"Pourquoi je n’ai pas porté plainte" : les victimes répondent à Donald Trump "Pourquoi je n’ai pas porté plainte" : les victimes répondent à Donald Trump

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"Pourquoi je n’ai pas porté plainte" : les victimes répondent à Donald Trump par Tess Annest

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Publié le Samedi 22 Septembre 2018

Vendredi 21 septembre, Donald Trump déclenchait un énième scandale en reprochant à celle qui accuse Brett Kavanaugh, le juge choisi pour siéger à la Cour suprême, d’avoir tenté de la violer, de ne pas avoir alerté les autorités assez tôt. Des milliers de victimes lui expliquent "pourquoi elles n’ont pas porté plainte". Et relancent le débat sur le délai de prescription.

Plus aucun jour ne passe sans que l’actuel Président des Etats-Unis ne déclenche des raz-de-marée de protestations. Dernier en date : sa déclaration concernant Christine Blasey Ford, la femme qui accuse Brett Kavanaugh, le juge conservateur choisi par Donald Trump lui-même pour siéger à la Cour suprême, d’avoir tenté de la violer dans les années 1980. Des inculpations qui, à quelques semaines des élections de mi-mandat, ne font pas les affaires de Trump. "Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d’elle ou de ses parents aimants" a t’il ironisé sur son réseau social fétiche, Twitter, avant d’ajouter "Pourquoi personne n’a appelé le FBI il y a 36 ans". Sous-entendu : 36 ans plus tard, il y a prescription. Et on exagère à peine. 

Alyssa Milano remonte au créneau

Il n’en fallait pas plus pour déclencher la colère des internautes, et celle de la comédienne Alyssa Milano, déjà à l’origine du mouvement #MeToo. "J’ai été agressée deux fois, une fois à l’adolescence. Je n’ai jamais porté plainte et il m’a fallu trente ans pour le dire à mes parents" a-t-elle avoué sur Twitter, avant de lancer le #WhyIDidntReport (Pourquoi je n’ai pas porté plainte) repris des milliers de fois. Des victimes d’agressions sexuelles s’en sont emparées pour dire leur colère et se justifier de l’injustifiable : pourquoi n’ont-elles pas parlé tout de suite après les faits ?

"Parce que c’était mon père" 

Plus de 24 heures après la création du hashtag, des témoignages en rafale continuent d’affluer sur Twitter, et des victimes en profitent pour enfin confier pourquoi, comme Christine Blasey Ford, elles se sont si longtemps murées dans le silence. "Parce que c’était mon père", "Parce que je pensais que je le méritais", "Parce que personne ne m’aurait cru"… des aveux qui en disent long sur l’état de nos sociétés. Et sur la perception que beaucoup ont encore du viol. Aujourd’hui, on estime que seule une victime sur dix d’agression sexuelle porte plainte. En France, en 2011, pour plus de 83 000 viols, seules 4 983 plaintes avaient été déposées. Pire encore, chaque année 84 000 femmes et 14 000 hommes disent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol et pourtant, seuls 1 500 cas sont officiellement reconnus comme tel (enquête Cadre de vie et sécurité (CVS) réalisée entre 2010 et 2015). Des chiffres qui traduisent bien les problèmes que rencontrent les victimes encore aujourd’hui : difficultés à parler, refus de certains policiers de prendre les plaintes, délai de prescription trop court… Avec le #WhyIDidntReport, c’est finalement tout un système qui est remis en cause. Et avec lui, un mode de pensée vétuste et dépassé bien trop ancré dans nos sociétés.

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