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6 documentaires encourageants sur l’avenir de la planète à voir absolument

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Publié le Vendredi 29 Mai 2020

Plus que jamais cette période trouble nous plonge en pleine crise existentielle, nous poussant à nous interroger sur nos modes de vie, de consommation, le retour aux essentiels et ce que la nature peut nous réserver si nous continuons de la perturber. Partout dans le monde, des acteurs discrets, ont pris les devants depuis longtemps. Observer à travers ces documentaires ce qu'ils ont à nous proposer est peut-être le début d’une plus grande révolution !

1/ Jane, un message d’espoir de Elizabeth Leiter et Kim Woodard

On l’appelle la Mère Teresa de l’environnement. À 86 ans, Jane Goodall continue à figurer parmi les activistes les plus influents de la planète, portant son message à travers le monde et voyageant 300 jours par an. Celle qui a été pionnière dans l'engagement écologique grâce à ses recherches sur les chimpanzés dans les forêts de Gombe en Tanzanie, célèbre aujourd'hui 60 ans de plaidoyers et de lutte pour la sauvegarde des espèces et de leurs habitats. "Quand on réalise qu’on peut faire changer les choses ce serait complètement égoïste de ne pas le faire". dit-elle.

Une femme frêle mais à l’aura exceptionnelle capable de remplir des salles entières pour sensibiliser et aider à la compréhension du monde naturel. Contrairement au reste de la communauté scientifique qui est souvent peu porteuse d’espoir, elle exalte notre potentiel à se réinventer. Son ami et primatologue Ben Garrod dit d’elle : "Jane c’est la science à visage humain". Elle a été l’une des premières à conclure que, pour sauver les habitats des chimpanzés, il faut d’abord résoudre les difficultés des populations locales qui partagent le même écosystème. Une corrélation imbriquant l’avenir des humains à celui des autres espèces, qui fait de Jane Goodall, l’une des activistes les plus prolifiques et écoutées de nos temps.

À travers le documentaire, on voit les multiples casquettes que porte "Dr.Jane". À la fois messagère de la vie sauvage, diplomate, militante ou visionnaire, une force insatiable semble l'habiter. D’une douceur désarmante, elle va murmurer à l’oreille des dirigeants tout en ralliant la jeunesse. Durant des années, elle a réussi à sauver de nombreux chimpanzés, de zoos, du braconnage, de laboratoires, a construit des sanctuaires ou fondé des écoles pour sensibiliser la jeunesse. Peu à peu, Jane Goodall a attiré l’attention d’un plus large public ce qui a aussi agrandi son périmètre d’action.  Désormais, elle ne se bat plus uniquement pour les chimpanzés, pour lesquels elle garde un dévouement sans faille, mais logiquement, pour une plus grande cause : l’avenir de la planète. 

Diffusé le 10 juin à 13h sur la chaîne National Geographic Wild.

2/ Minimalism - un documentaire sur les choses importantes de Matt d’Avella

"Combler un vide" sont les mots que l’on entend dans toutes les bouches le long de ce documentaire. Selon ses protagonistes, qui ont opté pour le minimalisme comme mode vie, les humains voguent sans cesse dans un océan d’insatisfaction. Quand ce comportement se heurte aux lois du capitalisme alors jaillit une habitude frénétique d’achats matériels pour donner l'illusion que tout va bien, que l’on s’en sort bien dans la vie car nous avoir le pouvoir de posséder les choses qui nous semblent si utiles. C’est là que commencent les histoires de nos intervenants. Ils ont un garage pour ranger une, deux ou trois voitures, un salaire mensuel conséquent qui leur assure de pouvoir s’offrir le dernier écran plasma et les vacances de leurs rêves. Seule ombre au tableau... Ils ne sont pas heureux. Ryan Nicodemus et Joshua Field Milburn, amis d’enfance, nous entraînent dans une tournée à travers les États-Unis pour promouvoir le livre qu’ils ont écrit à quatre mains et grâce auquel ils espèrent sensibiliser un maximum de personnes.  Leur mantra : "Aimez les gens et utilisez les choses, car le contraire ne marche jamais".

Et cela dans tous les domaines... À commencer par l’habillement. Shannon Whitehead, fondatrice d’une marque de mode éthique, s’afflige des méthodes dans le secteur de la fast-fashion qui compte désormais 52 saisons au lieu des quatre d’antan. « Ils veulent vous faire croire que vous n’êtes déjà plus à la mode, une semaine après votre achat ». Ceux qui ont tourné le dos à ce marketing harassant sont nombreux. Courtney Carver a lancé Project 333, un challenge lancé sur les réseaux sociaux pour réduire sa garde-robe à 33 pièces durant 3 mois et constater que l’on peut tout aussi bien se "looker" sans un dressing qui déborde. Colin Wright, entrepreneur devenu globe-trotter, ne possède quant à lui que 52 objets, en tout et pour tout, qu’il fait tenir dans deux sacs de voyage.

