César 2020 : après la victoire de Polanski, Virginie Despentes signe une tribune incendiaire César 2020 : après la victoire de Polanski, Virginie Despentes signe une tribune incendiaire

L'époque en live

César 2020 : Virginie Despentes signe une tribune incendiaire après la victoire de Polanski par Tess Annest

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Publié le Lundi 2 Mars 2020

Après le sacre de Roman Polanski aux César ce vendredi 28 février 2020, les féministes du monde entier sont vent debout. Virginie Despentes aussi. Et elle a décidé de faire entendre sa voix dans les colonnes de "Libération".

"C’est terminé. On se lève. On se casse". Le 28 février 2020, Roman Polanski, pourtant accusé d’avoir violé douze femmes, a reçu le César du meilleur réalisateur, récompense ultime dans le milieu du cinéma. Ce vendredi, l’Académie a donc décidé de récompenser le réalisateur, comme un coup de poing dans le ventre de toutes les victimes de viols et d’agressions sexuelles. Et sous les yeux d’Adèle Haenel, porte-parole d’une génération d’actrices qui ne veut plus se taire, qui a d'ailleurs quitté la salle Pleyel dans la seconde qui a suivi l’annonce.

Si ce César a déclenché une vague d’indignation légitime, il a surtout permis une prise de conscience nécessaire. Le cinéma français continue de protéger "les puissants". Dixit Virginie Despentes. Le 1er mars 2020, l’auteure a signé une tribune corsée dans Libération. Elle s’y attaque, à juste titre, au cinéma français et dit toute son indignation. "Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture, vous, les puissants, vous exigez le respect entier et constant (…) En prime, il vous faut le silence de victimes", écrit la romancière qui se fait porte-parole des femmes humiliées et blessées mais fières. Sans filtre, elle revient sur la récompense de Roman Polanski et en profite pour tacler l’utilisation du 49.3 par le gouvernement pour faire passer la réforme des retraites. Elle salue le courage de Florence Foresti, maîtresse de cérémonie, qui a décidé de s'éclipser après le sacre du réalisateur en "prenant le risque de se mettre la profession à dos". "Quand Foresti se permet de quitter la fête et de se déclarer ’écœurée’, elle ne le fait pas en tant que meuf (…) Elle le fait en tant qu’individu qui n’est pas entièrement assujetti à l’industrie cinématographique, parce qu’elle sait que votre pouvoir n’ira pas jusqu’à vider ses salles. Elle est la seule à oser faire une blague sur l’éléphant au milieu de la pièce, tous les autres botteront en touche", rédige-t-elle.

"Tout le monde se tait, tout le monde sourit. Si le violeur d’enfant c’était l’homme de ménage alors là pas de quartier : police, prison, déclarations tonitruantes, défense de la victime et condamnation générale. Mais si le violeur est un puissant : respect et solidarité", continue Virginie Despentes avant de s’exclamer : "Vous n’aurez pas notre respect. On se casse. Faites vos conneries entre vous. Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main". "Le monde que vous avez créé pour régner dessus comme des minables est irrespirable. On se lève et on se casse. C’est terminé. On se lève. On se casse. On gueule. On vous emmerde", termine-t-elle plus déterminée que jamais.

La tribune complète de Virginie Despentes est à lire sur le site de Libération.

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