Un an après #Metoo, et si on mettait la galanterie à la poubelle ? Un an après #Metoo, et si on mettait la galanterie à la poubelle ?

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Un an après #Metoo, faut-il mettre la galanterie à la poubelle ? par Coline Clavaud-Mégevand

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Publié le Lundi 8 Octobre 2018

Alors que le monde entier s’apprête à célébrer le premier anniversaire de #MeToo, en France, on ressent comme un malaise. Car si de très nombreuses femmes ont témoigné, notre pays peine à reconnaître les violences sexistes et sexuelles, qu’il romantise sous couvert de "galanterie" (à savoir : "politesse empressée auprès des femmes", comme le définit le Larousse ou "tendance à rechercher la compagnie des femmes et à leur plaire par un empressement flatteur, des amabilités piquantes", selon CNTRL). Et si on jetait ce mythe aux orties, comme le suggère l’essayiste Laure Murat ?

Le 5 octobre 2017 éclatait l’affaire Weinstein, suivi dix jours après par un tweet d’Alyssa Milano lançant le hastag #MeToo – un mouvement initialement créé en 2006 par l’activiste Tarana Burke. Bientôt un an après la publication de ce message, des milliers de femmes ont pris la parole à travers le monde, des manifestations géantes ont été organisées, des "porcs" sont tombés. Mais en France, le bilan reste doux-amer : si de nombreux médias relaient aujourd’hui des témoignages de gens pour qui #MeToo a marqué un tournant (victimes, allié.es, hommes déconstruisant enfin leurs comportements misogynes…), d’autres titres évoquent notre retard sur la question. C’est le cas du Monde et de France Culture, qui ont ont donné la parole à Laure Murat, dont l’ouvrage Une révolution sexuelle ? Réflexions sur l’après-Weinstein vient de sortir chez Stock. Dans une interview au Monde, l’essayiste s’étonne de "la faiblesse du débat en France, où les médias se focalisent en priorité sur les supposées 'dérives' du mouvement #metoo, ses 'ambiguïtés', sur le 'puritanisme américain' qui menacerait le pays de la 'galanterie'".

Une analyse qui renvoie évidemment à la très contestée tribune de Catherine Deneuve et ses amies, qui avaient pris la parole en janvier dernier pour défendre la "liberté d’importunité". Mais la "galanterie française" n’est pas seulement le point central de cette tribune : de DSK à Denis Baupin (sans oublier toutes les affaires antérieures ou n’ayant pas fait les gros titres), elle est l’argument massue des antiféministes, qui voient dans le combat pour l’égalité une menace pour notre identité. Celle du Français un poil forceur mais si charmant au fond, et de la Française raffolant du harcèlement de rue et de la main aux fesses grivoise... Sur l’antenne de France Culture, Laure Murat a donc décortiqué ce "mythe" hexagonal, expliquant que si on le met en avant, c’est surtout "pour dédouaner (les agresseurs) de leurs forfaits".

Le double effet Kiss-Cool, selon l’essayiste ? Le concept sert aussi d’écran pour ne pas avoir à penser les rapports femmes-hommes, et la façon dont ils se construisent. Il n’en fallait pas plus pour que les défenseurs du baisemain et de l’ouverture des portes de calèches moquent cette interview, à podcaster en intégralité ici. On les laisse chercher sur Google la définition de "système d’oppression", auquel contribue tout récit reposant sur de vieux stéréotypes… comme la galanterie.

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