Harcèlement dans les transports : comment réagir ?

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Harcèlement dans les transports : comment réagir ?

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Publié le Mercredi 20 Décembre 2017

Ce mercredi 20 décembre 2017, un rapport sur les atteintes sexuelles a été publié. Il révèle que de 2014 à 2015, 267 000 femmes ont été victimes de frottements ou d'attouchements dans les transports. On vous explique comment réagir face à ces agressions.

Selon une étude publiée le 20 décembre 2017 par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), 267 000 femmes ont été victimes de frottements ou d'attouchements dans les transports en commun entre 2014 et 2015. En région parisienne, 7,6 % des femmes âgées de 18 à 21 ans ont subi des atteintes sexuelles. Pour Claire Ludwig, membre de l'association Stop au Harcèlement de Rue, ce rapport confirme l'ampleur du phénomène : "Il vient compléter l’étude du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes qui attestait que 100% des femmes ont déjà subi au moins une fois de le harcèlement dans les transports publics", explique-t-elle. 

"Si une fille se fait agresser, c'est en partie de sa faute"

Mais pourquoi une telle ampleur ? Selon Amandine Matricon-Charlot, cheffe de la Sûreté régionale des transports, interrogée par France Info, "Le harcèlement dans les transports reste perçu dans notre société comme une incivilité, alors qu'il s'agit d'un délit". Claire Ludwig, elle, estime que c'est un effet de la culture du viol : "40% des Français pensent que si une fille se fait violer ou agresser, c'est en partie de sa faute." Selon l’étude de l’ONDRP, ces atteintes influenceraient également le comportement des femmes qui développeraient "des stratégies d'évitement, de résignation ou encore de contournement". Nadia, Parisienne de 31 ans, témoigne à ce sujet : "J’étais dans un métro bondé et j’ai constaté qu’un homme avait un comportement anormal : il se frottait contre une jeune fille. J'ai mis un moment à intervenir parce que je doutais de moi. Mais je l'ai prévenue et le type a pris peur et est ensuite descendu", confie-t-elle."A la station suivante, j’ai prévenu le guichetier de la RATP. Mais on en est restés là." Aujourd'hui, même si on ne connaît pas le nombre exact de plaintes face à ces actes, il reste très bas selon les institutions.

Agir et ne pas se résigner

Si les victimes ne portent pas plainte, c'est souvent parce que la justice exige une preuve des faits. "Il est compliqué d'avoir une vidéo du moment exact de l'agression. Cela dissuade fortement les victimes d'entamer une poursuite", explique Claire Ludwig, membre de Stop au Harcèlement de Rue. Pourtant, des dispositifs existent : si vous êtes témoin ou victime d'une d’agression, vous pouvez demander aux agents les images des caméras de vidéosurveillance de l'ensemble du réseau RATP, qui sont conservées 72 heures. Pour signaler au plus vite ces comportements, on peut aussi utiliser les boutons d'alerte d'urgence dans les rames ou sur les quais (et tant pis pour les retards de métros). De façon plus générale, l'association estime qu'il faut miser sur la prévention en milieu scolaire, les campagnes dans les espaces publics et les transports ou encore sur la formation des professionnels concernés (agents de police, RATP...).

Ava Skoupsky

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