Plus d’un tiers des femmes ont connu des violences pendant l’accouchement dans les pays en voie de développement Plus d’un tiers des femmes ont connu des violences pendant l’accouchement dans les pays en voie de développement

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Plus d’un tiers des femmes ont connu des violences pendant l’accouchement dans les pays en voie de développement

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Publié le Vendredi 11 Octobre 2019

Selon un rapport mené par l’OMS, de (très) nombreuses femmes seraient victimes de discriminations et de violences à l’accouchement dans les pays en voie de développement.

Elles seraient plus d’un tiers, dans quatre pays en voie de développement d’Afrique et d’Asie, à avoir subi des discriminations ou des violences pendant l'accouchement. Voilà ce que dévoile, en partie, une étude de l’OMS publiée ce mercredi 9 octobre dans la revue médicale The Lancet. Elle a été menée au Nigeria, au Myanmar, au Ghana ainsi qu’en Guinée, sur 2000 femmes pendant le travail puis 2600 femmes après l’accouchement. Des chiffres qui suggèrent que ces mauvais traitements sont très probablement répandus dans le monde entier. 

42% ont déclaré avoir été victimes de violences physiques et/ou verbales ainsi que de discrimination avant et pendant leur accouchement. La plupart des abus auraient en fait lieu entre 30 minutes avant l’accouchement et 15 minutes après. Pourquoi ? Selon les investigations des chercheurs, les sages-femmes et les médecins jugeraient ces femmes "peu coopératives", justifiant ainsi leurs coups de poings, insultes et autres ignominies. Des violences majoritairement faites sur les femmes jeunes et moins instruites, ce qui suggère, comme si tout ça ne suffisait pas, des inégalités dans ces violentes interventions médicales. D’après les statistiques, les femmes jeunes et pas mariées étaient également plus susceptibles de subir des examens vaginaux sans consentement et/ou non privés. Plus largement, dans 59% des cas, ces procédures ont été effectuées sans le consentement des patientes et sans anti-douleur. 

Pendant l’accouchement, elles ne seraient également (et évidemment) pas consultées par les équipes médicales. En effet, selon les 2016 femmes interrogées, 13% des césariennes et 75% des épisiotomies ont été faites sans consentement et certaines à la vue de tous, sans rideaux ni cloisons. 
Après le travail, 57% des femmes ont déclaré ne pas avoir été soignées et ne pas avoir reçu de traitement pour la douleur. Certaines d’entre elles ont également été envoyées en centre de détention car incapables de payer la facture de l'hôpital. Aberrant encore, d’autres se sont même vues réclamer un pot de vin ou un cadeau de la part des équipes médicales. 

Des chiffres affolants qui visent à alerter les politiques et les services publics sur les conditions des femmes dans ces pays, et ailleurs, pour pouvoir les améliorer. Au Time de rappeler que ces pratiques abusives largement rapportées en Amérique latine ces dernières années, ont permis au Venezuela de légiférer contre les pratiques contraires à l’éthique. Ainsi, le pays était le premier à adopter, en 2007, une loi interdisant les "violences obstétricales".

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