Pédocriminalité : quand YouTube aide à alimenter les réseaux Pédocriminalité : quand YouTube aide à alimenter les réseaux

News

Pédocriminalité : quand YouTube aide à alimenter les réseaux par Ophélie Manya

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Publié le Mardi 26 Février 2019

Dimanche 17 février, Matt Watson, un blogueur états-unien, dénonçait sur YouTube l’implication de la plateforme dans un réseau pédocriminel. Et si YouTube a fini par agir, c’est uniquement pour protéger ses intérêts économiques. Explications.

"Comment cela peut-il exister sur YouTube ?", se demande le blogueur états-unien Matt Watson, dans une vidéo virale publiée sur YouTube le 17 février 2019. Le but de celle-ci : dénoncer un réseau pédocriminel présent sur la plateforme. Comment, donc ? Matt Watson l’explique : sous des vidéos de petites filles en train de danser, de jouer ou de faire du sport (rien d’anormal jusque-là) pullulent des milliers de commentaires. Mais sous ces vidéos, des internautes partagent le timing des séquences dans lesquelles l’enfant se retrouve dans des positions comme le grand écart, s’échangent des liens vers des sites pédopornographiques, ou encore, commentent des phrases plus ignobles les unes que les autres…

YouTube mis en cause
Si Matt Watson estime que YouTube est pleinement responsable, c’est que son algorithme sert l’exploitation sexuelle des mineurs. Un VPN (une forme de réseau crypté), un nouveau compte YouTube et quelques clics suffisent en effet à entrer dans le réseau pédocriminel. Un procédé d’une simplicité affolante, et qui permet aux criminels de se faire recommander en masse des vidéos d’enfants en maillot de bain ou en short… Cet algorithme, YouTube pourrait pourtant s’en servir pour repérer les internautes qui visionneraient ces vidéos pour les mauvaises raisons. Or, la plateforme ne le fait pas, malgré les signalements répétés des comptes malveillants. En novembre 2017 déjà, l’édition anglaise du Times enquêtait sur le problème et publiait une enquête intitulée "Les publicités YouTube financent la pédophilie". Celle-ci pointait aussi du doigt Adidas, Amazon ou encore Mondelez, dont les pubs apparaissaient avant la diffusion de ces vidéos. Ce qui avait poussé les marques à disparaître de la plateforme. Avec une conséquence immédiate : une perte d’argent significative, qui avait motivé l’hébergeur à supprimer des dizaines de milliers de vidéos d’enfants.

De son côté, Matt Watson dénonce aussi les marques associées aux contenus commentés par des pédocriminels, telles Nestlé, Disney ou Epic Games (le studio derrière le jeu vidéo Fortnite). Résultat suite aux trois millions de vues du blogueur : ces labels ont retiré toutes leurs publicités. Ce qui a obligé YouTube à fermer des centaines de chaines d’enfants et à supprimer les commentaires de millions de vidéos. Qui seraient toujours en ligne sans la vigilance des internautes.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires