Comptes "fisha" : comment le confinement aggrave-t-il le "revenge porn" Comptes "fisha" : comment le confinement aggrave-t-il le "revenge porn"

L'époque en live

Coronavirus : comment le confinement aggrave le "revenge porn" par Tess Annest

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

4 minutes

Publié le Jeudi 23 Avril 2020

Si la pratique du "revenge porn" ne date pas d’hier, elle est exacerbée depuis le début du confinement, les comptes "fisha"- sur lesquels des anonymes diffusent des contenus intimes de jeunes femmes sans leurs consentements -, se multipliant à la vitesse de l’éclair. Le collectif Stop Fisha tente donc de lutter contre ces e-harceleurs de l'ombre.

Depuis le début du confinement, le cyberharcèlement se banalise. Pire, il se diversifie. Et en quelques semaines, les comptes "fisha" ("afficher" en verlan) se sont multipliés sur les réseaux sociaux, Telegram, Snapchat et Instagram en première ligne. Des anonymes diffusent des photos et des vidéos intimes de femmes, souvent (très) jeunes, sans leurs consentements, pour les "punir" de leur activité sexuelle. Résultat, en plus de subir du revenge porn, celles qui sont pour la plupart encore mineures sont aussi victimes de slut-shaming. En plus de voir du contenu sexuellement explicite- allant du nude aux vidéos de viols en bande-, publié sans leur consentement par pure vengeance, elles doivent donc aussi faire face à des humiliations publiques massives. 

Un confinement dangereux 

Si cette forme de cybercriminalité existait déjà bien avant le confinement, il l’a renforcée. "L’explosion est claire et nette", explique Emma, militante appartenant au mouvement Stop Fisha qui lutte activement contre ces comptes.

Icône de Quote Icône utilisée pour indiquer que ce texte est un rendez-vous

Comme ils n’ont plus la rue pour humilier et harceler, ils le font avec les moyens qui s’offrent à eux

Icône de Quote Icône utilisée pour indiquer que ce texte est un rendez-vous
 "Maintenant, il suffit de taper ‘fisha’ sur n’importe quel réseau pour en voir apparaître un nombre impressionnant", se désole-t-elle. Une démocratisation massive et rapide due, selon elle, à l’ennui et à l’enfermement. "Pour les harceleurs, c’est un moyen de s’occuper. Et comme ils n’ont plus la rue pour humilier et harceler, ils le font avec les moyens qui s’offrent à eux". Les réseaux sociaux devenant ainsi le théâtre d’actes de plus en plus violents.

Une pratique difficile à traquer 

Grâce à Stop Fisha, qui oeuvre jour et nuit pour faire fermer ces comptes, les plateformes hébergeantes sont au courant du problème. Mais rien ne semble bouger. "Comment expliquez-vous que le plus gros canal (230 000 membres), hébergé par Telegram, ait mis plus d’un mois a être fermé ?", s’indigne Emma. "Aujourd’hui, lorsqu’on effectue un signalement, la plupart des plateformes nous informent de délais de traitement plus longs à cause du confinement. Mais je pense sincèrement qu’elles préfèrent fermer les yeux", continue la jeune femme. Et les comptes continuent de se multiplier, chaque fermeture entrainant une création et rendant la disparition de la pratique quasi impossible. Pourtant, toute personne partageant ces contenus sans consentement risque 60 000 euros d’amende et jusqu’à deux ans d’emprisonnement. Pas assez effrayant pour les harceleurs 3.0 bien cachés derrière leurs écrans.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A post shared by #StopFisha (@stop.fisha) on

La bonne attitude 

Icône de Quote Icône utilisée pour indiquer que ce texte est un rendez-vous

Il est important de signaler le plus de fois possible les comptes

Icône de Quote Icône utilisée pour indiquer que ce texte est un rendez-vous

Face à un tel phénomène, il convient d’être bien informées pour pouvoir se défendre. En période de confinement, les victimes peuvent déposer une pré-plainte en ligne ou se rendre dans un commissariat ouvert."En tant que témoin, il est important de signaler le plus de fois possible les comptes en question". Une plateforme gouvernementale, Pharos, est d'ailleurs dédiée aux signalements. "Si on a des informations sur les éventuels coupables, il ne faut pas non plus hésiter à les signaler à la gendarmerie", explique Emma qui rappelle que le mouvement Stop Fisha se tient à disposition des victimes, via les réseaux sociaux ou sur son adresse mail jenesuispasseule@protonmail.com. Jusqu’à ce que des dispositions officielles soient prises. 

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires