Précarité étudiante : les Restos du cœur alertent sur la forte présence de jeunes de moins de 26 ans parmi ses bénéficiaires Précarité étudiante : les Restos du cœur alertent sur la forte présence de jeunes de moins de 26 ans parmi ses bénéficiaires

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Précarité étudiante : les Restos du cœur alertent sur la forte présence de jeunes de moins de 26 ans parmi ses bénéficiaires par Pierre-Guillaume Ligdamis

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Publié le Jeudi 28 Novembre 2019

Mercredi 26 novembre 2019, les Restos du cœur ont lancé leur campagne d’hiver de distribution de repas. Cette année, l’association a surtout souhaité alerter sur l’augmentation du nombre de jeunes de moins de 26 ans parmi les bénéficiaires. Le même jour, de nombreux étudiants étaient justement descendus dans la rue afin de réclamer des mesures d’urgence face à la précarité de leurs conditions de vie.

Le 8 novembre 2019, Anas K, un étudiant lyonnais de 22 ans tentait de mettre fin à ses jours en s’immolant devant le siège du Crous à Lyon. La raison de cet acte désespéré ? Des difficultés financières qui perturbaient son cursus scolaire, l’empêchant de joindre les deux bouts. De quoi relancer le débat sur la précarité étudiante, une réalité qui concerne malheureusement de nombreux jeunes mais qui reste encore très peu mise en avant et considérée. 

Une précarité bien visible 
Afin de crier leur colère, le 26 novembre 2019 était justement organisée à Lyon une manifestation qui a réuni plus de 900 étudiants venus dire "stop aux précaricides". Une mobilisation dont l’objectif était de réclamer une revalorisation du montant des bourses étudiantes de 20% et de son nombre de bénéficiaires mais aussi une augmentation du nombre de logements étudiants en cité universitaire ou une baisse des loyers.  Afin d’apporter leur soutien à cette démarche, 47 professeurs de l’Université Lyon 2 ont également signé une tribune dans Le Monde en demandant au gouvernement la création d’un groupe de travail "qui proposera des mesures urgentes et ambitieuses pour que cesse la précarité étudiante".
Des évènements qui font écho au lancement de la campagne d’hiver des Restos du cœur qui indiquent avoir reçu plus de 30 000 étudiants sur les 900 000 bénéficiaires en 2018. Parmi ceux-ci 51% avaient moins de 26 ans et 39% moins de 18 ans. Un constat alarmant pour le président de l’association Patrick Blanc qui souhaite avertir sur cette situation : "Parents en manque de moyens, ruptures familiales, bourses insuffisantes, on accueille de plus de plus de jeunes et parmi eux, de plus en plus d'étudiants". Lui aussi pointe du doigt des bourses insuffisantes qui ne permettent pas à ces jeunes de financer tous leurs frais : "la moitié des jeunes que nous recevons ont des problèmes de logement précaire, notamment car les bourses ne permettent pas de faire face"

Un gouvernement peu convaincant
Comme le rapporte France Inter, selon l’Observatoire national de la vie étudiante, 20% des 18-24 ans vivent en dessous du seuil de pauvreté contre 13% de la population globale. En 2016, 26 % des boursiers déclaraient avoir été "confrontés à de graves difficultés financières". Le mal-être est donc réel et les dernières mesures du gouvernement ne semblent pas aller dans le sens des jeunes. En 2018, ces derniers voyaient justement le montant de leurs APL (aide au logement) se réduire de 5 euros. Une décision plutôt discutable qui a encore du mal à passer pour beaucoup aujourd’hui.
Le 21 novembre 2019, Edouard Phillippe répondait à un étudiant au sujet de la précarité au micro de France Inter en indiquant être "parfaitement conscient de la situation" et travailler sur la question du logement et des bourses. Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur annonçait de son côté la mise en place d’un numéro d’urgence pour venir en aide aux jeunes en situation précaire "les plus fragiles". Des annonces pas franchement convaincantes et loin d’être concrètes pour les syndicats qui demandent notamment à ce que le montant investi dans la mise en place du SNU (Service national universel) soit réinjecté dans les aides aux étudiants.

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