Actes homophobes : "Ces témoignages sont le reflet d’une parole libérée" Actes homophobes : "Ces témoignages sont le reflet d’une parole libérée"

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Attaques homophobes en France : "On ne veut pas revivre les violences liées à La Manif pour Tous" par Tess Annest

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Publié le Mardi 16 Octobre 2018

Samedi 13 octobre 2018, un jeune homme postait un selfie après s'être fait agresser à Paris, parce qu’il était maquillé. Ces dernières semaines, d'autres témoignages d'actes violents remontaient dans nos timelines. Doit-on y voir une recrudescence de l’homophobie en France ? Nous avons posé la question à Jérémy Falédam, secrétaire de l’association SOS Homophobie.

Mise à jour du 17/10/2018 : Le mardi 16 octobre, Guillaume Mélanie, Président de l'association Urgence Homophobie, a été victime d'une agression homophobe à la sortie d'un restaurant parisien. Profondément choqué, le jeune homme n'a pas hésité à raconter son histoire sur Twitter. Il a immédiatement reçu le soutien de personnalités médiatiques comme l'animateur Christophe Beaugrand, ainsi que celui d'Anne Hidalgo, qui s'est engagée à recevoir les associations de soutien aux personnes LGBTQI+ le plus vite possible. 

Samedi dernier, un jeune Parisien était agressé dans une rue du XV arrondissement de la capitale, sous prétexte qu’il portait du maquillage. Lundi 8 octobre, un couple de lesbiennes assises sur un banc place de la République, à Paris, recevait des insultes et un coup de poing. Le 7 octobre, c'est un jeune homme homosexuel qui témoignait sur Twitter d'une agression, et du refus de la police de se déplacer suite à son appel. Quelques jours plus tôt, un homme était traité de "sale pd" à Lyon.

Autant de prises de parole marquantes, reprises par la suite par les médias : depuis la fin de l’été, pas une semaine ne passe sans que ces derniers ne parlent de violences homophobes. Preuve qu'elles sont en train de flamber ? Pas exactement, selon Jérémy Falédam. Le secrétaire d'SOS Homophobie estime plutôt que "tous ces témoignages sont le reflet d’une parole libérée, pas celui d’une percée de l’homophobie". En effet, celle-ci est encore très présente en France (en 2017, les signalements ont largement augmenté par rapport à 2016), mais c'est avant tout la voix des victimes qui s'élève aujourd'hui avec force grâce au Web. "Aujourd’hui, c'est un facteur important de libération de la parole de tous. Ce fut le cas pour les femmes avec le mouvement #MeToo, ça commence à l’être pour les personnes LGBTQI+", déclare Jérémy Falédam, qui se félicite du relai médiatique. "C’est très important car ils maintiennent le problème au cœur du débat public et, la population française, notamment la jeune génération, a encore besoin d’être éduquée à la différence", explique-t-il.

Et si cette mise en lumière est salutaire, désormais, pour SOS Homophobie, c’est au tour du gouvernement de bouger. "Aujourd’hui, on entend très peu de réactions de la part des personnalités politiques, et on ne voudrait pas que cela passe pour de l’indifférence, explique le secrétaire de l’association. Mais surtout, on ne veut pas revivre la recrudescence d’actes homophobes que nous avons vécu en 2012 - 2013, au moment de La Manif pour Tous". A l’époque, les assos avaient recensé une augmentation de 78% des actes homophobes en France, et les concerné.es redoutent une nouvelle flambée liée au débat actuel autour de la PMA, ainsi qu'à la surmédiatisation de l'opposition réactionnaire. Pour éviter les débordements, SOS Homophobie n’a pas hésité à s’engager avec force. L’association a récemment lancé la campagne de sensibilisation "Qu'est-ce qu'un bon parent", et entend bien mobiliser la majorité silencieuse – "celle qui est pour l’adoption de la PMA pour toutes mais qui ne s’exprime pas forcément sur le sujet".

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