Six chercheurs démissionnent du Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes pour dénoncer un manque de parité Six chercheurs démissionnent du Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes pour dénoncer un manque de parité

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Six chercheurs démissionnent du Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes pour dénoncer un manque de parité par Anne Lods

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Publié le Mardi 23 Juillet 2019

Le 15 juillet dernier, six chercheurs du Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes ont démissionné pour dénoncer le manque de parité au sein de l’instance. Ils réclament une "reconnaissance du rôle particulier des femmes dans un combat qui les concerne au premier chef".

Ils sont 27 hommes, autant de femmes et pourtant… Il n’y a pas une seule chercheuse au Haut Conseil à l’Egalité (HCE). Le HCE est une instance consultative indépendante créée par François Hollande en 2012. Elle chargée notamment de publier chaque année un rapport sur le sexisme en France et regroupe des spécialistes choisis pour trois ans "à raison de leur compétence et de leur expérience dans les domaines des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes". D'après Le Monde, parmi les 54 membres qui composent le nouveau Conseil arrêté depuis le 24 juin, 6 hommes ont présenté leur démission le 15 juillet dernier, dénonçant le manque évident de femmes chercheuses. Car parmi les nommées, on retrouve en effet des élues, des hautes fonctionnaires, des communicantes, des responsables de milieu associatif, mais aucune universitaire. "Les hommes sont, quant à eux, avocat, juge, DRH, gynécologues et, pour sept d’entre eux, chercheurs ou enseignants-chercheurs", peut-on par ailleurs lire dans une tribune parue le 11 juillet dans Libération. Et cette répartition des rôles ne convainc pas.

"La parité ici se traduit en une division du travail caricaturale : les hommes pensent la société, les femmes la font, poursuivent les auteurs de la tribune. Si le monde scientifique et académique est, certes, représenté, il ne l’est que par des hommes comme si la recherche sur le genre leur était elle-même réservée : un véritable camouflet pour tous les efforts réalisés depuis quelques années pour promouvoir la place des femmes dans le monde académique et pour la reconnaissance des études de genre". Dans ce domaine, les signataires estiment que ce sont les femmes, "nombreuses et incontournables", qui ont été "pionnières" et qui "font encore aujourd’hui l’essentiel du travail ". 

Cependant, si leur démission est un symbole fort, il va falloir faire face à un paradoxe. Les six hommes démissionnaires ne pourront pas être remplacés par des femmes sans bousculer l’obligation de parité au sein de l’instance. Cela nécessiterait donc le départ de femmes ou un total remaniement du Conseil. 

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