Pour la sociologue Julia Schor, ce que l’on définit comme un comportement matérialiste est tout simplement l’oubli de la « matérialité » des choses. Opter pour ce qui est durable et nécessaire. Elle ajoute avec un sourire : "Je pense que nous ne sommes pas assez “matérialistes” justement ". À l’heure où la surconsommation provoque de grands déséquilibres et creuse les inégalités entre les populations, le minimalisme ne serait-il pas la clé de voûte d’un nouveau système ? Less is More. 

3/ Tout est possible de John Chester

Leur rêve : créer une exploitation agricole en harmonie parfaite avec la nature. Partis de rien, et sans aucune formation, John et Molly Chester décident de prendre possession d’un terrain de 80 hectares en Californie. La tâche est ardue, ils ont sous leurs pieds une terre aride, délavée de toute forme de vie après des années de monoculture. Leurs prédécesseurs ont abandonné un par un. Alan York se joint à l’aventure et devient vite leur mentor. Il a une vision très précise de ce qui est possible de faire naître dans cette vaste étendue et il a un mot d’ordre : atteindre le plus haut niveau de biodiversité. John Chester, caméraman de métier, va documenter cette transition durant sept années avec des images à faire pâlir les meilleurs documentaires animaliers. Pour que leur entreprise marche, John et Molly se lancent corps et âmes dans des travaux, "une phase de régénération qui va au-delà de l’agriculture". Ils démarrent en construisant un composteur géant, font les plans d’un verger avec 75 variétés de fruits à noyau, le protègent d’un couvert végétal contre l’écoulement d’eau, réhabilitent un étang…

Une nouvelle vie va naître en plein cœur du désert californien, résiliente et tissée avec les aléas et les bienfaits de la nature. Plantes, cheptel, faune sauvage, petit à petit tous ces éléments entrent en symbiose et orchestrent une transformation des plus incroyable. "Notre exploitation est entièrement alimentée par l’impermanence de la vie", s’émerveille John. De surprises en désillusions, le couple se heurte aux lois de la nature et découvre l’importance de chaque maillon d’une chaîne écologique fragile mais au potentiel infini. Faire des chouettes et des coyotes des alliés plutôt que les considérer comme néfastes, lutter contre les caprices du climat, les maladies… Une épopée salvatrice et émouvante d’une petite ferme qui deviendra grande. 

4/ Food Coop de Tom Boothe

Food Coop est un documentaire caméra au poing, où le réalisateur nous emmène dans cette fourmilière qu'est la Coopérative alimentaire de Park Slope à New York. Le principe : tous les membres y sont à la fois client et travailleur. On y croise une psychanalyste tenant la caisse, un graphiste d’animation sortant les bennes ou une psychologue qui gère le planning. Tout le monde met la main à la pâte. Un "supermarché" autogéré, où les personnes investissent 2h45 minutes de leur temps par mois pour y travailler. Comme 75% de l’effort nécessaire pour faire tourner la coopérative est géré par ses membres, le prix des produits y est extrêmement bas. 

Pour Joe, l’un des fondateurs de la Coop : "Votre temps sur Terre, c’est la chose la plus précieuse. Pas votre argent à la banque (...) donc on demande un peu de ce temps”" Un microcosme dans la jungle capitaliste qui fait exception. Aux États-Unis, certaines régions urbaines sont des déserts pour trouver des aliments frais et sains, où les habitants sont contraints d’acheter dans des supérettes de fortune ou même en stations-service. “C’est la plus belle expérience sociale du pays” assure Dawn, une salariée à plein temps. "Personne ne veut en écrire du bien car nous sommes un pays capitaliste et avoir cette pépite égalitaire qui réussit n’est pas une bonne nouvelle". Fondée en 1973, la communauté compte actuellement 16 000 "salariés". La raison pour laquelle l'initiative attire autant est que les produits y sont de qualité, notamment les fruits et légumes, et à des prix très compétitifs comparés à d'autres enseignes bio. Kate Zuckerman, cheffe pâtissière dans un restaurant, confie acheter 80% de ses ingrédients à Park Slope, "pour l’excellence de ses produits". Les gérants privilégient le local en "sourçant" chez des fermiers et coopératives dans un périmètre restreint et les clients bénéficient d’une primeur des aliments avec une rotation très fréquente des stocks. “Ce genre de système doit s'étendre, sinon le pays ne tiendra pas” dit un travailleur. Une démarche exceptionnelle, euphorisante pour ses participants, qui fait un pied de nez à "la norme" des grands industriels.

