Violences conjugales : défenestrée, une jeune femme n’est indemnisée que partiellement Violences conjugales : défenestrée, une jeune femme n’est indemnisée que partiellement

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Violences conjugales : défenestrée, une femme n’est indemnisée que partiellement par Zoé Puyremond

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Publié le Vendredi 4 Janvier 2019

Depuis trois jours, le combat invraisemblable d'Aïda fait les gros titre : rendue paraplégique par son mari violent, la jeune femme s'est vue refuser l'indemnisation totale à laquelle elle pensait avoir droit. Explications.

Mardi 2 janvier 2019, le quotidien Le Maine Libre révélait l’histoire d’Aïda (son prénom a été modifié pour des raisons d’anonymat). Depuis 5 ans, la jeune femme se bat contre la justice pour être totalement indemnisée. Son compagnon violent l’avait défénestrée en août 2013, la rendant paraplégique. Il a ensuite été condamné à 15 ans de prison. Ce qui a engagé une procédure judiciaire pour une indemnisation des Fonds de garantie des victimes, qui assure normalement un dédommagement de 90 000€ (pour payer une voiture adaptée, les soins, des travaux éventuels…) Problème : l’organisme ne l’a indemnisée que partiellement. "Ils considèrent qu’il y a un partage des responsabilités et que notre cliente a commis une faute civile en retournant à son domicile", explique Maitre Jarry, un des avocats d’Aïda. Celle-ci avait en effet quitté son foyer suite aux violences de son mari mais avait été contrainte d'y revenir une nuit, faute d'autre lieu où aller. Le 13 février 2018, la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions a, elle aussi, retenu le partage des responsabilités. "Non, une femme n’est jamais responsable des violences subies, même administrativement !", a réagi sur Twitter Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat chargée de l'égalité femmes-hommes.
 

Cette révélation du Maine Libre, qui fait actuellement les gros titres, a été publiée en même temps que le recensement par Libération des noms et histoires des victimes de violences conjugales en 2018. Dans les colonnes du quotidien, la journaliste Titiou Le Coq décrit une réalité trop souvent conclue par la phrase "Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son compagnon". Qui masque malheureusement une autre réalité : celle des victimes de tentatives de féminicides, comme Aïda. Mais aussi, celle des femmes tuées pour avoir refusé les avances d’un homme et celles qui se suicident suite à des violences conjugales. Titiou Le Coq rappelle enfin que "presque tous les jours, en France, un homme tente de tuer sa compagne ou ex-compagne" – des violences trop souvent étiquetées "drames passionnels" dans les médias et sur les réseaux sociaux. 

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