies. Problème : ses propos sur les populations africaines flairent surtout le néo-colonialisme... Et comment oser apposer la mention "humanitaire" à ce tour du monde, qui ne passe même pas par l’Afrique ? Du côté de Solweig Rediger-Lizlow, le Web s'est allégrement moqué de sa demande : l'aider à "payer toutes ses dettes" et "déménager à Londres"... Une affaire de morale, mais aussi de communication et de popularité des lanceuses de projets, analysent Sophie et Margaux, responsable des partenariats et directrice des projets chez Ulule. "Pour ce qui en est de Clémentine, son approche est plutôt maladroite. A la base, elle n’est pas vraiment appréciée et de ce fait, les gens l’attendent au tournant", estiment-elles. "Quand on est un minimum célèbre, le retour de bâton est plus violent et plus rapide. Il est donc très important de bétonner sa stratégie de communication et de s’y tenir. A moins d’assumer jusqu’au bout les mauvaises remarques", précisent-elles.

Pourtant, les démarches des deux jeunes femmes ne sont pas restées vaines. Clémentine et ses acolytes ont récolté plus de 6000€ pour leur voyage, et l’histoire de Solweig a touché 133 personnes. Preuve que le crowdfunding a encore de belles heures devant lui, mais surtout que la notoriété n’est pas uniquement nocive. "Les peoples paraissent moins légitimes lorsqu’ils demandent de l’argent. Mais il ne faut pas oublier qu'ils fédèrent des communautés loyales, prêtes à donner beaucoup pour les aider", assurent Margaux et Sophie. Qui rappelent que certaines plateformes, comme GoFundMe, n’exigent aucune contrepartie de la part du lanceur de projet. La responsabilité repose du coup sur l'internaute, qui doit comprendre qu'il ne ne contribue pas systématiquement à un projet à valeur artistique ou humanitaire. Une fois ces considérations prises en compte, libre à vous de donner à qui bon vous semble (et même à une aventurière en carton).

 

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