5/ Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent

Après être devenue maman, Mélanie Laurent lit un constat inquiétant dans un article issu de la communauté scientifique. La Terre se réchauffe et se dérègle à un rythme beaucoup plus rapide que prévu… Alors, avec une bande de copains, elle décide de parcourir le monde à la rencontre d’acteurs discrets et magnanimes, qui, enjambant les systèmes capitalistes et ne se reposant plus sur les acteurs politiques ont décidé de changer “leur” monde. À travers différents chapitres : l’agriculture, l’énergie, l’économie et la démocratie, une plongée dans des projets très inspirés. De micro fermes à Detroit tenues par les habitants, de villes comme Copenhague qui deviennent peu à peu autonome en énergie grâce à la biomasse, ou San Francisco qui recycle 80% de ses déchets, les exemples sont nombreux, et d’une logique écrasante. La clé : l’entraide. En tissant des réseaux qui consolident les communautés, avec l'expansion de commerces de proximité, voire même la gestion d’une nouvelle monnaie locale et surtout, en laissant les individus devenir acteurs de la transition.

Pour l’économiste Bernard Lietaer, "On peut comprendre ce qui fonctionne dans un écosystème naturel et l’appliquer directement à l’économie (..) Ne pas permettre une “monoculture” économique mais une diversité monétaire". Le mythe de la croissance économique qui serait vitale pour qu’une société perdure est devenu obsolète. Pour Vandana Shiva, philosophe et écologiste farouche, une désobéissance civile est « nécessaire » quand il s’agit de répondre à des lois supérieures. "Celles de la Terre, pour la protéger, elle et ses ressources et bienfaits mais également celles liées aux droits humains". Un mode de vie dicté par la bienveillance et où l’emploi du mot 'richesse' est à mille lieux d’être synonyme de profit. Le message est simple, "Demain" tout est possible. 

6/ Nul homme n’est une île de Dominique Marchais

Comment s’ouvrir au monde tout en cultivant sa différence ? Dominique Marchais nous emmène de la Sicile à l’Autriche, en passant par les Alpes Suisse à la découverte de communautés qui revendiquent haut et fort leurs cultures et traditions mais exprimant une ferme volonté de les transmettre aux autres. Leur motivation : préserver la nature pour les générations futures et par le biais de l’intelligence collective. À l’image de la coopérative "Le Galline Felici" (Les poules heureuses), plusieurs agriculteurs rassemblés à Catane, en Sicile, ont formé un village d'irréductibles luttant contre la grande distribution et la bétonisation de leur région.

Roberto Li Calzi, l’un des fondateurs et pionnier de l’agriculture bio, raconte que leur nom vient du fait qu’ils récupèrent des poules issues de l’élevage intensif qui sont en "fin de cycle", moins rentables. "Elles arrivent ici un peu folles (...) elles ne comprennent pas l’herbe, les vers, les insectes…" Ramenées au verger, elles découvrent alors une vie nouvelle. "Les poules heureuses sont une métaphore de notre propre libération", s’exclame-t-il. Le succès de la coopérative les a menés à exporter au-delà des Alpes, en France ou en Belgique par exemple et sans l’aide d’une politique agricole, très négligée dans le pays. "Cela fait imaginer une Europe faites de relations et de personnes et non de banques et de commerces", souffle Gabriel Proto qui est producteur et comptable de la coopérative. Autre exemple, dans le village alpin de Vrin, en Suisse. Pour lutter contre la désertification, les habitants et élus ont réussi à bâtir un modèle de développement local. Privilégiant leur artisanat et leur architecture ainsi que les ressources disponibles sur place, ils ont réinvesti des chalets de vacances en ateliers, construit une école et réintroduit des commerces. Un vrai gage de durabilité.

A quelques kilomètres, dans la région du Land en Autriche, une expérience similaire portée par le mouvement des Baukünstler (artistes de la construction) prône une culture politique participative et très investie dans la transition énergétique. Ils ont même créé un Bureau des questions du Futur qui planche sur des questions de démocratie, d’écologie ou de gouvernance… Pour Manfred Hellrigl, l’un des fonctionnaires : "On doit créer le désir d’un avenir qui en vaille la peine, et les gens trouveront le chemin tout seuls". Intime et émouvant, Nul homme n’est une île est la preuve que la détermination d’une communauté peut déplacer des montagnes.

Hasitha Ratnayake

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