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YouTube : Norman et Cyprien jugés misogynes, selon un rapport du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes par Zoé Puyremond

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Publié le Lundi 21 Janvier 2019

Jeudi 17 janvier 2019, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a rendu un rapport intitulé "Premier état des lieux du sexisme en France". Et les résultats montrent combien de gros médias, mais aussi des YouTubeurs influents, sont misogynes.

"Ça va, c’est de l’humour" ! Oui, sauf que c’est sexiste. Jeudi 17 janvier, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a dévoilé une étude sur le "sexisme au quotidien". Dans le viseur de l’institution : les chroniques de Charline Vanhoenacker (France Inter), Laurent Gerra (RTL) et Nicolas Canteloup (Europe 1), mais aussi les YouTubeurs Norman et Cyprien, dont 6 vidéos ont été passées à la loupe sur une période allant de novembre à décembre 2017. Le site Blague.info, plateforme qui compile des plaisanteries, a également été étudié. 

Résultat : sur les ondes, 71% des contenus humoristiques caractérisent les femmes par des stéréotypes sexistes : sensibles, fragiles, émotives, hystériques… Le Haut Comité note aussi que les femmes ne sont appelées que par leurs prénoms ("L’invité de Léa" pour Léa Salamé, "Brigitte" pour Brigitte Macron), alors que les hommes ont droit à leur noms complets. Les femmes sont par ailleurs plus facilement définies par leur apparence physique et leur âge. Pas mieux du côté des YouTubeurs, où les remarques sexistes sont présentes dans un sketch de Norman et Cyprien sur deux. Pour rappel, le premier capitalise onze millions de fans sur sa chaîne, et le second, douze millions. Pour finir, un tiers des "blagues du jour" du site Blague.info sont misogynes.

Les injures les plus fréquentes mentionnées ? "Salope", "pute" et "connasse", écrit le HCE. Une réalité qui, sous couvert d’humour, a un impact très concret, puisqu’une Française sur vingt affirme avoir été victime d’insultes sexistes en 2017, toujours selon le rapport. Celui-ci rappelle que seuls 3% des victimes portent plainte, et qu’à peine quatre condamnations ont été prononcées en 2017 (un délit pourtant passible de 750€ d’amende). Ce faible taux est dû en grande partie au fait que, dans la plupart des cas, les femmes visées ne connaissent pas l’identité de l’auteur, 66% de ces violences ayant été subies dans l’espace public. Mais aussi, au fait que beaucoup estiment que ces actes ne sont pas réellement des agressions, ainsi qu’une marque de la domination masculine. "Le sexisme est tellement banalisé qu’il arrive même aux femmes de rires de blagues sexistes", se désole Danielle Bousquet, présidente du HCE.

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